Altered Carbon : Resleeved - critique recyclée

Simon Riaux | 20 mars 2020 - MAJ : 20/03/2020 11:07
Simon Riaux | 20 mars 2020 - MAJ : 20/03/2020 11:07

Netflix est bien décidé à rentabiliser la franchise littéraire Altered Carbon, qui ne manque pas de fans et en a gagné de nombreux lors de la diffusion de sa première saison. La seconde ayant déçu pas mal de spectateurs, le long-métrage animé tiré de l’univers imaginé par le romancier Richard Morgan arrive juste à temps pour tenter de nous réconcilier avec la licence.

TIENS, VOILA DU BOURRIN

Avec son concept d’humains prolongeant indéfiniment leur existence en se téléchargeant à travers diverses enveloppes, développé via une saga littéraire au volume limité, Netflix a acquis une licence déclinable à l’infini, que son support originel pousse au dépassement. C’est bien le but de ce long-métrage d’animation réalisé par Jō Nakajima, co-écrit par Dai Sato (Cowboy Bebop, Blood : The Last vampire), qui exploite tout à fait la veine japonisante de la saga.

Immergé au cœur d’une conspiration yakuza, Takeshi va retrouver de (très) vieilles connaissances et découvrir une manipulation qu’il n’aurait probablement jamais imaginé ; C’est peut-être là l’aspect le plus ludique de cet Altered Carbon : Resleeved, première adaptation à trouver comment user du concept de « stack » comme de ses multiples potentialités scénaristiques. Dans un monde où la mort véritable est aussi rare que chargée de sens, notre héros fait face à une organisation qui la magnifie autant qu’elle s’efforce de la repousser.

 

photoBlade Runner ? Vous avez dit Blade Runner ?

 

Comme inspirées par un décor renouvelé et des personnages enfin aussi retors que le concept de cet univers les autorise à l’être, les scènes d’action de ce stand-alone s’avèrent un régal. L’animation permet de tout à fait libérer la caméra, le choix de la technologie numérique favorise une animation extrêmement fluide (mais remarquablement laide hors baston), qu’une direction artistique repensée accompagne idéalement.

En effet, le film abandonne le Blade Runner javelisé de sa version live pour assumer un décor à la fois plus japonais et plus contemporain dans ses citations cyberpunk. Un cocktail très bien vu, qui permet au récit de garder le spectateur en haleine entre deux massacres gentiment gores.

 

photoBienvenue en 2006 !

 

ALETERED CINEMATIQUE

Malheureusement, pour dynamique et rythmé qu’il soit, Altered Carbon : Resleeved est d’une mocheté proverbiale. Film d’animation en 3D découpé à la tronçonneuse, dont les modèles manquent cruellement de finesse, le résultat a plus à voir avec une cinématique de Dreamcast qu’une expérimentation plastique. Non pas que ce parti pris esthétique ne puisse aboutir à de belles trouvailles, mais il relève manifestement ici d’une facilité de production, visant à fabriquer de la fiction comme on déroule du câble.

 

photoAvouez-le, vous n'avez pas du tout tiqué devant cet photo de... Fear Effect 2... qui date de 2001

 

Les silhouettes sont grossières, les mouvements labiaux parfois absurdes, les expressions faciales manquent cruellement d’humanité et jamais les corps, postures ou physionomies des protagonistes ne parviennent à générer de l’émotion, de l’empathie. Ce raté est d’autant plus prégnant que la relation entre Takeshi et Gena, très bien écrite, se prêtait à l’évidence à un jeu subtil quant à la physicalité. Espérons qu’à l’avenir, Netflix accorde un traitement plastique à Altered Carbon qui lui permette de véritablement se démarquer.

De même, les prochains à imaginer une intrigue située dans cet univers devront se questionner quant au rôle de Takeshi. Monolithique et manquant cruellement de personnalité dans la série live, il n'est plus désormais qu'une écorce desséchée dont on ne saisit ni les enjeux personnels ni les conflits. Ici, il est probablement le personnage le moins incarné, le seul dont on ne cherche pas à creuser les motivations. C'est bien sûr la conséquence d'un flagrant déficit d'écriture, mais à nouveau, la marque de choix esthétiques qui ne permettent jamais au personnage d'exister phsyiquement, un comble pour un héros sensément surpuissant, dont le corps est un mode d'expression à part entière.

Altered Carbon : Resleeved est disponible sur Netflix depuis le 19 mars 2020

 

Affiche officielle

Résumé

Sauvé par une poignée de personnages secondaires intéressants et quelques scènes d'action plaisantes, Altered Carbon : Resleeved peine à convaincre, la faute à une facture technique complètement à la ramasse.

commentaires

L'horreur à un nom et c'est Resleeved
03/05/2020 à 22:38

Mdr et la fin sonne comme un appel à la suite ... Mais qui aura envie de voir ça ?
Parait qu'ils ont mis 20 millions ... J'aimerai tellement voir les justificatifs financiers de ce projet, c'est impossible, le studio japonais a escroqué Netflix ...
La seule façon de rentabiliser cette horreur serait de revendre les images à un studio de jeux vidéo, au moins dans un jeu vidéo, on évitera de se tenir la tête en étant consterné par la vision d'une animation de film ...

tehla
24/03/2020 à 02:12

J'ai surtout trouvé le scénario d'une indigence totale. Les motivations d'absolument tous les protagonistes sont vides de sens. Quant aux scènes d'action, de part leurs enjeux, elles sont dignes des téléfilms des années 90 ! Une vraie purge.

Kt
21/03/2020 à 22:42

La première saison live était une vraie réussite et l'acteur est top.. La saison 2 très moyen et l'animé et ben ils auraient mieux fait de ne rien faire parce que là c'est juste catastrophique

Cibelius
21/03/2020 à 16:28

Deux commentaires :
Altered Carbon Sainson 1 était pour moi la mieux des saisons " plus d'effets spécieux plus aboutit et l'acteur principal plus charismatique"
La Version Manga est une Horreur on dirais simplement une pré animation des années 90 de jeux d'arcade comme Street Fighter

Birdy
21/03/2020 à 08:36

Je préfère 100x les 2 saisons live. Sinon complètement d'accord avec la critique. C'est laid, parfois ça bourrine bien, et l'histoire avance bien. Mais le héros n'est qu'une épave, et déjà avec des vrais acteurs c'était limite, mais alors là, c'est niveau cinématique play 2, je vous dis pas l'émotion de playmobil du gars.

Lightner
21/03/2020 à 06:27

Ils se reposent sur leurs lauriers, ça se disant "ça va passer... Tant que les gens regarde on fait de fric c'estle plus important"

Bob nims
20/03/2020 à 15:12

Les scènes d'action en jettent par contre cassage de gueule garanti !

maxleresistant
20/03/2020 à 11:08

Netflix enchaine les contenus moyens depuis 1 an. C'est vraiment décevant.

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