Scarface, Phantom of the Paradise, Panic Room... le plan-séquence, témoin de la magie du cinéma depuis un siècle

La Rédaction | 24 janvier 2020 - MAJ : 24/01/2020 16:14
La Rédaction | 24 janvier 2020 - MAJ : 24/01/2020 16:14

commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction
26/01/2020 à 19:36

@Oliviou

On a estimé que ses plans-séquences (notamment La Guerre des mondes et Tintin) avaient été tellement discutés, analysés, etc que ce n'était pas indispensable ici. Comme évoqué dans l'intro, on voulait sortir un peu de ces films aussitôt associés au sujet, surtout les films récents.
D'autant qu'on en avait parlé plusieurs fois déjà, depuis leurs sorties.

Oliviou
26/01/2020 à 19:15

Pas la moindre mention de Spielberg ? C'est vrai qu'il fait des plans séquences narratifs qui ne sont pas là pour en mettre plein la vue. C'est vrai aussi que la plupart de ses plans séquences sont invisibles pour le commun des mortels parce qu'il les camoufle. Des prises de 45 secondes, une minute, deux minutes, parfois plus, avec des mouvements de caméra complexes, des changements de point et de valeur de plan, et tout ça passe de manière aussi fluide que des séquences montées. Mais ça mériterait un article entier. Et il a quand même mis en place quelques plans séquences d'anthologie qui, eux, en mettent plein la vue : celui de Tintin, celui de la fuite en voiture dans la Guerre des Mondes, quelques séquences magistrales dans Minority Report... Seulement, il n'en fait pas un outil marketing, il n'en parle jamais en promo. Ça reste pour lui un outil de cinéma.

sylvinception
26/01/2020 à 16:05

Mendes et Innaritu sont vraiment des petits joueurs comparés à Cuaron et Fincher.

Supermanu
26/01/2020 à 03:40

Breaking the waves ce sont les années 90

Rorov94
25/01/2020 à 16:15

BUSHWICK sur NETFLIX avec Dave Bautista.
Film entièrement en plan-séquence.
SUBLIME.

Ray Peterson
25/01/2020 à 15:24

Je rejoins assez Ben sur son commentaire. Je trouve que le film de Mendès comme ceux de Cuaron ou Innaritu sont des films concepts. J'ai l'impression que c'est un peu un concours de qui a la plus grosse entre ces réalisateurs.
Techniquement c'est irréprochable (et je suis le 1er à saluer les efforts mis dans cette entreprise, notamment la photo de Deakins avec cette incroyable scène de nuit) mais ni le scénario et encore moins les acteurs m'ont convaincu.
Et l'intérêt d'un plan séquence c'est d'amener vers quelque chose de déclencheur ou un pic dramatique. Là, en plus d'être trafiqués (Hitch avait déjà trouver ces tours de passe passe) et donc d'éviter le plantage les plans séquences se dégonflent les uns après les autres sans, pour ma part, m'apporter une quelconque émotion surprise ou émerveillement.
Isolée un plan séquence a plus de force que plusieurs séquences continuent. Et c'est pour ça qu'on le retient d'ailleurs.
Pour finir, un plan séquence qui sert le film, qui amène un propos et qui permet en plus de gagner du temps et de l'argent au producteur et à toute l'équipe du film c'est celui de la soif du mal en prologue. Welles , lui, était un génie.

Glop
25/01/2020 à 14:34

Excellent dossier effectivement, et j'aimerais en profiter pour mentionner deux petits bijoux de l'iranien Shahram Mokri, "Fish and Cat" (2013) et "Invasion" (2018), deux films tournés intégralement en plan séquence, sans raccords numériques invisibles, brillants de maîtrise et dont le procédé sert habilement le propos.
"Fish and Cat" notamment, variation poétique et onirique du slasher, dont la répétition de certaines scènes au fil du récit (via un jeu de boucles temporelles assez lynchien) mais selon un point de vue différent en fonction de qui suit la caméra à ce moment permet au spectateur de mentalement se créer son montage en champ/contrechamp en se remémorant la même situation vue de l'autre point de vue plus tôt dans le film.
C'est assez hallucinant, je n'avais jamais expérimenté ça ; c'est du plan séquence qui autorise un montage mental et personnalisé, propre à chacun ; en plus d'interroger notre rapport à la temporalité.
"Invasion" use de procédés assez similaires cette fois dans le genre de l'anticipation dystopique pour livrer également une expérience saisissante (et là encore incroyablement millimétrée), un étourdissant ballet onirique.

Ben
25/01/2020 à 11:17

Le film de Sam Mendès qui n'est que de la poudre aux yeux technique à base de calculateurs numériques aura servit à quelque chose, qu'on reparle cinéma sur Écran large.

Le plan séquence ça ne consiste pas juste à avoir une séquence plus ou moins longue sans montage. Ça sert le récit. Son usage n'est pas de faire de l'épate ou de montrer sa maîtrise technique de la mise-en-scène. La plupart du temps, un plan séquence ne se remarque pas de suite, parce que justement, son utilité c'est de se faire oublier. Avec le plan séquence, on entre dans une autre dimension de la narration. Plus vraie, il y a une prise de risque à tous les niveaux. Les acteurs jouent vrai, s'engagent physiquement dans l'action, les effets spéciaux sont réels, les émotions sont exprimées dans l'action. Même si il y a plusieurs prises pour obtenir un résultat final satisfaisant, si il y a des répétitions avant, le plan séquence c'est du spectacle vivant, c'est donc plus proche de la vie qu'une suite de séquences montées.

C'est pour ça que lorsqu'il démarre on ne s'en rend pas compte parce qu'on est en prise directe avec ce qui se passe à l'écran. Et souvent quand il est terminé et qu'on revient à une narration moins réelle on se rend compte qu'il vient de se passer un truc.
L'idée de faire un film plan séquence empêche ça. On entre dans autre chose, la prouesse technique, et souvent au détriment d'une histoire intéressante ou de personnages fouillés.

Le plan séquence, c'est le top en matière de mise-en-scène. Et c'est d'autant plus vrai que depuis qu'on a inventé des lecteurs de supports qui permettent de décortiquer un film image par image.

Ces films comme Birdman, Gravity ou celui de Mendès sont des fac-similés - simulés - de cinéma qui emploient un terme - plan séquence - pour désigner autre chose - séquence numérique donnant l'illusion d'une continuité.

captp
25/01/2020 à 08:56

Super article, merci.
Mes plans les plus marquant son de Kubrick (les sentiers de la gloire, shinning, et un très beau dans eyes wide shut) et de brian de Palma dans pleins de film.
J'ai une affection particulière même si il n'a rien de ouf pour celui de Jacky brown avec la voiture qui va dans le terrain vague.
Par contre j'aime pas trop voir actuellement que le plan séquence est devenu un objet de com.toute la com de 1917 à été faite sur ça jusqu'à balancer un making of d'un quart d'heure de la fin du film 15 jours avant la sortie.

Gugusse 0
25/01/2020 à 06:52

Pour moi, l'un des meilleurs est celui des fils de l'homme. Celui où la caméra suite Clive Owen dans les décombres bombardés. C'est seulement à la deuxième vision que je me suis rendu compte du plan séquence. Donc la technique s'est mis non pas pour faire de l'épat mais au service du récit. Chapeau

Plus

votre commentaire