Go Karts : critique bien huilée

Arnold Petit | 23 mars 2020 - MAJ : 23/03/2020 10:13
Arnold Petit | 23 mars 2020 - MAJ : 23/03/2020 10:13

Netflix ne s'est jamais caché de cibler un jeune public avec les films et les séries de son catalogue, que ce soit avec des créations originales telles que Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire ou avec de grands classiques du genre comme Les Goonies ou Sauvez Willy. Disponible depuis le 13 mars sur la plateforme de streaming, que vaut Go Karts, le film d'Owen Trevor autour de la relation entre un jeune pilote et un vieux mentor dans le monde du karting ?

 

TOUT EST UNE COPIE, D'UNE COPIE...

Vous avez déjà vu ce film. Que ce soit dans un univers différent, avec des personnages différents ou autour d'un sport différent, vous avez déjà vu ce film, plusieurs fois, et pourtant, ça ne vous dérange pas. À la lecture du résumé ou seulement après avoir vu la bande-annonce, vous savez que vous avez déjà vu ce film, vous savez déjà quelles scènes apparaîtront à l'écran, quels personnages seront présents, et pourtant, Go Karts se regarde avec un certain plaisir, qu'il soit coupable ou assumé. Encore plus si on aime les courses automobiles et les films se déroulant dans ce milieu qui suivent le même modèle, comme Jours de tonnerre ou Driven.

Mais si les longs-métrages de Tony Scott et Renny Harlin exploraient respectivement le monde de la NASCAR et de la Formule 1 (à leur manière) sous l'oeil d'un adulte, Go Karts, comme son nom l'indique, s'intéresse au karting. Une étape par laquelle la grande majorité des pilotes doivent passer plus jeunes s'ils veulent se faire remarquer, mais qui n'a jamais trouvé sa place au cinéma (hormis avec Kart Racer et quelques films tombés dans les tréfonds de l'oubli).

 

photoChop-chop

 

Fraîchement arrivé à Busselton avec sa mère, Christie (Frances O'Connor), pour prendre un nouveau départ après la mort de son père, Jack (William Lodder) se retrouve invité malgré lui à une fête d'anniversaire sur une piste de karting, au milieu des autres adolescents de la ville. Il fait d'abord la rencontre de Colin (Darius Amarfio Jefferson), un garçon étrange dont les autres se moquent, puis de Dean (Cooper van Grootel), l'arrogant champion régional en titre, ainsi que de sa soeur, Mandy (Anastasia Bampos), qui rêve de travailler en tant qu'ingénieure en chef en Formule 1. Alors qu'il met les pieds sur les pédales d'un karting pour la première fois, Jack démontre un vrai talent en tant que pilote, ce qui ne manque pas d'attirer l'attention de Patrick (Richard Roxburgh), le propriétaire bourru du circuit.

Adepte des dérapages sur les parkings (qu'il réalise avec le break de sa mère) et désormais fasciné par les courses de karting, Jack retourne voir Patrick et lui propose d'entretenir son circuit, à condition qu'il le prenne sous son aile et lui permette de remporter le championnat national face à Dean. Pas besoin d'en dire plus, de toute façon, vous avez déjà vu ce film.

 

photoPimp my kart

 

KART ET KID

Dès les premières minutes, on connaît déjà le tracé que Go Karts va suivre et sans aucune surprise, le scénario de Steve Worland remplit consciencieusement les cases du cahier des charges du teen movie, du compagnon de fortune, à la mère sympathique en passant par la fille brillante dont le héros tombe amoureux, avec une histoire qui ressemble à une sorte de mélange entre Karaté kid et Cars. Contrairement à Jack, qui ne peut pas s'empêcher de prendre des risques et de finir dans le décor, le récit ne sort pas de la piste balisée qu'il suit et manque d'originalité, mais le film en est conscient et s'en amuse, comme le prouve la mention de M. Miyagi par Jack pendant son entraînement ou cette scène avant la course où il demande à Patrick si ce n'est pas le moment de lui faire un discours inspiré sur l'oeil du tigre et le dépassement de soi.

Les scènes entre l'élève et son mentor, comme dans la plupart des films de ce genre, sont d'ailleurs les plus réussies - en plus d'être les plus drôles. Richard Roxburgh s'illustre à merveille dans le rôle du propriétaire grognon qui semble toujours avoir la gueule de bois, tandis que William Lodder est étonnant pour ses débuts en tant qu'acteur, avec un charisme naturel pour incarner Jack, le petit adolescent insolent et téméraire mais plein de bonté, dont la couleur du casque et de la combinaison rappelle étrangement celle d'un certain Ayrton Senna à ses débuts.

 

photo« Concentre-toi sur l’instant présent. Ressens, ne pense pas, fie-toi à ton instinct. »

 

Go Karts réussit même à s'écarter du schéma classique et traditionnel du récit grâce au personnage de Mandy, qui vit dans l'ombre de son frère moins doué qu'elle et subit l'indifférence d'un père obsédé par la victoire, mais qui choisit de suivre sa voie et obtient finalement la reconnaissance qu'elle mérite. En plus des thématiques propres au genre autour de l'enfance et de l'adolescence, comme l'amitié, le respect des aînés ou la confiance, le film tente quand même d'aller un peu plus loin et montre qu'il est capable de le faire intelligemment, en utilisant l'image de la voiture-fantôme dans les jeux de courses pour symboliser le deuil de Jack.

Malheureusement, le film ne va pas au bout de ses ambitions et retourne aussitôt dans les clous, ce qui fait que certains personnages ne sont là que pour respecter les besoins du scénario et manquent de profondeur pour qu'on s'attache vraiment à eux, à l'image de Colin (pourtant porté par un Darius Amarfio Jefferson encore plus touchant que ses partenaires) ou de Barry (Dan Wyllie), un flic sans charisme ni autorité que Jack essaie de caser avec sa mère.

 

photoUn fils intrépide, mais qui se soucie aussi du bien-être de sa môman

 

STRANGER KARTS

S'il n'a rien de révolutionnaire et souffre d'un scénario sans grande originalité, avec des personnages aussi caricaturaux les uns que les autres, Go Karts réussit quand même à installer cette ambiance bienveillante propre au genre, permettant de faire abstraction de la niaiserie du film et de certains dialogues. En dehors de quelques scènes où Christie suit les courses de son fils en vidéo sur une tablette ou un téléphone, le film pourrait bien se dérouler dans les années 80 et essaye clairement de tirer profit de cette nostalgie à la manière de Stranger Things, que ce soit par son esthétique ou sa bande-son.

Le choix d'installer le cadre à Busselton renforce ce sentiment d'insouciance ambiant, avec cette petite ville côtière de l'Ouest australien où les habitants s'enthousiasment pour une course régionale de karting entre enfants pendant leurs vacances d'été. Un environnement tranquille et poussiéreux, dont la photographie et quelques plans au drone réussissent à capter le côté reculé et inoffensif, au-delà de l'aspect de carte postale des décors.

 

photoFast & Furious : Origins

 

Owen Trevor, qui réalise son premier film, applique cette même recette lors des séquences de courses et profite de son expérience acquise en ayant travaillé sur des épisodes de Top Gear. Sachant pertinemment que le karting est moins rapide que la Formule 1 ou les bolides du 24 Heures du Mans et donc moins impressionnant, le réalisateur préfère crée une énergie immersive aux côtés de Jack, à quelques centimètres de la route et des autres pilotes. Plutôt que de tomber dans la facilité du montage nerveux propre aux films de course automobile afin d'accroître la sensation de vitesse, le film s'attarde sur son personnage, nous plonge dans ses pensées et nous montre que le karting est aussi un moyen pour lui de retrouver son père.

Aussi prévisible et inoffensif qu'il soit, Go Karts reste quand même un divertissement agréable, qui porte peut-être les mêmes messages à l'emporte-pièce qu'une multitude d'autres films, mais qui le fait avec tellement de bonne volonté qu'on ne se plaint pas d'avoir vu ce film qu'on a déjà vu mille fois.

Go Karts est disponible sur Netflix

 

photo

Résumé

S'il ne brille pas par son originalité, Go Karts est malgré tout un film agréable, avec une histoire touchante et familiale. Malheureusement, le film est trop concentré à rester sur la piste et à terminer la course sans prendre de risques pour laisser un souvenir marquant parmi ses sosies du genre.

commentaires

claude qui t'aime
06/04/2020 à 11:52

c'etait cool vive les filme

Arf
23/03/2020 à 13:00

Toujours pareil, toujours la même histoire ! Pour le prochain, remplace le kart par la boxe, le karaté, le ping pong, fortnite ou n'importe quelle discipline/jeu/sport de ton choix et hop on a un nouveau film !

maxleresistant
23/03/2020 à 11:19

Netflix, le service 3 etoiles sur 5...

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