Korki37
03/07/2020 à 09:02

Merci pour votre critique Geoffrey, je suis sensiblement du même avis, en particulier sur le fait que malgré ses défauts de rythme et de longueur le jeu est à prendre avec le recul et surtout dans son ensemble. Et quelques heures après l'avoir terminé, il m'a crée une sensation de manque envers les personnages rarement ressenti ainsi qu'un effet d'ensemble "total". On prend avec le temps la mesure du chemin accompli, se rend compte de la diversité des personnalités rencontrées, des décors traversés dans cette aventure épique et pourtant intimiste qui va au bout de son propos. En ce qui concerne le gameplay, je pense réellement que son cœur se trouve dans le plus haut mode de difficulté et ce n'est pas rien, mais la sensation de placer le headshot décisif quand le silencieux est sur le point de lâcher est absolument grisant, surtout quand on sait qu'en cas de loupé, l'infiltration qu'on mène depuis 30 minutes sera totalement échouée. Je n'ai pas vraiment eu de problèmes d'IA, les ennemis établissant des stratégies à chaque fois pour me contourner, me surprendre, jamais un ennemi est resté planté là en entendant un gunfight proche. Pour ma part ce sont plutôt les bugs qui ont brisé mon immersion. Le parallèle avec les jeux de Quantic Dream est intéressant, cette société a pour moi produit les pires jeux auxquels j'ai pu jouer et probablement le jeu le plus incohérent et prétentieux et moins bien écrit de l'histoire (et pourtant j'ai des amis qui ont travaillé dessus) : Detroit Become Human. Comment se fait-il que l'avalanche de QTE et de fins ouvertes parviennent au final à louper à ce point le coche de l'émotion et de l'immersion alors que TLOU2 m'a arraché une larme au moindre morceau de guitare, au moindre regard échangé entre deux personnages qui se sont aimés il y a longtemps et qui ne savent plus comment se l'avouer ? Une question de retenue d'écriture et de cohérence générale probablement, mais à creuser.
Merci pour la critique en tout cas, c'est courageux par les temps qui courent vu la perspicacité de certains commentaires ;)

coco
03/07/2020 à 08:26

@Uip

Il me semble qu'on peut tomber sur des documents parlant d'ancienne opérations qui n'ont pas marché (et ayant entraîné la mort du sujet)... après je me trompe peut être

UnPseudo
03/07/2020 à 07:14

Comment dire... Ce jeu est un chef-d’œuvre ! Que ça soit la narration, le graphisme, le développement des personnages je n’ai rien à dire ! Je tiens quand même à poster ce commentaire car le jeu est très mal noté, non pas sur ce site mais sur Google, il est très mal noté à cause des homophobes ou encore des petits kikoos fanatiques de la Xbox car le jeu n’y est pas sur leur petite console... Donc ne faites pas attention aux avis négatifs peu constructifs et haineux, foncez si vous n'avez toujours pas jouer à ce jeu. (;

Uip
02/07/2020 à 23:16

@coco

... Ellie qui n'est pas la première immunisée, les essais qui ont été des échecs : c'est le mensonge de Joel... qu'il raconte à Ellie après l'avoir sauvée et emmenée. Ce n'est aucunement la vérité des Lucioles.

coco
02/07/2020 à 23:07

A la fin du 1er , on apprend que Ellie n'est pas la 1ere personne immunisée contre le virus à avoir été opéré pour trouver un vaccin. Tout les autre essais on été des échecs, ce qui si justifie le geste de Joel de "Sauver" Ellie.

Pour moi ca attenue beaucoup le fait que Joel condamne l'humanité.. Il a vécu un traumatisme et ne veut pas perdre Ellie comme sa fille..

Après peut être que le 2, ajoute plus de détail à ce sujet mais je l'ai vécu comme ça dans le 1..

Porter
02/07/2020 à 21:30

Vous allez voir que l'ia est impitoyable sur les affrontemment, la tension la vraie du pur survival

Kraft
02/07/2020 à 19:46

Profond désaccord avec l'avis en dessous.
C'est très largement une question de suspension d’incrédulité, qui ne relève pas si simplement d'une logique (ou non logique) interne de récit, si mécanique, avec possibles indices sur le sens profond de l'univers ("les limites"... oui, précisément, ce choix de mot est intéressant : les limites d'un jeu vidéo qui doit allier histoire et aspect ludique... et les limites d'une analyse axée sur quelques angles morts comme des clés secrètes, angles morts qui sont inévitables dans une fiction... ce qui ne saurait être pris comme la démonstration si catégorique de "vous n'avez pas compris, vous avez été piégé en comprenant ce que le jeu raconte pendant des dizaines d'heures", en gros...)
D'autant que tout repose sur le point de vue de Joel : la simple option et théorie que Ellie soit le remède, suffit à créer ce dilemme. Le doute suffit pour créer le sens final autour de ce doute, explicité par Ellie dans le 2 d'ailleurs. Il suffit de ce moment de doute, largement dramatisé dans la narration. C'est ça qui compte dans ce récit intimement lié à la vision de Joel. Personne n'affirme que c'était aussi simple que ça de créer le vaccin. La question n'est pas là. Elle est dans les morts à la fin, et ce choix, et sa valeur potentielle.

Ensuite, la responsabilité ici en jeu n'a jamais été lié à un choix laissé au joueur. C'est là encore trop simple comme équation de croire que tout jeu scripté et sans marge ni option, ne met pas en jeu le joueur. L'illusion et la magie d'un jeu vidéo, et la force d'une histoire et d'une identification questionnée ici : voilà ce qui me semble être central. C'est d'ailleurs ce qui revient dans les avis les plus énervés et outrés sur le jeu : la sensation d'être maltraité, trompé, piégé, violenté, malmené, et rendu responsable (notamment la culpabilité d'avoir tué un chien, ça revient souvent, preuve que la responsabilité est là quand on a la manette et l'identification qui va avec). Mais c'est tout explicité dans l'article en fait (notamment dans la comparaison avec Quantic), donc la réponse est là, claire et nette...

Slsh92
02/07/2020 à 19:36

"Joel massacrait les Lucioles et abattait froidement Marlène pour sauver Ellie, quitte à lui mentir et condamner l'humanité."

Je pense qu'en fait c'est là que le bât blesse. L'ambiguïté morale de la fin du premier et qui sous-tend l’ensemble des évènements de la suite est en fait source de débat, pour ne pas dire totalement artificielle. Je pense que c'est cela qui explique cette réaction si polarisée entre les joueurs (du moins j'en émets l'hypothèse). Bon nombre de joueurs ont relevé à raison qu'en fait Joël ne condamne nullement l'humanité à la fin du premier épisode, en dépit de ce que le jeu essaie de nous faire croire. Les nombreuses incohérences de son univers empêchent ceux qui n'ont pas mordu à l'hameçon en un sens d'accepter que le jeu veuille renvoyer dos à dos les différents protagonistes de leur suite dans la poursuite de leur vengeance. Si Joël avait vraiment condamné l'humanité, si son choix en fin de premier épisode était vraiment aussi terrible, alors la vengeance d'Abby ne paraitrait pas gratuite ou disproportionnée et in fine le joueur parviendrait à ressentir de l'empathie pour elle, ce qui semble poser problème pour une partie du public. À postériori, quand le jeu nous montre enfin les raisons de sa vengeance, nous pourrions comprendre sa douleur et accepter son geste. Nous pourrions nous dire : « Joël a condamné l’humanité, mais nous ne pouvons pas lui en vouloir, car après la perte de sa fille et le fait qu’il en est retrouvé une en Ellie, il ne peut humainement accepter cette nouvelle perte. Nous ne pouvons condamner Abby, car malgré le meurtre sordide de Joël elle a perdu son père des mains de l’homme qui a condamné l’humanité (en tuant son père). Et nous ne pouvons condamner Ellie, car elle a vu le père qu’elle n’avait jamais eu mourir sous ses yeux d’une horrible manière. Chacun a raison, chacun à tort ». Mais l’incapacité de l’univers à rendre crédible cette "trinité" tragique fait basculer la balance d’un certain côté, d'où la réaction violente je présume de certains joueurs qui ne parviennent pas à adhérer à la lecture morale que le jeu cherche à poser.

Et concernant ces incohérences que j'évoque, et que je vais tenter de résumer rapidement, il faut donc revenir sur les évènements de la fin du premier épisode. Je vais copier/coller une partie d'une critique que j'ai fait pour un autre site, par flemme je l'avoue, je ne reformule pas, j'aurai bien mis le lien mais semble-t-il mon commentaire saute à cause de cela donc :

"Là-dessus, une analyse de la fin du premier TLOU s’impose. Rappelons les faits. À la toute fin du jeu, Joël et Ellie arrivent à l’hôpital squatté par les Lucioles. Ellie, qui a eu un petit accident est inconsciente et est immédiatement préparée pour le bloc afin d’être opérée. Cette opération doit permettre de retirer la partie du cerveau d’Ellie où le champignon responsable de l’infection réside, cette partie, permettra ensuite de créer, promet-on, un vaccin, contre la vie d’Ellie. Déjà, je me permets de faire une petite pause pour dire que les vaccins luttent contre les virus, pas contre des infections fongiques. Si des tentatives ont été faîtes elles n’ont jamais rien donné et ce avec les moyens colossaux d’un monde qui n’est pas effondré depuis 20 ans…. Je rajouterai enfin une dernière précision : les vaccins cherchent à faire en sorte que l’organisme produisent les bons anticorps contre le virus/infection. Dans le cas d’une personne immunisé on va donc aller chercher ces anticorps là où ils sont, c’est-à-dire dans le sang, pas dans le cerveau, peu importe ce qu’il s’y trouve (ce que fera d’ailleurs remarquer Joël himself quand dans le premier épisode Ellie et lui-même, à la recherche des Lucioles dans une université abandonnée dira, après qu’Ellie ait oralement manifesté une inquiétude sur ce que les Lucioles devront faire pour créer ce vaccin, qu’une simple prise de sang suffira)… Mais sans transition, revenons à la fin du premier. Joël Informé de la situation, refuse de laisser faire cela et se jette à corps perdu dans le sauvetage d’Ellie, condamnant l’humanité…du moins, vous l’avez compris, c’est ce que le jeu veut nous faire croire. De cette manière, les Lucioles nous sont présentées comme un groupe relativement sympathique de résistants qui veut reconstruire la société pour sauver l’humanité, qui certes à commis quelques crimes au passage, mais on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, surtout dans ce monde. Le jeu nous le rappelle d’ailleurs, tous ces crimes, toutes ces horreurs doivent avoir un sens, un but, tout ceci ne peut pas avoir été fait en vain. Si nous oublions le vide politique que représente le « reconstruire la société pour sauver l’humanité » (avec qui ? Pour qui ? Pourquoi ? Comment ?) l’illusion pourrait presque marcher. Maintenant, étudions quelques points. À la fin du premier jeu, personne ne demande l’avis d’Ellie, que ce soit Joël, certes, qui la sauve malgré elle (mais quel père ne le ferait pas, on parle quand même d’une gamine de 14 ans), mais aussi les Lucioles, qui refuse d’attendre son réveil pour demander son consentement. Deuxièmement, si nous prenons l’univers de The Last of Us au sérieux, nous parlons d’un monde qui a connu une infection sans commune mesure qui aura engendré l’effondrement de la société industrielle tel que nous la connaissons. Un monde qui, 20 ans après, vivote autour de camps de réfugiés qui sont soit gérés par les survivants eux-mêmes, soit par les restes d’une agence gouvernementale prévue à cet effet. Mais ne nous y trompons pas, il n’existe plus d’État, plus de police, plus vraiment d’armé, plus d’usine comme nous en connaissons dans notre monde moderne et la plupart des infrastructures sont à l’abandon et recouverte par la nature. Dans un tel monde, on va nous faire croire qu’une petite bande de rebelles/résistants (constituer d’Abby et de son père entre autres) va être capable de synthétiser un vaccin (rien que ça, ça risque d’être très compliqué comme on l’a vu), puis de le produire à grande échelle, pour enfin le distribuer à l’ensemble de la planète (seul moyen pour sauver l’humanité) ? Autant dire que cela tient plus de l’apprenti sorcier et/ou du rêve d’idéaliste fanatique que d’un véritable calcul rationnel. Dès lors, la décision de Joël, bien que motivée avant tout par ses sentiments, n’est pas dénuée de raison. En un sens, son « égoïsme » est rationnel. Lui-même le fera remarquer amèrement à Marlène, la chef des Lucioles : « Tu continues à croire à ces conneries ». Évidemment, cela demande de prendre l’univers du jeu au sérieux, ce qui compte tenu des angles morts de son univers peut poser questions : dans TLOU II par exemple, il y a toujours de l’essence, 24 ans après l’effondrement du monde, et vous ne le savez peut-être pas, mais l’essence se périme…au bout de 24 mois, et honnêtement, à voir l’état du monde, j’ai du mal à imaginer que des puits de pétrole sont encore fonctionnels (et des raffineries) pour venir remplir comme par magie des réservoirs abandonnés en pleine ville (et n’oublions pas l’histoire du vaccin)... Mais il est là, et si nous faisons confiance aux créateurs du jeu, force est de constater que la dualité morale de la fin du premier opus est à relativiser, et que Joël prend certes une décision terrible sur le papier, mais qui ne reste, en réalité, pas si condamnable que ça à postériori au vu de la situation et au vu du comportement des Lucioles vis-à-vis d’Ellie. En clair, ce sont les limites du monde de TLOU qui empêche de renvoyer les différents protagonistes de l’histoire dos à dos. Si ces éléments, devenus des incohérence dans la suite puisque le jeu postule que l'humanité aurait été sauvé sans l'intervention de Joël, avait été perçus par le joueur à la fin de premier, de fait il est en décalage avec ce que le 2 tente de faire. Et de fait il ne peut voir en Abby que la fille d'un fou furieux prêt à sacrifier une gamine de 14 ans pour du vent. Dès lors, il est difficile de ressentir la moindre empathie pour la vengeance d'Abby."

Ah et dernière chose, vous écrivez : "The Last of Us - Part II est une expérience passionnante, qui questionne avec intelligence la place et la responsabilité du joueur". Quel responsabilité ? TLOU II est un jeu linéaire, le joueur n'influe en rien sur le déroulement des évènements, il ne peut donc ressentir une quelconque responsabilité. Si le jeu nous avait offert le choix, disons de nous venger ou non, (ou de faire tel ou tel chose à la fin du premier) la responsabilité du joueur serait engagé, mais là on assiste juste à un spectacle assez navrant et on comprend bien avant Ellie la vacuité de sa quête vengeresse.

Ray Peterson
02/07/2020 à 19:27

--- SPOILER ---
Là où Naughty Dog fait fort c'est que l'esprit de vengeance d'Abby est dut à la décision obligé par le jeu envers le joueur dans TLOU Part 1. En effet, on est "forcé" de tuer le médecin à la fin pour avancer dans le jeu. On peut pratiquement (je dis bien pratiquement) terminer TLOU Part 1 sans avoir à tuer les monstres ou les soldats si on arrive à ouvrir les portes discrètement ou tenir les assauts. Ce serait donc la faute du joueur (mené par le scénario du jeu j'en conviens) de tout ce qui découle de vengeance dans le Part 2.

Bubble Ghost
02/07/2020 à 18:31

Dans le milieu, on appelle ce jeu La Porteleuse... Allez savoir pourquoi ^^

Plus