Wolfman : critique-garou

Ilan Ferry | 24 mai 2018 - MAJ : 05/06/2019 15:51
Ilan Ferry | 24 mai 2018 - MAJ : 05/06/2019 15:51

Croqué à toutes les sauces, le mythe du loup-garou est passé par toutes les couleurs de l'arc en ciel (coucou Twilight). Wolfman de Joe Johnston arrive donc à temps pour redonner son aura originelle à une figure qui avait bien besoin de retrouver son aura horrifique. Les premières images ne mentent pas : tapie dans une brume oppressante, la bête fond sur sa victime avant que le titre ne vienne s'inscrire à l'écran en lettres de sang. Dès lors plus aucun doute n'est possible, Wolfman sera gothique ou ne sera pas !

OLD BUT GOLD

En effet, que ce soit par le biais d'une superbe direction artistique ou de sa photo très significative, tout concourt à faire du film de Joe Johnston un objet rare à l'ambiance définitivement baroque renvoyant autant au long métrage original (The Wolf Man, 1941) qu'aux fleurons de la Hammer. A l'instar de La Momie mais aux antipodes du nanardesque Van Helsing, ce loup-garou marque une véritable volonté de la part d'Universal de revenir aux sources des mythes cinématographiques qu'elle a créés. Ceux-là mêmes qui ont contribué à sa consécration dans le genre depuis Frankenstein en 1931. D'où une approche résolument old school que la réalisation très efficace de Joe Johnston appuie à merveille.

 

Image 276368Benicio Del Toro

 

Le film a beau naviguer à vue entre pure série B et film de studio, il prend toute son ampleur dès lors qu'il embrasse sa fonction de monster movie. Ici pas de fioritures :  le sang gicle, les tripes volent tandis que les transformations rappellent furieusement Le Loup-garou de Londres. Grâce aux maquillages géniaux et à sa stature, Benicio Del Toro incarne un lycanthrope d'une crédibilité à faire froid dans le dos, plus proche de Lon Chaney Jr. que de Jack Nicholson période Wolf.

Toutefois, si le film réserve son lot de sueurs froides, il n'en néglige pas pour autant ses personnages et contient en son sein tous les éléments d'une tragédie aux résonances shakespearienne. Ici, la relation père/fils dont la rivalité sert de véritable ressort dramatique. Emily Blunt et Hugo Weaving campent quant à eux de beaux seconds rôles, épicentres malgré eux de ce qui se révélera être un drame fantastique et familial d'une belle portée.

On regrettera toutefois qu'en dépit de ses nombreuses qualités Wolfman laisse un arrière goût de film malade, non seulement au regard de sa tortueuse genèse mais aussi de son montage qu'on sent assez approximatif. Preuve en est de la romance Benicio Del ToroEmily Blunt et de beaucoup de scènes qu'on devine sacrifiées sur l'autel de la sacro sainte efficacité goreuse.

 

Image 438052

 

Résumé

Qu'importe au final si le film de Joe Johnston sent parfois le produit rafistolé, il garde de beaux restes.

commentaires

Flash
25/05/2019 à 11:16

La version extended director's cut gomme les défauts de la version originale.
A voir absolument !

votre commentaire