Le Conte de la princesse Kaguya : test Blu-Ray du dernier grand film du studio Ghibli

Florian Descamps | 4 mars 2015
Florian Descamps | 4 mars 2015

Probable dernier grand film du Studio Ghibli, Le Conte de la princesse Kaguya nous arrive ce mercredi en Blu-Ray et DVD. Passées les éloges critiques lors de sa sortie en salle l’été dernier, qu’en est-il de cette édition ?

À l’instar du bouleversant Le vent se lève d’Hayao Miyazaki, on pourrait aisément qualifier Le Conte de la princesse Kaguya de somme des thématiques de son auteur. Comme dans Pompoko, on retrouve la dualité entre vie citadine et la nature, si chère au cinéaste. Comme dans Mes Voisins les Yamada, on retrouve l’importance des valeurs traditionnelles et de la vie en communauté, également explorées dans Omoide Poro Poro ou Goshu le violoncelliste. Mais plus présent encore dans le métrage est sans doute l’exercice de style visuel que Takahata s’est échiné à renouveler tout au long de sa carrière. 

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Après le quotidien « gribouillé » de sa famille Yamada ou le réalisme glaçant de son Tombeau des lucioles, c’est ainsi à un nouvel aspect de l’animation traditionnelle que s'attaque ici le cinéaste. À l’occasion d’une scène hypnotisante où, apeurée par un destin qu’elle abhorre, la jeune Kaguya se transforme peu à peu en figure abstraite et volatile, c'est une richesse visuelle haute en couleur que propose le film et qui fait évidemment le jeu de cette édition Blu-Ray.

Habitué au travail de Walt Disney Studio Home Entertainment sur le catalogue du Studio, on n'en doutait guère, mais les faits sont-là : s'adaptant avec entrain aux perspectives limitées du style visuel du métrage, c'est un master respectueux et incroyablement doux que livre ici l'éditeur. Pas de fausse note, et un plaisir des yeux identique à celui vécu en salle.

Même constat côté audio, où les pistes VF et VO encodées en DTS-HD Master Audio 5.1 livrent toutes deux une prestation de même tenue. Par soucis de purisme, on se tournera cependant vers la version originale, où le naturel des quelques ritournelles entêtantes du métrage n’en ressortent que plus agréables et harmonieuses. Également présents sur le disque, une piste d'audio-description et des sous-titres pour sourds et malentendants. On ne le dira jamais assez : si leur présence s'avère accessoire pour une large partie d'entre nous, elles restent primordiales pour faire de l'oeuvre un objet universel.

Seul petit point noir de l’édition, les suppléments. À l’exception des nombreux spots promotionnels présents sur le disque, les amateurs d’expériences post-séance en seront pour leur frais puisqu’ils n’auront malheureusement rien à se mettre sous la dent. Une absence dommageable qu’il serait toutefois malvenu d’imputer à l’éditeur, tant les disques originaux commercialisés par le Studio Ghibli lui-même s’avèrent toute aussi chiches à ce niveau.

C'est l’occasion en revanche de rappeler l'existence du passionnant documentaire The Kingdom of Dreams and Madness, projeté pour la première fois en France lors de la 9ème édition du Festival du Cinéma Japonais Contemporain de Paris en novembre dernier, et que l’on s’impatiente de pouvoir redécouvrir en salle, ou en vidéo.


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À l'image du travail accompli jusqu'ici sur l'ensemble du catalogue du Studio Ghibli, c'est donc une édition de qualité que nous livre l'éditeur. S'agissant de l'un des derniers grands films de la firme Japonaise, l'achat s'avère indispensable.

commentaires

tenia
04/03/2015 à 18:12

Remarque sur les bonus : aux USA, ils ont droit à un digest de 86 min du making of de 4h (ou quelque chose du genre) sur Kaguya ainsi que 40 min de conférence de presse sur la finalisation du film. Ca, en plus des spots TV et bandes annonces. Le tout sous-titré au moins en anglais et visiblement même en français.
Autant dire que SI, ON SE FAIT BIEN COUILLONNER EN FRANCE et que perso, j'ai choisi mon camp, j'importe.

Et c'était déjà le cas avec Le vent se lève, puisque les Américains sont à nouveau lotis à belle enseigne avec une conférence de presse de 86 min sur la finalisation du film.

Sur Chihiro, le BR français ne reprend que les bandes annonces et spots TV + le story board, l'édition US complète avec une partie des bonus qu'on trouvait en France dans le coffret en bois laqué.

Sur Nausicaa, on s'est fait couillonner.
Sur Totoro, on s'est fait couillonner.
Sur Kiki et sur Le chateau dans le ciel aussi.

Alors c'est très bien de sortir aussi vite tous ces Ghibli, je ne dis pas. On a aujourd'hui la quasi intégrale en BR, et nous sommes le seul pays (notamment sur Omoide Poroporo). Mais il faut arrêter de défendre le studio d'un côté, puis le distributeur de l'autre : des bonus existent, et même si on ne parle pas des making of de 8h (genre Ponyo ou Mononoke) qui ne seront certainement jamais disponible en dehors du seul marché japanophone, les quelques bonus existants ne sont même pas portés en France.

Et il y a aussi la conférence de presse donnée par Miyazaki il y peu sur son départ en retraite, actuellement disponible en exclu dans le coffret UK.

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