Jumanji : Next Level - Dwayne Johnson et sa bande ont-ils (encore) été plus rentables que Star Wars ?

Lino Cassinat | 2 mars 2020 - MAJ : 02/03/2020 13:02
Lino Cassinat | 2 mars 2020 - MAJ : 02/03/2020 13:02

Jumanji : Bienvenue dans la jungle était un méga-carton surprise rapportant plus de dix fois son budget. Next level est-il passé encore un niveau au-dessus ?

En décembre 2017 sortait Jumanji : Bienvenue dans la jungle, un genre de reboot très librement inspiré du concept du Jumanji avec Robin Williams, et dont le succès commercial fut aussi conséquent qu'inattendu. Que ce soit grâce au charisme de Dwayne Johnson, à la puissance de la nostalgie des fans ou à une date de sortie audacieuse, le résultat a été sans appel : avec 90 millions de budget (hors coûts marketing) et 962 millions de dollars récoltés dans le monde, le film a été un carton intégral à la rentabilité remarquable, alors même qu'il sortait une semaine après le mastodonte Star Wars : Les Derniers Jedi, qu'il a par ailleurs détrôné de sa première place hebdomadaire en trois semaines.

Un grand coup pour Sony, à la fois distributeur et producteur (via sa filiale Columbia), ainsi que les co-producteurs Matt TolmachDwayne Johnson et Jake Kasdan, et que la bande entendait bien répéter avec la suite Jumanji : Next level. Verdict ?

 

 

 

LE BUDGET

Selon Box-Office MojoJumanji : Next level aurait coûté 125 millions de dollars à Columbia (qui appartient à Sony), sans compter les coûts marketing.

C'est plus cher que le premier Jumanji : Bienvenue dans la jungle, qui a sorti 90 millions de billets verts, mais, comme pour son prédécesseur, c'est peu au regard du prix général d'un blockbuster, surtout calibré pour Noël. Fast & Furious : Hobbs & Shaw, l'autre gros film de Dwayne Johnson de 2019, avait, par exemple, coûté 200 millions de dollars, tandis que Star Wars : L'Ascension de Skywalker, concurrent direct de Jumanji : Next level, aurait coûté entre 250 et 300 millions de dollars d'après Forbes, soit le double au minimum.

 

photo, Dwayne Johnson, Kevin HartTu auras 125 et pas un radis de plus !

 

LE BOX-OFFICE MONDIAL

787,8 millions de dollars de recettes. C'est moins que le faramineux 964 millions de dollars de Jumanji : Bienvenue dans la jungle, et c'est également moins rentable : le premier film avait rapporté plus de dix fois son budget annoncé, tandis que celui-ci ramène 6,3 fois son coût de fabrication "seulement".

Pour autant, ce n'est ni très surprenant (les suites ayant historiquement tendance à moins bien marcher) ni très inquiétant : la rentabilité reste très élevée, proche du ratio de 6,7 de Black Panther et largement au-dessus du 3,9 de Star Wars : L'Ascension de Skywalker estimé par The Numbers. Et même en doublant ce budget avec les éventuels coûts marketing (introuvables sur Internet), et en partant au doigt mouillé sur un coût total de 250 millions de dollars, Jumanji : Next level serait assis sur un très confortable matelas de 538 millions de dollars.

Sur le plan symbolique, c'est là encore une victoire : c'est la 10e plus grosse recette de 2019, derrière (dans l'ordre croissant) Aladdin, Star Wars : L'Ascension de Skywalker, Joker, Toy Story 4, Captain Marvel, Spider-Man : Far from home, La Reine des neiges 2, Le Roi Lion et Avengers : Endgame. Eh oui, on vous a déjà dit ça le mois dernier pour Fast & Furious : Hobbs & Shaw, mais un mois plus tard, Jumanji : Next level lui a mis 27 millions de dollars dans la vue. Dwayne Johnson est donc plus fort en short qu'en voiture, et ça, c'est quand même la classe. Fast & Furious : Hobbs & Shaw Jumanji : Next level est désormais le plus gros succès de 2019 qui ne soit ni un film de super-héros, ni un film Disney.

S'il est moins spectaculaire que celui de son exceptionnel aîné, le succès de Sony avec Jumanji : Next level reste aussi indiscutable qu'impressionnant, même si, comme Fast & Furious : Hobbs & Shaw avant lui, il est le seul des dix plus gros chiffres de 2019 à ne pas avoir passé le milliard, et qu'il est loin derrière son plus proche concurrent Aladdin, qui a environ 263 millions de dollars d'avance.

 

photo, Karen Gillan, Jack BlackLes voitures, ça ne sert à rien

 

LE BOX-OFFICE DOMESTIQUE

311 millions. Comme la plupart des chiffres de Jumanji : Next level, c'est moins que son aîné, mais dans l'absolu et au regard du coût de fabrication, cela reste un excellent résultat. Jumanji : Next level s'est envolé dès son premier week-end d'exploitation avec 60 millions de dollars rapportés selon Deadline, un score bien au-dessus des analystes avant la sortie du film. Le film s'est par la suite retrouvé boosté par les congés de Noël et l'absence totale de concurrence sérieuse à part Star Wars : L'Ascension de Skywalker et a enchaîné trois semaines entre 65 et 75 millions de dollars.

Positionné comme une alternative plus jeune face à l'hégémonique (et polémique) Star Wars : L'Ascension de Skywalker, n'ayant rien à craindre d'un Playmobil, le Film, d'un Black Christmas ou d'un Cats conspué, et fort d'un Dwayne Johnson au sommet de sa popularité, Jumanji : Next level ne pouvait qu'être un royal numéro 2.

 

photo, Alex Wolff, Danny DeVitoQui c'est le meilleur P2 ?

 

LE BOX-OFFICE ÉTRANGER

477 millions de dollars récoltés en dehors des US. Même rengaine, c'est moins que son aîné, mais cela reste très impressionnant. On pourrait même dire que c'est le chiffre le plus intéressant de l'exploitation de Jumanji : Next level, car il ne s'agit pas d'un chiffre gonflé par le marché chinois (comme ce fut le cas pour Fast & Furious : Hobbs & Shaw par exemple), où la part des studios sur l'exploitation est beaucoup moins élevées que sur tous les autres territoires et qui est donc toujours très discutable.

Il vaut mieux bien marcher dans tous les territoires plutôt que faire un coup d'éclat en Chine et être ignoré ailleurs, et c'est précisément la force de l'exploitation de Jumanji : Next level. Les chiffres de Box-Office Mojo montrent que si la Chine se distingue avec 41 millions de dollars récoltés, elle reste deuxième derrière le Royaume-Uni et ses 46 millions. Ailleurs, Jumanji : Next level a bien fonctionné sur la plupart des territoires clés, avec 25 millions de dollars en Allemagne, 21 millions au Mexique, 31 millions en Australie ou 20 millions en Russie, preuve qu'il a marché partout où il est passé. Et la France a également apporté un soutien substantiel à ce moite et tropical genkidama...

 

photo, Dwayne Johnson, Karen Gillan, AwkwafinaPurée, même la France nous kiffe

 

LE BOX-OFFICE FRANÇAIS

... puisqu'avec 3,2 millions d'entrées et 25,5 millions de dollars récoltés par chez nous, La France est le deuxième territoire européen pour le film, derrière le Royaume-Uni (on parle d'Europe géographique hein, pas la peine de nous reprendre dans les commentaires) et le 5e territoire le plus important pour Jumanji : Next level, derrière l'Australie, la Chine, le Royaume-Uni et, évidemment, les US.

Et en plus, c'est aussi le seul territoire européen majeur à avoir fait plus d'entrées que Jumanji : Bienvenue dans la jungle, selon JP Box-Office. Et vu qu'à la rédaction on a plus aimé le second film que le premier, pas de doute, c'est la preuve flagrante que la France entière suit les recommandations d'Ecran Large. Merci, c'est sympa.

 

photo, Dwayne Johnson, Karen Gillan, Kevin Hart, Kevin Hart, Awkwafina, Nick JonasLa rédaction te remercie lecteur. Sauras-tu retrouver Simon Riaux et Geoffrey Crété sur cette photo ?

 

LE BILAN

En appliquant la formule à la louche de 60% du box-office domestique, environ 33% des revenus internationaux, et 25% des revenus chinois, Jumanji : Next level aurait rapporté dans les 356 millions de dollars à Sony sur son exploitation salles. Face au "petit" coût de production de 125 millions de dollars, l'investissement de Sony a clairement été rentable. Même en ajoutant d'éventuelles dépenses marketing (dont la somme est inconnue, mais qui oscille en général entre 50 et 100% du budget d'un blockbuster soit ici, entre 62 millions et 125 millions), Jumanji : Next level est dans le vert d'au minimum 100 millions de dollars, et plus probablement de 150 millions. Et l'exploitation vidéo du film n'a même pas encore commencé.

Il faut tout de même retrancher à cela les probables couloirs de recettes que Matt Tolmach, Dwayne Johnson et Jake Kasdan se sont sûrement ménagés via leurs sociétés de production respectives, toutes deux crédités à la production. Impossible cependant d'estimer quels ont été les pourcentages de chacun puisque ce type d'information est particulièrement secret.

 

photo, Dwayne JohnsonEt le premier qui conteste mon pognon peut venir me chercher

 

LES RAISONS

Les deux plus évidentes sont Dwayne Johnson et Jumanji : Bienvenue dans la jungle. Le premier est probablement l'acteur le plus populaire d'Hollywood à l'heure qu'il est (n'en déplaise aux Avengers, coucou Le Voyage du Dr Dolittle), et le second, s'il n'a pas laissé un souvenir impérissable à la presse à sa sortie (76% de critiques positives sur Rotten Tomatoes et une note de 58/100 sur Metacritic), il a néanmoins obtenu un excellent A- sur CinemaScore, agrégateur d'opinions publiques.

Jumanji : Bienvenue dans la jungle n'était donc pas seulement un gros succès financier, c'était aussi un film très apprécié de son public, et une suite ne pouvait échouer à moins d'un bouche-à-oreille négatif, ce qui n'a pas été le cas de Jumanji : Next level, qui s'est apparemment élevé à un niveau de qualité proche : 71% de critiques positives sur Rotten Tomatoes, un nouveau 58/100 sur Metacritic et un nouvel A- sur Cinemascore.

Cruelle ironie : en se basant uniquement sur les chiffres, Jumanji reste le moins apprécié des Jumanji, mal-aimé par la critique de l'époque. Rotten Tomatoes rapporte en effet seulement 54% de critiques positives, tandis que Metacritic lui a attribué un repoussant 39/100. Et on ne parle pas du critique star Roger Ebert, qui lui avait attribué à l'époque un cinglant 1,5/4.

 

photo, Dwayne Johnson, Kevin HartPas très sympa ce Roger

 

Pour en revenir à Jumanji : Next level, la date de sortie a également évidemment joué en faveur du film, la seconde moitié du mois de décembre étant toujours particulièrement cruciale pour les blockbusters... mais il a surtout profité des déboires de ses concurrents, et notamment d'un Star Wars : L'Ascension de Skywalker dont l'accueil a été très polarisé. Comme Jumanji : Bienvenue dans la jungle l'avait fait pour Star Wars : Les Derniers Jedi, Jumanji : Next level a rameuté les déçus de Star Wars : L'Ascension de Skywalker dans son giron. Parfois, il vaut mieux être le numéro 2.

Dernière raison : le marketing du film aurait été une réussite exemplaire, surtout auprès des adolescents. Deadline note qu'en plus des nombreux partenariats télé obtenus par le film, l'activité en ligne de Jumanji : Next level a été particulièrement forte, même pour un film de ce genre. La campagne promotionnelle a su être maligne, pléthorique et variée, mettant le paquet sur un public jeune (probablement moins réceptif à Star Wars de surcroît) avec des campagnes anti-harcèlement ou encore en ciblant plus particulièrement Snapchat et TikTok avec des contenus attractifs.

 

photo, Dwayne Johnson, Karen Gillan, Jack Black, Kevin HartLa carte de l'internet disait vrai

 

LES CONSÉQUENCES

Classiques de chez classiques : même si Jumanji : Next level a moins bien marché que Jumanji : Bienvenue dans la jungle, le coup a été tellement juteux qu'il faudra bien s'attendre à un troisième film, même si la licence montre déjà une baisse de potentiel. Dwayne Johnson de son côté renforce encore un peu plus sa popularité.

Pour Sony/Columbia, 2019 a fini en beauté, alors même que l'année avait déjà été particulièrement fructueuse pour le studio avec Spider-Man : Far from home, Once Upon a Time... in HollywoodRetour à ZombielandAngry Birds : Copains comme cochons ou Les Filles du Docteur March, qui ont tous rapporté chacun à leur échelle.

Il y a toujours les pots cassés Men in Black : International et Charlie's Angels, mais même eux sont parvenus à sauver les meubles. Sony n'est peut-être pas le Mario du jeu hollywoodien, mais il reste un excellent Luigi. Et avec déjà Bad Boys for Life sous le bras et l'arrivée de Venom 2, le niveau 2020 s'annonce lui aussi plutôt bien... pour peu que Bloodshot, Morbius et S.O.S. Fantômes : L'Héritage ne se plantent pas.

 

Affiche

commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction
03/03/2020 à 22:25

@Ixien

Le calcul de deux fois et demi le budget total est vraiment un indicateur approximatif, qui ne comprend aucun des détails (différence entre BO domestique et international par ex, ce qui peut être une très grosse différence).
La part laissée aux salles : c'est précisément ce qu'on dit avec les % côté domestique, international et Chine. Car cela varie considérablement selon le territoire.
Le budget marketing a explosé ces dernières années, et il a été sérieusement rapporté par des analystes américains respectés, avec des sources, qu'il était souvent bien plus élevé que la moitié du budget de production. Il a même parfois dépassé ce budget de production (notamment Jurassic World 2).

Ixien
03/03/2020 à 22:17

Vous vous êtes trompés concernant la rentabilité de Jumanji. Il n'y a pas un confortable matelas de 500 millions et quelques car les salles de cinéma doivent aussi manger ! Le box box-office d'un film indique l'argent généré par son exploitation et non l'argent revenant au studio. En général, on estime qu'il faut qu'un film fasse deux fois et demi son budget total (production et promotion) au box-office pour être rentable. Votre estimation du budget promotionnel est trop élevé. C'est en général la moitié du budget de la production (certainement un peu plus pour ce film). On serait aux alentours de 200 millions au total. Multiplier par 2,5 et vous avez un box-office minimal de 500 millions pour être rentable.

Soutien
03/03/2020 à 19:14

@Yo je te soutiens vive Star Wars IX !!

Simon Riaux - Rédaction
03/03/2020 à 14:45

@Yo

A nouveau, navré de vous décevoir mais il n'y rien qui coince avec votre opinion.

Vous vous adressez à nous, quand on peut en avoir le temps, on vous répond. Mais ça passe très bien, merci.

Yo
03/03/2020 à 14:41

Il y a un manque l'honnêteté de votre part , vous parlez d'indifférence polie , pourtant un poste traitant ouvertement Star Wars IX de "Daube" ne vous affecte pas plus que ça . Pourtant un post soulignant votre titre pointant (innocemment ?) Star Wars IX ça passe pas par contre ... bref je suis pas d'accord avec votre procédé que je trouve limite. je ne vous embête plus

Simon Riaux - Rédaction
03/03/2020 à 14:27

@Yo

Comme écrit précédemment, votre message a pu être supprimé par un bot ou un rédacteur. Je vous répondais, puisque vous vous adressiez à nous. Nulle volonté de ne pas assumer quoi que ce soit ici, juste de l'indifférence polie.

Toujours comme écrit précédemment, Star Wars n'est pas le sujet de l'article. On a autre chose à faire que s'acharner sur un film dont on a publié une des critiques les plus indulgentes dans l'Hexagone. Et comme vous le constatez, on n'a pas particulièrement de problème avec la contradiction. Ou l'agressivité.

Yo
03/03/2020 à 14:23

Je regrette , Il y a un acharnement manifeste sur star wars et mon message constructif avec un autre pseudo à été supprimé par votre sois disant "BOT" alors que mon message volontairement haineux contre star wars est passé comme une fleur ! Je me suis fais avoir en cliquant sur votre titre pensant que vous étiez passé à autre chose. ici c'est pas une connaissance du sujet c'est un plaisir de titiller les haters sur le net . Vous êtes l'huile de la toile dés que ça s'embrase c'est la fête pour vous, ce que je regrette profondément . Je voulais juste donner un avis que vous avez supprimé , une suppression que vous n'assumez même pas ! d'ou ma colère !

Simon Riaux - Rédaction
03/03/2020 à 14:17

@YO

Pas tout saisi à votre message mais concernant Star Wars et Jumanji, il n'y a aucun acharnement, juste une connaissance du sujet.

Le reboot de Jumanji a créé la surprise en étant plus rentable que Star Wars VIII (le film hein, pas le merchandising). C'était inattendu et d'un point de vue business, très intéressant. Nous en avions parlé à l'époque.

Donc logiquement, quand vient le moment d'un nouveau Jumanji, sortant lui aussi dans le sillage de Star Wars, la question se pose. Il n'y a là ni valorisation ni acharnement (et c'est le cas de le dire, puisqu'on a été bien plus dur avec les Jumanji que les Star Wars).

YO
03/03/2020 à 14:13

Dans quand je dis que vous vous acharnez gratuitement sur star wars dans l'actu avec un titre limite malsain c'est moins pertinent que de dire" Star Wars IX c'est une Daube" . Soit votre bot est intolérant soit vous vous moquez de moi . C'est carrément une honte !

Simon Riaux - Rédaction
03/03/2020 à 14:09

@YO

Si on effaçait les posts qui nous déplaisent, on n'échangerait pas si souvent avec des lecteurs ayant des critiques à notre encontre, et vous ne verriez pas tous les commentaires négatifs qui parsèment le site.

On a un bot qui efface les spams, et peut parfois faire du zèle et/ou un contresens.

Et on efface certains messages qu'on estime excessivement agressifs, insultants, violents intolérants, etc. Tant pour se mettre en conformité avec la loi française que veiller à ce que cet espace demeure un lieu d'échanges, même vifs.

Voilà.

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