Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 : critique dans ta face

Christophe Foltzer | 27 avril 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:51
Christophe Foltzer | 27 avril 2020 - MAJ : 10/06/2020 12:51

Sorti en 2014, Les Gardiens de la Galaxie apportait un vent d'air frais à un genre que l'on sentait déjà sclérosé et prouvait, à la fois au public et aux majors, que, mis entre de bonnes mains, une franchise mal connue pouvait damer le pion aux darons du MCU. C'est dire si la suite, sobrement intitulée Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, était attendue au tournant.

RENGAINE

Avant de plonger vraiment dans cette critique, une petite précision s'impose, et elle est importante pour la suite : l'auteur de ces lignes n'est pas un grand fan des Gardiens de la Galaxie. Il trouve le film joli, sympa et rigolo, sans plus, mais n'a jamais vraiment compris l'engouement qu'il avait généré à sa sortie.

Par contre, il est déjà plus fan de James Gunn lui-même, qu'il suit quand même depuis ses débuts chez Troma, il adore Horribilis et Super et se désespérait un peu de le voir rentrer dans le rang. Tout ça pour dire que, à la projection des Gardiens de la Galaxie 2, il n'y allait pas en trainant des pieds, mais pas loin.

 

Photo Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Karen GillanSalut les musclés

 

On trouvait bizarre qu'après le voeu de discrétion du réalisateur sur l'histoire de son film, Marvel nous inonde à ce point de spots TV pour la promotion, dévoilant énormément d'images, de possibles noeuds dramatiques, gâchant toutes surprises ; et nous sommes donc d'autant plus étonnés de constater dès les premières minutes que tout ce qui nous a été montré durant la promo ne correspond en réalité qu'au début du film. Oui, James Gunn a tenu sa promesse, il a préservé le plus important et il nous l'envoie dans la gueule sans crier gare.

 

Photo GrootPlug me in

 

HOW DO YOU YONDU ?

Dès le départ, outre le plaisir de retrouver nos héros, quelque chose étonne, voire dérange. Il y a en effet un refus manifeste de céder aux sirènes du gros spectacle, de se lover dans la surenchère et la séquence générique fait office de véritable note d'intention pour l'intégralité du film. Sans spoiler, disons simplement qu'alors que nous sommes face à une énorme scène d'action bien épique, Gunn fait le choix de se concentrer sur quelque chose et quelqu'un qui n'ont, a priori, pas grand chose à y voir, nous frustrant puisque nous n'avons que des bribes de la grosse baston en arrière-plan.

Le ton est donné : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 ne sera pas un film à grand spectacle (même s'il respecte son quota) mais réellement une histoire centrée sur ses personnages, du début à la fin. Le postulat de départ est à présent connu de tous : envoyés en mission par les Souverains, nos Gardiens préférés croisent la route d'Ego, le père de Star-Lord. Point, nous n'en dirons pas plus, le reste ne se raconte pas, il se vit.

 

Photo Pom KlementieffMantis rejoint la team

 

SPLEEN GALACTIQUE

Car c'est bien l'énorme surprise que nous offre Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 : prendre nos attentes à rebrousse-poil et nous proposer un film d'une densité exceptionnelle pour une production Marvel. James Gunn l'a dit et répété, il n'en a rien à faire du MCU et ce film le confirme une fois de plus. Mis à part une ou deux lignes de dialogue, le métrage n'est pas construit en fonction du grand plan de domination du monde de Marvel mais se suffit à lui-même, nous rappelant au passage ce qu'était le cinéma, avant que les super-héros ne le transforme en série télé méta de luxe.

 

Photo Michael Rooker, RaccoonYondu et Rocket

 

Axé essentiellement sur ses personnages et leur parcours intime, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 se révèle étonnament mélancolique et sombre. Chaque personnage creuse sa problématique, se confronte à son chaos intérieur et en ressort grandi - ou non.

A travers le parcours de Star-Lord (Chris Pratt), c'est toute cette petite famille qui est remise en question, les liens qui les unissent, les envies individuelles confrontées à la direction générale que prend le groupe, comment le passé influe sur le présent et décide parfois de notre avenir... Toutes ces thématiques que l'on n'aurait jamais espéré voir dans un Marvel. Et c'est fait avec tellement de brio que l'on ne peut qu'être admiratifs.

 

Photo Kurt Russell, Chris PrattRencontre au sommet

 

Il y a une telle justesse humaine dans ce film qu'il nous rappelle au final les précédentes réalisations de James Gunn. Récit d'un mal de vivre très contemporain, rapport douloureux au père et aux figures d'attachement qui compensent son absence, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est une plongée intelligente et très émouvante dans un aspect qui n'a jamais été abordé jusqu'à présent correctement dans le MCU : le versant humain de ses héros, inscrivant ainsi ce nouvel effort dans l'oeuvre globale de son réalisateur. On pensera en effet plus à Horribilis et Super devant ce film qu'au précédent volet, et c'est tant mieux.

En totale liberté de mouvement, James Gunn renoue effectivement avec ses thématiques les plus chères et nous offre le premier film de super-héros joyeusement dépressif de cette nouvelle vague. Car oui, si Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 fait toujours autant rire (bien qu'il ne soit jamais dans l'excès), il fait aussi pleurer, notamment grâce à un dernier acte d'une efficacité ravageuse, qui extraie le film de sa continuité héroïque et de son statut de fer de lance du MCU pour nous offrir un grand moment bouleversant, touchant et d'une beauté rare. Le tout se concluant sur un plan d'une telle simplicité et tellement émouvant qu'il arrachera les larmes aux plus durs d'entre nous.

 

PhotoUne audience compliquée

 

REQUIEM FOR A DREAM

Qu'on ne s'y trompe pas cependant : Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 n'est pas un film de gros dépressif mais une histoire de reconstruction, de quête de soi-même et d'évolution individuelle et collective. Gunn garde à l'esprit qu'il fait du grand spectacle pour tous les publics mais évite le piège de la surenchère que l'on pouvait craindre. Surtout sur les deux aspects marquants du premier film : l'humour et la musique. A la différence d'un Avengers : L'Ère d'Ultron qui réduisait les qualités du premier film à un simple cliché,  Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 utilise avec une intelligence rare ces deux forces.

L'humour est bien présent mais reste naturel, fluide et profondément humain, totalement justifié dans les relations entre les gens et le désenchantement général du film. La musique, elle, sait se faire discrète quand il le faut ; le choix des chansons est juste parfait et leur inclusion dans le métrage n'est pas là uniquement pour vendre l'album dans le commerce. Nous sommes face à un film d'une cohérence folle, pensé dans ses moindres détails comme un gros doigt d'honneur aux attentes d'une partie du public bovin et aux executives de Marvel. James Gunn pirate le MCU pour nous livrer l'un de ses plus beaux films et rien que pour ça, on l'aime.

 

Photo Chris PrattChris Pratt

 

Evidemment, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est loin d'être parfait. Certaines séquences d'actions sont un peu fouillies (notamment la fin), le discours sur la notion de famille sort les grands chevaux, Drax (Dave Bautista) et Gamora (Zoe Saldana) sont probablement les personnages les plus faibles dans leurs arcs respectifs (mais le film le sait et en joue avec intelligence), et beaucoup de scènes sont trop longues ou trop marquées (preuve manifeste d'une petite lutte entre le réalisateur et le studio, qui veut s'assurer que tout le monde comprenne bien le message et en fait donc un peu trop). Mais une fois que l'on a accepté ces quelques abus et que l'on se laisse prendre par le film (qui nous saisit sans crier gare au bout d'une heure), le voyage est total.

 

Affiche Imax

 

 

Résumé

Les Gardiens de la Galaxie 2 est une énorme surprise. Alors qu'on s'attendait à une grosse machine décérébrée qui nous servirait la soupe, on se retrouve avec un film intimiste et mélancolique pété de thunes. Un événement extrêmement rare en ce moment et qui prouve que James Gunn n'a pas vendu son âme mais, qu'au contraire, il parasite de l'intérieur le MCU pour au final l'emmener vers des horizons qu'il n'aurait même pas espérer atteindre un jour. C'est grand, c'est beau : c'est à voir absolument.

Autre avis Geoffrey Crété
James Gunn passe 35 couches sur son scénario et ses personnages pour que la thématique de la famille dégouline de tous les côtés. Il en oublie au passage la petite magie, l'énergie simple et enivrante, et l'efficacité du premier volet. Une suite boursouflée, où les qualités sont ensevelies sous une avalance de défauts.
Autre avis Alexandre Janowiak
James Gunn reprend la recette du premier opus en y injectant une dose mélancolique attachante, un propos intimiste touchant et de sacrés moments de spectacle jouissifs et explosifs. Avec en plus son auto-dérision hilarante, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est assurément un des films les plus réussis de l'univers Marvel.

Lecteurs

(4.0)

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commentaires

MickeymousE
27/04/2020 à 14:52

"l'auteur de ces lignes n'est pas un grand fan des Gardiens de la Galaxie. Il trouve le film joli, sympa et rigolo, sans plus, mais n'a jamais vraiment compris l'engouement qu'il avait généré à sa sortie."
cela commence bien l'article, les gens ont aimé mais je n'ai pas compris pourquoi.
Le film était un peu décalé, apportait de la fraicheur (bah oui après tout qui connaissait ce comics dont d'ailleurs le film a expurgé l'essence, le ton, etc), une petite historie sympa avec de nombreux protagonistes, de l'humour omniprésente, de l'action.

"Car c'est bien l'énorme surprise que nous offre Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 : prendre nos attentes à rebrousse-poil et nous proposer un film d'une densité exceptionnelle pour une production Marvel."
Une énorme surprise ou plutôt déception, le but d'un film n'est pas de prendre les attentes à rebrousse-poil...on l'a vu avec Star Wars 8 pfff.
Car dans cas faut bien comprendre l'aspect surprise, elle peut-être bonne comme mauvaise mais dans ce dernier cas faut savoir assumer et pas le damage control classique, c'est la faute des gens, c'est la faute du temps, c'est la faute de...

Toujours la même rengaine pour excuser: il osé, c'est de l'audace, le film est incompris c'est la faute au public.

Le public voulait le même plat ou plus si possible.
Tu rentres dans un restos tu commandes un truc que tu apprécies (ou essais un nouveau plat, tu prends un risque mais ce n'est pas le cas présent), si c'est un dessert à base crème glacé de chantilly et de fruit...si demain je viens et je commande le même dessert parce que la veille j'ai aimé, pourquoi devrais-je être content si on me ensuite une salade au vinaigre de cidre quand je commande le même dessert.

l'auteur de cet article doit quand même s'interroger sur ses goûts personnelles, on ne doit pas avoir les mêmes goûts (heureusement) et la différence est importantes, mais à un moment si un Daltonien pense qu'une pomme rouge est verte est-ce de notre faute, Dois-on croire qu'elle est verte pour lui faire plaisir?

Car ce Gardien de la Galaxie 2 n'a pas su apporter la recette du premier et pourtant même acteur, même réalisateur.
Péniblement on a des gags sont téléphonés et lourd, l'humour naïf et décalé du premier a complétement disparu du second. Ici on sent juste un film qui se sent obligé d'en faire et qui tombe dans une totale contrefaçon sans inspiration.
Idem pour les musiques oldies, le petit truc pour se mettre dans la poche le public quand c'est bien fait, là on soupire, on est très loin de l'introduction de la scène du vol du premier.

Maintenant autant l'histoire est quasi-inexistante mais le film entretien en fait un fil d'histoire malaisante sur chacun des personnages (Père-fils, Gamora et sa soeur,etc), un film qui tourne à l'exposé des traumas personnels, tu rentres pour prendre des bonnes ondes et pour ressortir avec la banane, là c'est presque un reportage dans l'aile de traitement chimio d'un hôpital. Un film qui a été pris en otage comme si le film n'était qu'un vague prétexte.

Le clin avec Stalone est du grand n'importe quoi. Kurt Russel n'a aucune consistance dans ce film.

James Gunn personne connaissait avant le premier gardien de la Galaxie, là avec le second on a l'impression que c'est pas lui qui était derrière le premier en fait. Et pour enfoncer le clou est-il réellement un grand réalisateur ou a t-il eu un coup de chance. On va le découvrir avec le troisième opus, perso Suicide Squad bis, non merci, j'ai vu le premier navet, j'ai vu Harley Queen, Shazam devrait interdit au plus de 12 ans, Aquaman est juste une sorte de repompe de Thor. Heureusement que Joker était sympathique, le DC univers commence à me navrer.

Ce gardien de la galaxie 2 est totalement fade. On sent le pognon dans le film mais ils ont oublié le reste.

Hank Hulé
27/04/2020 à 13:05

Tout pareil que Nico1.
Chiant et niveau design et costume s, c'est ultra kitsch (lorraine)

Nico1
27/04/2020 à 11:33

Autant je trouve que le premier film est une merveille, autant ma déception fut grande après le visionnage de ce second volume. Et je trouve également que l'antagoniste ne présente aucun intérêt et ça n'est pas tant la thématique que le traitement qui lui est réservé qui pose problème. L 'absence de Groot remplacé par l'insupportable Baby Groot est vraiment dommageable, ainsi que l'humour qui tombe à plat ( Drax est insupportable).

Nyl
27/04/2020 à 11:09

Je préfère largement le 2 (qui a sa propre identité et histoire) que le 1, qui ressemble trop à Avengers 1.

Alex
15/04/2020 à 02:50

Beaucoup d'analyses de la part des fans.... Je ne suis pas fan et pourtant j'ai adoré la 1ere scène et la dernière. Et rien que pour ça ce film est a regarder et de plus vous êtes confinés alors pour passer le temps et prendre 2 moments de plaisir, n'hésitez pas et regardez le.

Gregdevil
09/04/2020 à 17:28

Bon film, moins complet que le 1er cependant.

SPOILER

Le perso de Star Lord est noyé dans l'ennuie, ou il ne fait presque rien du film à part parler à son père. C'est un sacrifice. Et c'est dommage.
Sinon quelque petit défaut par ci par la mais rien de bien méchant.
L'intro est énorme d'originalité pour un Marvel, et l'humour est la plus part du temps très bien amené.

major fatal
25/02/2020 à 20:19

Vue hier.....Tres déçu par rapport au 1er.
Et franchement les effets 3d: dignent d'1 étudiant en 1er année! (la reconstruction d'Ego....Pitoyable).

Ludo
24/02/2020 à 19:41

Dommage qu’il ne soit pas réalisé par Clint Eastwood, vous auriez pu reconnaître que c’est un navet.

Dirty Harry
24/02/2020 à 12:06

commencé les 10 premières minutes désolé c'est vraiment pas ma came ces machins là....tant mieux si vous y voyiez là dedans le nouveau truc branché du moment.

Pat Rick
23/02/2020 à 19:44

Le 1er était malgré ses défauts une agréable surprise mais cette suite est moins réussie car on dirait que placer des vannes à tout va est plus important que l'aventure.

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