Gatsby le magnifique : critique

La Rédaction | 15 mai 2013 - MAJ : 09/03/2020 23:16
La Rédaction | 15 mai 2013 - MAJ : 09/03/2020 23:16

Remettons les choses bien en place d'entrée de jeu : tout le cinéma de Baz Luhrmann depuis plus de vingt ans s'articule autour d'un thème bien précis : les histoires d'amour impossibles entre deux êtres issus de milieux différents, de familles rivales... Par conséquent ce n'est pas tant la toile de fond historico-sociale qui intéresse le cinéaste australien en adaptant le roman culte de F. Scott Fitzgerald que l'histoire d'amour entre Gatsby et Daisy.

Cette même histoire, à priori et là encore impossible (elle, fortunée de naissance et mariée depuis cinq ans, lui, arriviste, devenu l'une des plus grosses fortunes du pays), qui n'était qu'un prétexte chez Fitzgerald pour dresser la vision prémonitoire de cette haute société new-yorkaise / américaine de l'entre-deux guerre passe désormais à l'arrière-plan pour laisser place à la passion entre les deux amants maudits. Dès lors, l'histoire d'amour, frigide quand elle n'était pas tout simplement ellipsée sur le papier mais aussi dans l'adaptation de Clayton avec le couple Redford - Farrow, se retrouve pleinement consommée (au sens propre) et dramatisée (l'accident final est désormais bel et bien visible), associée à quelques petits traits d'humour là encore absents à l'écrit et dans le long-métrage de 1974

 

photo, Carey Mulligan, Leonardo DiCaprio

 

Tout ceci est, comme toujours avec Baz Luhrmann, filmé avec tout le dynamisme visuel et musical et dans une 3D remarquable, l'une des meilleures que l'on ait vue depuis Avatar ; de ce mariage formel du son et de l'image qui constitue la « marque de fabrique » du réalisateur et qui scinde clairement en deux clans les cinéphiles. D'un côté, ceux qui exècrent pareille esbroufe formelle tout en considérant son cinéma comme hautement superficiel et de l'autre, ceux qui y adhèrent et, tout en écoutant en boucle les B.O. de ses films (tel votre humble serviteur alors qu'il rédige ces lignes, NDR), se laissent transporter par ces love story pleines d'émotions, de joies, de cris et de larmes qui se terminent toujours (très) mal.

 

photo, Carey Mulligan, Leonardo DiCaprio, Joel Edgerton

 

Avec son cinquième long-métrage, Baz Luhrmann nous livre une nouvelle romance aussi haute en couleurs et en numéros musicaux qu'en dramaturgie et en passion amoureuse mais qui, in fine, ne changera pas la scission existante entre adorateurs et détracteurs de son cinéma, de celle qui existe depuis sa précédente adaptation d'un « classique » : le détonnant Roméo + Juliette - ses trois autres films n'étant pas, au sens littéral du terme, des « adaptations » mais des idées « originales ». Et si à l'époque, Baz Luhrmann s'était déjà attiré l'ire des « shakespeariens », il s'attirera cette fois-ci et à n'en pas douter les foudres de ceux qui considèrent le roman de Fitzgerald comme un chef d'œuvre.

 

Affiche française

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