Vin Diesel : de Riddick à ridicule, comment il est devenu sa propre parodie

La Rédaction | 21 mars 2020 - MAJ : 21/03/2020 19:40
La Rédaction | 21 mars 2020 - MAJ : 21/03/2020 19:40

La carrière de Vin Diesel a t-elle déraillé au fil des Fast & Furious et succès ?

2020 aurait dû être une grosse année pour Vin Diesel, avec Bloodshot le 25 mars et Fast & Furious 9 le 20 mai. Mais la pandémie de coronavirus est passée par là : le premier se vautre logiquement au box-office américain en quarantaine, tandis que sa sortie dans le monde a été repoussée, et le neuvième épisode de la franchise des bolides arrivera finalement en avril 2021.

Peu importe : c'est toujours le moment de parler de notre doux Vin Diesel, superstar autant aimée que moquée, qui est devenu en deux décennies un visage incontournable du cinéma hollywoodien. Capable du meilleur comme du pire, mais surtout du pire, il a eu une trajectoire peu ordinaire, perdant peu à peu ses lettres de noblesses au profit du succès grand public.

Retour sur cette carrière pas banale.

 

photo, Vin DieselThérapie de gestion de la colère face au coronavirus

 

PHASE 1 : IL FAUT AIDER LE SOLDAT DIESEL

Difficile de se souvenir qu'à l'origine, Vin Diesel était la petite révélation du cinéma indépendant américain, remarqué à Sundance. Comme Billy Bob Thornton avec Sling Blade, il a créé sa propre chance : il a réalisé, écrit et joué le premier rôle de Strays, l'histoire d'un dealer qui tente d'échapper à sa vie et tombe amoureux d'une fille, venue d'autres horizons. Conduire vite, porter sa famille, gérer son héritage, jouer sur la ligne entre gangster et bon citoyen : tout était déjà là, bien avant Fast & Furious.

Tourné pour 10 000 dollars, Strays sort en 1997 aux Etats-Unis, en toute discrétion. Avant ça, il avait aussi écrit, réalisé et interprété le court-métrage Multi-Facial, sur un acteur qui auditionne, et affronte les préjugés sur ses origines. Il a même créé sa propre boîte de production, One Race. Vin Diesel est ainsi apparu sur les radars, et notamment celui d'une superstar : Steven Spielberg.

Impressionné par sa prestation dans Strays, il lui écrit un rôle dans Il faut sauver le soldat Ryan, où il incarne l'un des membres de l'équipe de Tom Hanks. Il suffira de quelques scènes et d'une mort sanglante sous la pluie, pour officiellement lancer sa carrière hollywoodienne. Il a alors une trentaine d'années - loin du jeune éphèbe qui sort de l'adolescence.

 

photo, Vin DieselUn peu Fast, un peu Furious : Strays

 

La rencontre avec Spielberg peut sembler hasardeuse avec le recul, mais Vin Diesel en a encore récemment reparlé. A The National, il disait : "J'ai vu Spielberg récemment, et il m'a dit, 'Quand j'ai écrit ce rôle pour toi dans Il faut sauver le soldat Ryan, j'utilisais bien sûr l'acteur, mais je soutenais aussi secrètement le réalisateur en toi, et tu n'a pas assez réalisé. C'est un crime de cinéma et tu dois vraiment revenir à la réalisation'."

Dans la foulée, Vin Diesel participe à un autre noble projet : Le Géant de fer. Réalisé par Brad Bird, le film d'animation sera un échec à sa sortie, mais deviendra par la suite une référence. Il décroche aussi un rôle dans Les Initiés, face à Giovanni Ribisi, petit succès en salles.

Mais le vrai décollage se fera dans le noir, le sang et la violence : ce sera Pitch Black. Casté par David Twohy pour incarner Riddick, ce hors-la-loi aux yeux de lynx, Vin Diesel ne se doute pas qu'il a trouvé la clé du succès, et la clé de voûte de sa carrière. Ce film de science-fiction, où l'équipage d'un vaisseau se crashe sur une planète infestée d'horribles bestioles, est certes un succès en salles (plus de 53 millions, pour un budget officiel de 23), mais gagne surtout un statut de film culte en vidéo.

Riddick devait à l'origine mourir à la fin, avant qu'il ne soit épargné, et Fry bouffée à sa place. Peu importe que ce soit Twohy, Diesel ou Universal qui ait voulu modifier ça : le potentiel de ce anti-héros musclé a été perçu, en vue d'une suite. Il y en aura deux, et chaque épisode de cette petite saga illustre tristement et merveilleusement bien les paradoxes de l'acteur dans son évolution.

 

photo, Vin DieselLe meilleur rôle de Vin Diesel ?

 

PHASE 2 : FAST & FAMOUS

Être un héros, oui, mais pas n'importe quel type de héros. Comme Riddick et le héros de Strays, Dom Toretto et Xander Cage marchent sur la fine ligne entre l'homme de loi et le hors-la-loi, prêts à sauver la veuve et l'orphelin, mais aussi à parader en vrais rebelles face au gouvernement et aux autorités.

C'est le producteur Neal H. Moritz qui va chercher Vin Diesel pour le rôle du bad boy de Fast & Furious, après avoir casté Paul Walker, belle gueule de gendre idéal qui sort du succès The Skulls, société secrète. A l'époque, le studio veut Timothy Olyphant, qui refuse, et Moritz raconte qu'il a dû convaincre Vin Diesel de dire oui. Dans The Bill Simmons Podcast en 2017, il expliquait : "Je suis allé le rencontrer dans un restaurant et il n'était pas encore une star, mais ce qui est super avec Vin c'est qu'il a toujours pensé qu'il était une star. J'y suis allé en me disant qu'il venait pour avoir le rôle, et finalement c'est moi qui ait dû le convaincre de le faire !".

Sorti en juin 2001, le film de Rob Cohen est un carton : plus de 207 millions au box-office, pour un budget inférieur à 40. Vin Diesel est définitivement remarqué, et a gagné une place au rayon action, dans la sueur et la testostérone.

 

Photo Vin Diesel, Paul WalkerEn 2001, personne ne pensait que Fast & Furious 10 arriverait

 

En juillet 2001, alors que Fast & Furious est le succès de l'été au milieu de Le Retour de la momie, Lara Croft : Tomb Raider et Rush Hour 2, Vin Diesel surfe sur la vague. Et peu importe si quelques mois après sort Les Hommes de main (qui arrivera en France en 2003), qui passe inaperçu. L'acteur se voit offrir un autre rôle de bad boy, en solo cette fois, mais toujours avec le producteur Neal H. Moritz derrière : c'est xXx.

Le film est entièrement bâti sur lui, et le salaire explose d'un coup : 10 millions, selon la rumeur. Quatre fois plus que son cachet sur Fast & Furious. 100 fois plus que le budget de son premier film, Strays. L'argent n'est pas perdu puisque le film est un carton encore plus énorme que F&F, avec plus de 277 millions au box-office, pour un budget d'environ 90. Sachant que sa société de production One Race était impliquée, et qu'à l'époque il a refusé Daredevil pour xXx, Diesel avait un bon instinct, de toute évidence.

 

photo, Vin Diesel007, xXx, $$$

 

PHASE 3 : JUGEZ-MOI GÉNIAL

Que faire avec ce pouvoir ? De belles choses, ou du moins servir de bonnes ambitions, classiques pour tout acteur qui veut s'imposer et être complet. Son premier choix de puissant est donc Un homme à part de F. Gary Gray (futur réalisateur de Fast & Furious 8), un thriller qui se rêve Scarface, sur un policier qui venge la mort de sa femme, tuée par un baron de la drogue. Le film est lancé via sa boîte One Race. Le succès est timide, la critique aussi, mais l'acteur cherche clairement à marcher sur les terres du drame, sans renier l'action.

Et surtout, il en profite pour l'impensable : refuser 20-25 millions pour revenir dans 2 Fast 2 Furious, dont il n'aime pas le scénario, et préférer une suite à Pitch Black, qui ne va pas reproduire la formule mais aller bien au-delà. Vin Diesel est désormais bankable, et c'est pour cette raison qu'Universal, le studio derrière Fast & Furious, allonge plus de 100 millions pour Les Chroniques de Riddick. Il en empoche "seulement" une dizaine pour lui, et implique une nouvelle fois sa boîte, One Race (qui n'était pas sur Pitch Black).

 

photo, Vin DieselUn homme à part entière

 

Selon le réalisateur David Twohy, l'acteur a toujours senti que Riddick avait ce potentiel, avant tout le monde. En 2013, à Screen Rant, il racontait l'implication de Vin Diesel : "On passe des moments intenses de travail quand on prépare un film. Je vais dans sa maison, je m'assois sur le comptoir de la cuisine, et je lance des idées pour voir ce qu'il en pense. On a aussi en tête les ressources qu'on va avoir pour faire le film, combien d'argent, parce que ça détermine l'histoire qu'on va raconter. (...) Ça a toujours été un gars qui veut avoir son mot à dire."

L'ambition est énorme pour cet anti-Star Wars centré sur un anti-héros, qui projette un univers énorme où l'acteur est bien impliqué : il prête sa voix au film d'animation Les Chroniques de Riddick : Dark Fury, qui sert de pont entre Pitch Black et sa suite, et au jeu vidéo Escape from Butcher Bay.

Le film, qui mérite clairement d'être réévalué tant il est parmi les meilleurs de sa filmo, sera un sévère échec, le premier véritable de son ascension. Avec environ 115 millions au box-office, le constat est clair, et Vin Diesel touche une limite.

 

Photo Alexa Davalos, Vin DieselJack a dit : revoyez Les Chroniques de Riddick, c'est super

 

Mais il en faudra plus pour le déboussoler, à ce stade. Alors que xXx 2 est inévitable, il décide de ne pas en être, expliquant là encore que le scénario ne l'avait pas convaincu. A la place, il continue sa route à la Schwarzenegger, avec Baby-sittor, une comédie que personne n'aura bien sûr envie de comparer à Un flic à la maternelle. C'est son premier Disney, et le succès est au rendez-vous, avec près de 200 millions au box-office.

Et c'est là l'autre miracle de sa carrière : tourner Jugez-moi coupable avec Sidney Lumet, soit l'un des plus grands réalisateurs américains. La rencontre entre Vin Diesel et le cinéaste derrière Un après-midi de chien, Network, Le Verdict ou encore 12 hommes en colère, peut sembler étrange, mais pour l'acteur c'est un signe du ciel, comme il le racontait à RadioFree à la sortie : "J'ai commencé dans le théâtre new-yorkais il y a plus de 30 ans, et en tant qu'acteur new-yorkais, le rêve est d'être dans un film de Sidney Lumet, parmi quelques autres réalisateurs new-yorkais. C'était tellement un modèle.

Quand j'ai décidé de faire mon court-métrage Multi-Facial, après avoir passé des années à apprendre à écrire, et avoir travaillé comme acteur tout en étudiant, je ne savais pas du tout comment faire. Je suis allé acheter un livre, Making Movies, de Sydney Lumet. Et c'est là que j'ai trouvé la confiance pour réaliser mon premier court-métrage. La boucle est bouclée, 10 ans après, quand il voit ce film et pense à moi pour jouer Jackie DiNorscio."

 

photoJugez-moi pour une nomination aux Oscars svp

 

Dans un monde idéal, le film aurait été un succès, et aurait mis Vin Diesel sur la piste d'un Oscar pour sa performance. Il a pris 15 kilos pour incarner ce mafieux haut en couleur, connu pour s'être lui-même défendu dans le plus long procès de l'histoire des Etats-Unis. Mais Jugez-moi coupable sera un bide (moins de 3 millions, pour un budget de 16), et malgré beaucoup de critiques positives sur l'acteur, tout s'éteindra très vite. C'est encore un coup dur pour One Race.

Malgré ça, il ne perd pas le Nord : quand Universal lui demande d'apparaître dans Fast & Furious : Tokyo Drift pour booster la franchise qui s'est ramolie, et préparer son retour dans le quatrième opus, il accepte. Mais à la place d'un salaire, il demande à récupérer les droits du personnage de Riddick, pour lui et sa boîte de production.

Vin Diesel est à la croisée des chemins. Il parle depuis des années d'un retour à la réalisation avec un ambitieux projet sur Hannibal Barca, le général carthaginois notamment connu pour ses éléphants de guerre. Le film devient trilogie, le budget initial de 240 millions calme tout le monde, mais il s'y accroche. Il en rêve depuis 2002, et en parle encore en 2020.

Mais après ces échecs, priorité au business, et à la construction de sa personne publique. Il a déserté deux franchises en devenir (xXx 2 - The Next Level et 2 Fast & 2 Furious) mais va y revenir dans les années qui suivent, en prenant véritablement le contrôle de sa poule aux œufs d'or : Fast & Furious. Et cette question de contrôle sera de plus en plus importante, et vampirisante.

 

photo, Vin DieselÊtre ou ne pas être dans une merde : telle est la question

 

PHASE 4 : LE GROS PIC DE RIDDICK

Cette transition, c'est celle qu'a opéré Tom Cruise en visionnaire dès Mission : Impossible et qui fait office de modèle pour des comédiens tels que Diesel, ou Will Smith. Elle est d'autant plus pertinente qu'Hollywood, pas encore emporté par le génie marketing de Disney, bruisse déjà de ce qui deviendra la tendance ultra majoritaire du marché : la gestion d'univers, de sagas, de licences, bref de marques.

Toujours armé de sa société de production One Race, il va progressivement se désintéresser des films modestes ou risqués, pour en faire son vaisseau amiral, consacré à sa promotion et aux lancements de métrages déclinables à l'infini. Mathieu Kassovitz en fera les frais avec Babylon A.D., où la star va piétiner les ambitions artistiques du réalisateur et sa vision du roman de Dantec, jusqu'à prendre le contrôle du plateau (comme en témoigne l'ahurissant documentaire Fucking Kassovitz). Le film sera un échec industriel et artistique retentissant (dans les 70 millions au box-office... pour un budget officiel de 70), mais la machine est désormais bien rodée.

 

photo, Vin DieselVin carbure un peu au Diesel ici

 

Depuis Tokyo Drift, Universal a constaté la réponse extrêmement positive du public au caméo de l'acteur, et accepté d'en faire le moteur créatif de la franchise, qu'il semble seul capable de maintenir sur grand écran (il fut un temps envisager de poursuivre avec l'équipe du 3e volet, en DTV). One Race prend donc la main sur Fast & Furious 4, pensé comme un quasi-reboot réintroduisant le duo Dominic/Brian. Ce n'est évidemment pas un hasard si sur le territoire américain, le blockbuster est sobrement intitulé Fast and Furious, sans numéro aucun.

Plus orienté action, baston et bourrin que courses de voiture et milieu interlope, le film, s'il commence à causer famille à tout bout de champ est en réalité focalisé sur Diesel, coeur de ladite famille et centre névralgique du dispositif. Avec plus de 380 millions de dollars de recettes pour une mise de 85 millions, le film est un succès. Succès démultiplié avec Fast & Furious 5, qui tutoie les 650 millions de dollars, et n'en a coûté "que" 125. C'en est désormais fini de Vin Diesel comédien, l'artiste a opéré sa mue et va désormais tordre les projets pour qu'ils s'adaptent à lui, et non l'inverse.

 

Photo Paul WalkerPaul Walker, alors indissociable de Diesel dans la saga FF

 

Preuve en est avec Riddick, 3e chapitre d'une saga adorée et finalement maudite, par ceux-là même qui se battirent pour la sauvegarder. Depuis l'échec des Chroniques de Riddick, l'interprète jure que le héros reviendra et enjoint sa large communauté sur les réseaux sociaux à soutenir ce projet, afin d'obtenir l'aval du studio. On l'a vu plus haut, il en a désormais récupéré les droits, et discute d'égal à égal avec le réalisateur David Twohy. Ce dernier expliquait d'ailleurs à ScreenRant combien l'équilibre des pouvoirs avait changé au cours de la carrière de Vin Diesel.

« La question était de savoir combien de temps j'étais prêt à l'écouter. Sur le premier fim, pas bien longtemps. Je finissais par le couper et lui dire "bon, et si on tounait maintenant ?" (...) Et maintenant, nous en sommes rendus au point où le studio a été éjecté du processus créatif, et où cela se résume à nous deux, juste moi et Vin. »

 

Photo Vin DieselApocalypse gros

 

Malheureusement, Vin ne fait pas ce Riddick tant pour le personnage que pour lui. Quasi-remake du premier épisode, protagoniste tout puissant, seconds couteaux transparents écrits seulement pour le mettre en valeur, intrigues aux enjeux cruellement minces... Le producteur veut un véhicule pour son image, et pas un grand récit mythologique de SF. Le box-office s'en ressentira et malgré une mise raisonnable de 38 millions de dollars, personne n'estimera suffisantes les recettes de 98 millions de dollars.

Pas de quoi faire douter le chauve, qui sourit devant les 766 millions de dollars qu'amasse Fast & Furious 6. Le voici installé comme seigneur et maître d'une des franchises les plus populaires d'Hollywood, probablement la plus puissante au catalogue d'Universal. En apparence, le devenir nabab de Vin Diesel est assuré, et il est en passe de devenir un ambassadeur de franchises, mais en coulisses, la sortie de route n'est pas loin.

 

photoQuand Gérard Depardieu t'explique que le suppositoire à l'uranium est le secret du succès

 

PHASE 5 : LE DERNIER FLINGUEUR DE CARRIÈRE

On pouvait craindre que la mort de Paul Walker tue Fast and Furious. Mais non, seul le surmoi de Vin s'en est allé. Désormais unique mur porteur de la saga, pater familias ultime, il organise une promotion marathon, en apparence centrée sur le personnage de Brian, le deuil de Paul Walker, mais qui vise essentiellement à mettre en scène le combat de Diesel pour porter son héritage, sauver la franchise, et porter par-delà la mort le rêve de son meilleur copain.

Le succès panétaire et tonitruant du film paraît le consacrer au firmament, son (petit) rôle de Groot dans Les Gardiens de la Galaxie lui met un pied dans la mécanique Disney et Avengers... l'homme peut se convaincre qu'il est le patron des patrons, l'homme a pourtant déjà plusieurs échecs de lancement de franchises ou véhicules personnels à son actif. Le Dernier Chasseur de sorcières, bide jugé pour ce qu'il est à savoir un gros pâté de couenne ridicule, viendra encore enfoncer le clou. Et peu importe que l'artiste se réveille le temps d'Un jour dans la vie de Billy Lynn, son public n'est plus susceptible de se pencher sur un film d'auteur difficilement visible et formellement expérimental.

 

photo, Vin DieselUn film au poil

 

Autre franchise, autre loupé. Les chiffres de xXx : Reactivated ne sont pas ceux d'un flop, mais cette "performance" est due à la seule Chine, aux remontées de recettes incertaines et la volatilité encore trop affirmée pour qu'un studio base une licence dessus. Est-ce assez pour inquiéter le grand Vin ? Pas le moins du monde, et son usage des réseaux sociaux en témoigne avec "éclat".

Avec 100 millions de fans sur Facebook, l'acteur/producteur est devenu un média à lui seul, et prend souvent la main sur la communication autour de ses films. Axant toujours son discours sur sa "famille", ce clan créatif et humain dont il est à la fois le centre, le sommet et le coeur, il est une aubaine pour les studios, bien incapables de se garantir une si large audience, encore moins de s'assurer sa bienveillance. On a beau ignorer le détail des liens qui unissent légalement les réseaux sociaux de Vin Diesel avec ses films, mais avec l'écho dont la star bénéficie, il semble évident que cette corde ajoutée à son arc est d'une grande solidité.

Pourtant, la situation est loin d'être idyllique. Tout à son auto-célébration et à la gloire de Dominic Torreto, progressivement devenu un alter-ego, Vin ne parvenant pas à s'extraire de la franchise Fast & Furious et décidant de faire corps avec elle, il n'a pas senti le vent tourner. Délicatement, presque imperceptiblement, puis très franchement.

 

Photo Vin DieselXxX : De-activated

 

Présent dans la Fast Family depuis Fast & Furious 5Dwayne Johnson en est instantanément devenu un membre éminent, pour ne pas dire le plus puissamment aimé par les fans. Hyper-engagé physiquement, toujours partant pour de la castagne endiablée et quelques cascades qui sentent bon la roupette de buffle snacké, il est presque à lui seul la caution badass de la licence. Une raison à cela : si Johnson y viendra, il ne bénéficie pas initialement d'un contrat lui assurant que son personnage ne subira aucune humiliation ou défaite. Ces closes, qui touchent Diesel, puis Statham après lui, semblent de super jokers aux deux grands nigauds, mais contredisent l'essence du cinéma d'action.

Si obnubilé par la réussite et la domination de Dom, Diesel ne peut pas le laisser perdre. Erreur fatale, un des grands plaisirs du cinéma d'action, cristallisé par Die Hard, étant de voir un héros souffrir, chuter, pour mieux se relever. Et le seul protagoniste de premier plan à honorer cette équation dans Fast & Furious est désormais Dwayne Johnson. D'où une dispute très publique, au cours de laquelle, durant de longs mois, l'acteur au succès planétaire tancera et moquera Vin Diesel, pointant du doigt ses caprices, ses exigences, tandis qu'il phagocyte la marque FF pour mieux se l'approprier.

Il y parviendra avec Fast & Furious : Hobbs & Shaw, qui impose ses 760 millions de recettes, preuve indiscutable que si Johnson n'est pas encore la Fast Family à lui seul, il est parfaitement capable de tenir la franchise à bouts de bras. Ecarté par papa Vin du neuvième chapitre, Johnson attend désormais de voir lequel de ses deux rejetons musculeux préférera Universal.

 

photo, Jason Statham, Dwayne Johnson"Maintenant, c'est notre franchise, à nous, les vrais gros bras"

 

L'année 2020 devait être celle de la consécration de Fast Family, et celle d'un renouveau ultra-ambitieux pour Diesel. Fast and furious 9 se profilait en force, tandis que Bloodshot voulait rien moins que générer un univers étendu basé sur les comics Valiant. Programme fou, programme chargé, et énième tentative de pérenniser la maison mère en construisant une luxueuse dépendance. Signe un peu triste de l'auto-célébration et du mode de fonctionnement presque consanguin de la franchise, son nouvel antagoniste sera rien de moins que le frère de Dom, nouveau greffon qui indique que rien désormais ne pourra advenir dans cet univers qui ne soit un prolongement de son producteur/interprète.

Las, l'échec a encore pointé le bout de son nez. Quelques heures après que Super Diesel ait carrément mis au défi le coronavirusFast & Furious 9 était repoussé de 11 mois et Bloodshot condamné à la VOD après un démarrage minable, accompagné de critiques assassines. Après 11 mois d'attentes, et un surcoût marketing dangereux, Fast and Furious 9 pourra-t-il encore maintenir Vin Diesel au sommet du Valhalla hollywoodien, avant un Fast & Furious 10 qu'il tease déjà en deux parties ? Bloodshot va t-il lancer un univers étendu autour de l'acteur, qui ambitionne d'avoir ses propres Avengers déviants (chose amusante vu l'univers Valiant) ? Sa présence dans Avatar 2 est-elle le signe d'une nouvelle ère pour sa filmo ? Ce sont les questions à 100 millions de fans.

Dossier de Geoffrey Crété et Simon Riaux.

 

photo, Nathalie Emmanuel, Vin DieselStop ou encore ?

commentaires

Stibal
01/05/2020 à 08:04

bien vu l'article

Harold
30/04/2020 à 22:26

L'article est vraiment très bien construit. J'ai même découvert des choses sur l'article. En le lisant je me suis même dit que l'écrivain apprécie vraiment l'acteur, mais regrette le chemin qu'il emprunte vers toujours plus de moi je moi je. Selon moi, le cinéma c'est le 7ème art ce qui signifie que comme les autres art chacun le voit selon son angle de vue, sa subjectivité. Donc, il y a une réelle démocratie dans l'art bien que certaines œuvres peuvent être éclipsées par d'autres. Ce que j'apprécie avec les films de vin diesel et ce qu'il a fait avec fast and furious est que le niveau de spectacle est à son paroxysme. On voit des scènes d'action que l'on a jamais vu et bien que j'adore les films d'auteurs voir ce genre de n'importe quoi est cathartic. Espérons qu'il inspire d'autres personnes à faire ce qu'il fait car faut un sacré budget pour rendre ce genre d'action possible. Puis, il s'est fait tout seul, il sera rebondir. Courage et prenez soin de vous en cette période difficile.

saga10
24/03/2020 à 18:09

Le problème de la saga fast and furious, c'est bien lui, vampirisant tout, au point de rendre le spectacle beauf et bovin à force de se construire un rôle intouchable et ridicule. A l'époque de Paul Walker, se dernier contre balançais un peu çà, car il dégageait une vrai simplicité et honnêteté, mais maintenant la saga est devenue insoutenable, faisant de l'oeil au plus gros canard de l'écurie Steven seagal.

MadMcLane
23/03/2020 à 20:48

Je me permets de rebondir sur les commentaires, Diesel n'a pas la sincérité d'un Stallone ni l'auto dérision de schwarzi, je le trouve plutôt mauvais acteur avec un égo un peu surdimensionné, comme pas mal d'acteurs me direz-vous ! Mais c'est vrai que le genre gros balèze il reste pas grand monde pour nous offrir notre dose de bourre pif, mais à choisir je préfère largement me retaper les films d'uko the raid où de Donnie yen qui eux savent vraiment se battre!

Marc
23/03/2020 à 20:32

Dans PITCH BLACK Vin Diesel est parfait ! un autre acteur dans le rôle de Riddick ce ne serait pas le même film . Et Dwayne Johnson dans quel film il a marqué son empreinte aucun !
Pitch black est un chef-d'oeuvre et Vin Diesel pour moi Riddick c'est son meilleur rôle à ce jour.

prometheus
23/03/2020 à 17:50

Avec tous les steroides qu'il doit prendre, pas étonnant.

En leur temps, Schwarzenegger s'était largement accompli dans les concours de M. Univers, et Stallone est allé chercher son succès avec Rocky avant d'en devenir prisonnier.

Reste Dwayne Johnson, mais lui, vient d'un autre univers (catch) et semble avoir un certain sens du 2d degré.

Pat Rick
23/03/2020 à 17:19

"L un des derniers acteurs de Hollywood dans la veine de Stallonne et scwarzy."

Avec le charisme en moins et aucun 2nd degré.

andree
23/03/2020 à 15:18

Moi je l aime bien jai pas vuetous ces films..mais j aimaisPAULWALKER plus que tous

Bob
22/03/2020 à 18:36

Il a un melon pas possible vin diesel mais lui prends des risques et tourne avec les poids lourd de l'industrie contrairement à dwayne johnson même si j'aime bien les 2 acteurs

Dante
22/03/2020 à 00:42

Je l adore dans baucoup de c est roleais c est bien en riddick que je le préfère il est excellent dans ce role j'ai encore espoir de voir un jour riddick 4 furia . Et pour fast and furious il est excellent point et the rock personnage le plus aimé vous avez rêver ou quoi

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