Party Girl en Blu-Ray : une édition passionnante

Simon Riaux | 3 février 2015
Simon Riaux | 3 février 2015

Après avoir fait très forte impression lors du dernier Festival de Cannes, jusqu’à remporter l’un de ses prix les plus convoités, La Caméra d’Or, Party Girl nous revient en vidéo, en Blu-Ray et en DVD.

C’est sur les bonus de cette édition que nous nous attarderons ici, tant ils constituent le centre névralgique de l’objet et l’accompagnent intelligemment. Le livret d’entretiens avec les réalisateurs qui accompagne le disque est plutôt plaisant et d’autant plus bienvenu que ce genre de supplément e tendance à se raréfie pour se cantonner aux éditions luxueuses d’œuvres de patrimoine.

Paradoxalement, ce sont les deux courts-métrages accompagnant le film qui en disent beaucoup plus sur la démarche des auteurs, que cet entretien retranscrit avec soin.

 

Les détracteurs du film, ceux qui demeurent légèrement insensible ou sceptiques face à la démarche de ce projet mêlant cinéma et vérité autobiographie, voire documentaire, se porteront plus facilement sur C’est gratuit pour les Filles.

Court-métrage lauréat du Grand Prix du festival de Clermont-Ferrand (qui bat actuellement son plein), C’est Gratuit pour les Filles est réalisé par deux des trois metteurs en scène de Party Girl, à savoir Marie Amachoukeli et Claire Burger. Sans chercher à entremêler réalité et fiction comme le long-métrage qui nous intéresse ici, ce format court impressionne singulièrement par sa puissance, la qualité de sa direction d’acteurs et sa force d’immersion.

On le visionne avec le sentiment troublant de découvrir ce que devrait être (et sera peut-être) un certain cinéma social français.

De cette réussite artistique et technique, qui préfigure les séquences les plus réussies et troublantes de Party Girl, Forbach est le complément essentiel. On y découvre le troisième auteur du film, Samuel Theis, filmé par ses deux complices en 2008.

Honoré du César du meilleur court-métrage, le film est nettement plus problématique pour qui ne goûte pas l’auto-fiction ou se méfie des incursions prétendues du réel dans la narration.

Néanmoins, il a un immense mérite, qui suffit à le rendre passionnant. C’est visiblement de cette expérience qu’a commencé à germer Party Girl, à savoir le projet de faire de la famille de Samuel Theis la base humaine et narrative de Party Girl

 

Et indéniablement, nous sentons le long de cette trentaine de minutes la caméra s’attacher aux personnes qu’elle rencontre et petit à petit, les transformer en personnages. Une mutation progressive, parfois malaisante et ambiguë, mais qui constitue un procédé atypique, auquel le spectateur ne pensait pas forcément assister.

Beaucoup plus intéressant qu’une série de modules en formes de flash-back sur la réussite cannoise du film, cet entretien et les deux courts-métrages qui l’accompagnent sont les compléments idéal de cette belle édition de Party Girl.

Pour tous ceux qui voudraient rentrer plus avant dans le mode opératoire de ses auteurs et dans la fabrication du film, voilà un objet conçu et réalisé avec intelligence, qui éclaire le propos de l’œuvre autant qu’il donne à voir on cheminement.

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