Unfriended en Blu-Ray : No eSkype !

Simon Riaux | 24 novembre 2015
Simon Riaux | 24 novembre 2015

Quand on a vu débarquer Unfriended, film d’horreur à base de réseaux sociaux intégralement mis en scène depuis l’écran d’un ordinateur portable, produit par Blum House, spécialistes des concepts douteux usés jusqu’à la corde, on s’est méfiés. Et on avait tort.

 

Regarder une bande de post-adolescents bavasser pendant plus de soixante minutes via les réseaux sociaux et autres services de messageries instantanées est un concept à priori très peu cinématographique, uniquement pensé pour rameuter un jeune public capable de s’identifier instantanément aux thèmes abordés. Sauf que le réalisateur Leo Gabriadze nous prouve ici qu’avec un peu de débrouille et beaucoup de malice, on peut faire du cinéma de tout.

PETITS MOYENS POUR GROSSE FRAYEUR

Unfriended est tout simplement un des slashers les plus intelligents de ces dernières années. Tout simplement parce qu’il tire parfaitement parti de son environnement et des liens entre ses personnages. Ces derniers constituent une bande de copains soudain harcelés par le fantôme numérique de l’ex-star du lycée, récemment suicidée et bien décidée à dévoiler tous les petits secrets honteux de ses camarades.

 

 

Souvent imprévisible, Unfriended est une véritable leçon d’économie de moyens et de rythme. Si le film est court, il réussit à ne jamais nous ennuyer, sans représenter autre chose qu’une brochette de minots mal dégrossis s’excitant devant leur ordinateur. Certes, ses mises à mort ne sont pas bien méchantes et son issue apparaît rapidement inévitable, de même qu’il n’a finalement pas grand-chose à dire sur la génération qu’il dépeint avec une hargne qui fait plaisir à voir.

Il n’en demeure pas moins une belle expérience, qui prouve avec un brio qu’on n’attendait pas que même l’entreprise la plus opportuniste peut-être partiellement subvertie (et sauvée) par des artistes décidés à en retourner les codes.

 

 

RUN FOR YOUR SKYPE

Du coup, on est un peu déçu de la modestie de la présente édition. Car si la (re)découverte du film est en soi une très bonne chose, et qu’elle devrait permettre à de nouveaux spectateurs de se laisser surprendre par ce slasher numérique, on aurait aimé en apprendre beaucoup plus sur l’écriture notamment, et la conception des différentes séquences.

Car s’il reste un film de pur divertissement relativement superficiel, Unfriended tente une expérience indiscutablement réussie et s’interroge avec une grande pertinence sur la représentation au cinéma de tout un pan de la vie contemporaine. Du coup, on regrettera forcément de ne pouvoir avoir d’éclairage du réalisateur, ou tout simplement d’en savoir plus sur la fabrication de ce film dont l’apparente modestie est le fruit d’une réelle ingéniosité.

 

 

 

Résumé

Une vraie surprise, maline et inclassable, qui aurait mérité d'être accompagnée de quelques bonus expliquant sa conception.

Lecteurs

(3.0)

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