Guns Akimbo : critique néo-crétino-cockée

Simon Riaux | 21 mars 2020
Simon Riaux | 21 mars 2020

Qui a eu l'idée de greffer des flingues à Harry Potter ? Et qui a essayé d'en faire un film ? Nous avons enquêté pour répondre à ces terribles questions, et la réponse s'intitule Guns AkimboLe film va débarquer sur Amazon Prime Video en France dès le 23 mars 2020.

SHOOT FIRST, THINK NEVER

Et si on greffait deux gros guns à Daniel Radcliffe, en l’affublant d’un calebute crado, de pantoufles immondes et d’un vieux peignoir ? Voilà sans doute la pensée disruptive qui présida à la naissance de Guns Akimbo, film au concept aussi débile que réjouissant. Issu du cerveau de Jason Lei Howden, ancien technicien d’effets spéciaux déjà auteur de Deathgasm, le film a titillé la curiosité de nombreux spectateurs dès le dévoilement de son synopsis, avant de transformer l’essai avec une bande-annonce tonitruante.

Malheureusement, si le métrage fait tout son possible pour nous accrocher dès son ouverture, à coups de mouvements de caméras épileptiques, de montage frénétique, d’effets clipesques anarchiques (de néons en surimpressions en accélérés puis en ralentis), on s’étonne de le voir patiner autant pour installer un point de départ dont l’absurdité invité à la vélocité. Il faut ainsi plus de vingt minutes pour qu’une intrigue, pourtant aussi épaisse qu’un auriculaire d’anorexique, nous présente des personnages terriblement creux, et se décide à abattre ses premières cartouches.

 

photo, Daniel RadcliffeUne badass sachant badasser doit savoir badasser sensas

 

Et même quand le scénario sort les gros calibres et accepte enfin de trouer du figurant, les trous de balles ne masquent pas le vide intersidéral de ce récit, transformé en très banale course-poursuite, animée par des enjeux transparents (à base de kidnapping de copines, de prédations d’alpha-meuf turbo-shootée mais sexy quand même), et incarnée par une galerie de personnages caricaturaux à l’extrême.

De nerds poisseux en vilains geeks tatoués, le film déploie malgré lui une vision ultra-réactionnaire de la culture numérique, d’autant plus désagréable qu’elle veut maquiller son fond rance à coups de pirouettes stylisées terriblement ringardes.

 

photo, Daniel RadcliffePosez cette moustache tout de suite monsieur

 

SULFATEUR PRÉCOCE

Mais on pardonnerait aisément à Guns Akimbo de ne pas avoir grand-chose à raconter, s’il tenait sa promesse de nous farcir le cerveau d’images hallucinées, de situations rocambolesques et d’action brutale. Malheureusement, son réalisateur est emblématique de certaines dérives plastiques, renforcées par une multiplication des canaux de diffusion, aboutissant de la part des diffuseurs à tenter de faire feu de tout bois. Avec son pedigree de techniciens rompu aux effets spéciaux, Jason Lei Howden apparaît logiquement comme un démerdard accompli, capable de transformer un micro-budget en festival de pyrotechnie suintant le cool.

Sauf que savoir fabriquer des images n’induit pas nécessairement de parvenir à raconter quelque chose avec. C’est terriblement criant dans Guns Akimbo, où jamais les rodomontades de la caméra, ni les soubresauts du montage ne cherchent à transmettre une idée ou une émotion. Par conséquent, le film n’intéresse jamais et cesse rapidement de divertir, pour générer le même spectacle pénible qu’un enfant hyperactif tentant d’assembler un château de carte au milieu d’une rave party cannibale.

 

photo, Daniel Radcliffe"Un suppsitoire vous dites ?"

 

Quant à la capacité à transcender un petit budget, là aussi, le metteur en scène se révèle tragiquement incompétent. A vouloir singer certains morceaux de bravoure popularisé par John Wick et ses clones, il les exécute si pauvrement qu'il en raye le cristallin du spectateur. Pire, le montage ne réussit jamais à dissimuler les trous béants du script, et la pauvreté de la scénographie, condamnant le film à se truffer de plans de coupe répétitifs et grossiers, dévoilant les spectateurs voyeuristes des mésaventures du héros, soulignant finalement l'absence de transitions réfléchies en amont.

Unique motif de satisfaction : la prestation de Daniel Radcliffe. Oubliant sans doute que la réussite de Swiss Army Man n’était pas étrangère au fait qu’il interprète un cadavre, le réalisateur se risque ici à lui confier un rôle d’humain, doté d’un cœur et d’une gamme honorable d’émotions. Prétendre qu’il nous propose ici autre chose qu’une curieuse imitation de limande en overdose d’ibuprofène serait mentir, mais son constant décalage et cette mine ahurie de gentil poivrot qu’il trimballe avec témérité provoquent une sorte d’arythmie étrange, comme une stase temporelle, un abri pour le spectateur sidéré qui se demanderait où dans cette apocalypse fluo a bien pu se nicher l’humanité de ses auteurs.

Guns Akimbo sera disponible sur Amazon Prime Video en France dès le 23 mars 2020

 

Affiche

Résumé

Malgré toute l'affection que génère la mine désolée de Daniel Radcliffe, difficile de s'intéresser à ce ratage, aussi creux et laid que bruyant et mal raconté.

commentaires

SamComment
30/04/2020 à 20:42

Cette article est extrêmement rageur et exagéré ... Vous faites passer vos gouts avant des réalités et vous essayez de descendre un film car son "genre" ne vous plait pas... Oui c'est un film d'action , oui il y a beaucoup de sang et un humour discutable, et malgré les quelconques soucis ils ont pu faire un film qui impose un univers bien particulier , et surtout assez original ... Que l'on aime ou pas, ce n'est certes pas le meilleur film de la décennie , mais un bon film tout de même , contrairement a votre plume rageuse !

Qsutugon
15/04/2020 à 21:43

Je vous trouve durs ! Moi je trouve marrant de faire un film sur une seule idée : boulonner des sulfateuses aux pognes du Radcliffe en tongues. J'avoue ne pas avoir éreinté ce qui me reste de neurones au visionnage et c'est ce à quoi je m'attendais. Du coup, pas déçu. Il est curieux de reprocher à un film d'action d'être violent et hyperactif. Je ne sais pas comment il a été reçu par le public. Je me suis pris à imaginer une nouvelle saga du Radcliffe, en white trash. Peu de chances que ça arrive, et c'est dommage. Sinon, house of pain, c'est pas ringard, c'est juste 90',quoi. Et j'aime bien les 90'.

Qsutugon
15/04/2020 à 21:40

Je vous trouve durs ! Moi je trouve marrant de faire un film fondé sur une seule idée : boulonner des sulfateuses aux pognes du Radcliff en tongues. Ça m'a fait marrer. J'avoue ne pas avoir éreinté ce qui me reste de neurones au visionnage et c'est ce à quoi je m'attendais. Du coup, pas déçu. Il est curieux de reprocher à un film d'action d'être violent et hyperactif. Je ne sais pas comment il a été reçu par le public. Je me suis pris à imaginer une nouvelle saga du Radcliff, en white trash. Peu de chances que ça arrive, et c'est dommage. Sinon, house of pain, c'est pas ringard, c'est juste 90',quoi. Et j'aime bien les 90'.

Qsutugon
15/04/2020 à 21:24

Je vous trouve durs ! Moi je trouve marrant de faire un film fondé sur une seule idée : boulonner des sulfateuses aux pognes du Radcliff en tongues. Ça m'a fait marrer. J'avoue ne pas avoir éreinté ce qui me reste de neurones au visionnage et c'est ce à quoi je m'attendais. Du coup, pas déçu. Sinon, house of pain, c'est pas ringard, c'est juste 90',quoi. Et j'aime bien les 90'.

reallu
24/03/2020 à 12:57

chelou comme film , pas tout regardé pas aimé

Betize
24/03/2020 à 02:06

Perso j'ai bien aimé j'ai pas vue le temps passer.
Se film est très caricatural mais il s'assume comme tel est je l'ai trouvé très punchy

Nina
22/03/2020 à 23:03

Sur Prime video ? C'est cool ça. J'ai vu le film il y a 2 semaines je crois, c'est sympa pour passer le temps mais les scènes d'action sont épouvantable par moments.

Pb
22/03/2020 à 18:57

Personnellement, je n’ai pas pu terminer le voisinage de la bande annonce. Comment peut-on encore faire des films comme ça de nos jours ?

Fethi
22/03/2020 à 09:17

@antipop

Tellement !

zetagundam
21/03/2020 à 21:56

Pour le coup je vous trouve particulièrement dur.

Même si ce croisement improbable entre Ultimate Game, avec Gerard Butler, et hyper Tension est loin d'être parfait, avec son scénario quasi inexistant entre autre, il reste pour le coup quand même divertissant pour celui qui résiste au rythme hyper actif du métrage

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