Monos : critique colonie de mourance

Simon Riaux | 5 mars 2020 - MAJ : 05/03/2020 18:22
Simon Riaux | 5 mars 2020 - MAJ : 05/03/2020 18:22

Quelque part, des enfants surarmés jouent à la guerre. Mais jouent-ils vraiment ? Bienvenue dans l'impressionnant Monos de Alejandro Landes, et son dédale aussi fascinant qu'inquiétant, qui a mis le Festival de Sundance à genoux.

KIDAPOCALYPSE NOW

Quelque part, des enfants isolés se voient confier la garde d’une vache et d’une prisonnière. Livrés à eux-mêmes, grisés par l’alcool, et un sentiment de toute puissance décuplé par les armes qu’ils brandissent, tous se laissent aller à ce qui ressemble de plus en plus à une pure démence collective.

C’est cette ébullition que le réalisateur Alejandro Landes cherche d’abord à capturer, plutôt qu’un contexte. Et c’est cette orientation qui fait la singularité, puis la réussite, de Monos.

 

photoLe Colonel Kurtz n'a qu'à bien se tenir

 

Les récits d’errance aux confins du monde et les contes initiatiques suivants de jeunes gens livrés à eux-mêmes sont légion, et ont toujours pour totem les inoubliables Aguirre, la colère de Dieu, Apocalypse Now et Sa Majesté des Mouches. Le film de Landes ne prétend pas les dépasser ou les réinventer, mais aborder leur logiciel par le biais d’un retournement initial. Il ne sera pas question ici d’une situation de départ idéal, d’un équilibre voué à se fourvoyer jusqu’à la folie, mais précisément le contraire.

En nous projetant dans son intrigue in media res, au cœur d’une célébration entre orgie païenne et rituel militaire, Monos nous désoriente. Découpage, photographie et montage sont au diapason, et nous abordons les protagonistes comme la situation à coups de flashs organiques, de pastilles hallucinogènes. Ce spectacle est-il bien réel ? Quel but poursuivent ces gamins et qui peut bien être l’ennemi dont ils guettent les assauts avec gourmandise ?

 

photoLes enfants sont merveilleux

 

SA MAJESTÉ DES DJEUNZ

À ces interrogations, Landes répond initialement par une cinématographie éclatée, hypnotique, qui génère une fascination proche de la transe, où chaque image rejette toute forme de sens immédiat, pour nous donner à ressentir le trouble et l’euphorie qui consument les mômes à l’image. Pour hermétique qu'il puisse paraître, le dispositif est une réussite plastique incontestable.

Que la caméra emboîte le pas de ses mômes enragés entre deux cuites célestes, ou établisse des compositions léchées, le vertige est constant, ménageant quantité de plages de sidération, d'inconfort ou tout simplement de surprise, à l'instar d'une descente de rapides où la mise en scène, jusqu'alors morcelée et évocatrice, devient soudain d'une précision et d'une audace sidérantes. C’est quand l’intrigue va embrasser le point de vue de leur captive, et le contexte guerrier se faire plus concret, que le métrage mute progressivement.

 

photoQuand votre baby-sitter s'appelle Mel Gibson

 

Ainsi d’un pur trip, le scénario commence soudain à faire sens, tout comme les choix des protagonistes.  Monos, se transforme alors en passionnant paradoxe, où l’apparent retour à la normale de la narration vient finalement révéler l’origine de la folie que nous observons depuis les premiers photogrammes. Quand l’action se prolonge dans une jungle luxuriante, que les adolescents laissent entrapercevoir l’environnement géopolitique, c’est pour mieux dévoiler l’horreur qui a cours. Dès lors, Monos abandonne sa verve surréaliste, et se plonge avec tout autant d’énergie dans un climax en forme de survival, qui n’est pas sans évoquer Apocalypto.

Nous embarquer dans un pur dérèglement, qui retrouve progressivement la voie du réel pour mieux délivrer son sens, voilà le cheminement précieux, mais risqué qu’emprunte le film. Ce dernier n’est pas sans encombre, et il arrive que le spectateur doute sincèrement de la capacité du récit à retomber sur ses pattes, ou tout simplement à dépasser la stricte évocation sensorielle. Car, à générer un si vertigineux puzzle, le réalisateur s'égare parfois un peu, toutes les outrances ne payant pas. Mais, notamment grâce aux compositions incandescentes de Julianne Nicholson et Moises Arias,  Monos ne s’assèche jamais.

 

affiche 2

Résumé

Référentielle et explosive, l'épopée de Monos nous renvoie à Aguirre et Sa Majesté des Mouches, que le film parvient à ré-interpréter, au prix de quelques baisses de rythme.

commentaires

Endymion la dérision
08/03/2020 à 13:38

Quel ennui...
Je parle du commentaire d'Endymion bien sûr.
J'ai essayé de lire mais il y avait trop de fautes d'orthographe sans parler des accents passés à la trappe.
Il faudrait songer à s'acheter un dictionnaire et à manier la critique avec un peu plus d'arguments.
Quel bonheur ce serait si les fiches de lycéens étaient comme ça !

Endymion
08/03/2020 à 03:24

Quel ennui...
Je parle de la critique bien sur.
J ai essaye de lire, mais je n y ai rien trouve d interressant.
Il faudrait songer a embaucher des critiques maniant la plume et le style litteraire au moins un minimum.
Ici on a l impression de lire une fiche de lecture faire par un collegien

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