Le Convoi de la peur ressuscite en Blu-Ray

Simon Riaux | 4 décembre 2015
Simon Riaux | 4 décembre 2015

Voilà un objet qu’on aura attendu, voir fantasmé. (Re)découvrir Sorcerer fut longtemps un rêve de cinéphile parfaitement inaccessible, poser ainsi les yeux, presque 40 ans après sa sortie, sur cet OVNI enragé est en soi un petit miracle. Et grâce à la présente édition, fruit des efforts conjugués de La Rabbia et Wild Side, c’est carrément une bénédiction qui attend le cinéphile.

Quand il entreprend de mettre en scène le remake du Salaire de la PeurWilliam Friedkin est en pleine gloire. Le réalisateur de L’Exorciste et French Connection se lance à corps perdu dans un tournage infernal, interminable, qui aboutira à un chef d’œuvre désespéré. Boudé par le public, haché menu par la critique, le film est un four monumental, qui sort quasiment en même temps que Star Wars, lequel lui interdira toute carrière décente en salles.

Voire aujourd’hui débarquer une édition collector de ce diamant noir, quinze jours avant que Le Réveil de la Force n’envahisse les écrans a donc tout d’un clin d’œil du destin. Cette fois heureusement, l’histoire et la légende ayant conféré au film une place à part, on peut espérer que la merveille de Friedkin ne passera pas à la trappe.

C’est que le film nous revient en très grande forme. Les éditions DVD et Blu-Ray donnent chacune le meilleur de leur format respectif. Grain, couleurs, contrastes, si la restauration apporte un gain qualitatif indéniable, l’âme et l’aspect organique du film sont parfaitement respectés. Du côté son, le DTS-HD Master Audio 5.1 fait très bien le job, même si les vrais, les poilus se tourneront vers les deux versions (VF et VO) d’origine.

Mais ce qui fait de la présente édition un véritable ravissement, ce sont les bonus qui l’accompagnent. On pense bien sûr à l’entretien de plus d’une heure entre Nicolas Winding Refn et William Friedkin, qui justifie à lui-seul l’achat. Dense, formidablement riche et passionnant, il aborde aussi bien la genèse cauchemardesque du film que sa réception, avant de bifurquer vers des considérations plus générales (mais pas moins intéressantes) sur l’art et le cinéma. Pour le coup, le réalisateur de Drive semble abattre presque totalement son armure, et se montre plus intense, excité et vulnérable qu'à l'accoutumée.

On retiendra bien sûr la présentation de Philippe Rouyer, El Presidente comme l’appellent ses confrères, qui parvient une nouvelle fois à mettre en lumière et en perspective de nombreux éléments, connus ou non du spectateur. Difficile également de ne pas succomber au livret de 50 pages où se bousculent les archives personnelles de William Friedkin, des photos inédites et une myriade d’éléments de premier choix.

Enfin, les plus acharnés se jetteront sur l’édition giga-collector des enfers, laquelle contient carrément une reproduction du script original.

 

On ne va pas y aller par 4 chemins, cette édition de Sorcerer est tout bonnement indispensable. Les films maudits sont rares, mais ceux à bénéficier d’un tel retour en grâce se comptent sur les doigts de la main d’un manchot lépreux en fin de parcours.

Bijou cinéphile, écrin idéal, sinon parfait, voilà un coffret qui suffira à vous faire digérer la nourriture trop grasse des fêtes, assurera votre fécondité, et garantira le retour de l’être aimé.

 

commentaires

Fantastique
14/01/2016 à 15:24

Un film immense, un chef d'oeuvre immortel. Une claque!

uug
05/12/2015 à 11:28

Merci pour cet article complet qui nous apprend entre autre ce que contient cette director cut's par rapport au montage classique....... :(

Mad
04/12/2015 à 18:51

L'édition "giga" collector sous le sapin depuis Mercredi avec le coffret de Body Double. ;)

Lane48
04/12/2015 à 18:50

En voilà un bon article. Un bon vieux test, complet et bien troussé, qui donne sacrément envie de posséder ce précieux.

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