L'Échelle de Jacob : 30 ans après, l'inspirateur de Silent Hill terrifie encore

Simon Riaux | 15 juillet 2020 - MAJ : 15/07/2020 17:12
Simon Riaux | 15 juillet 2020 - MAJ : 15/07/2020 17:12

Son fils est mort, la guerre du Vietnam l’a traumatisé : Jacob Singer en a gros sur la patate. Alors qu’il fait tout pour retrouver un semblant de vie normale, son quotidien est progressivement envahi de souvenirs ultraviolents de la guerre, ainsi que de visions démoniques terrifiantes. Vulnérable et rongé par la paranoïa, Jacob tente de comprendre ce qui lui arrive, alors que l’univers bascule chaque instant un peu plus dans la folie. Ce point de départ qui annonçait un thriller psychologique somme toute classique va pourtant nous offrir une épopée ténébreuse inoubliable. 

Ignoré à sa sortie et progressivement réhabilité, L'Échelle de Jacob est aujourd’hui un classique révéré des années 90. Mais comment cette inquiétante réussite a-t-elle pu passer inaperçue, et pourquoi est-elle aujourd’hui considérée comme une œuvre matricielle, à laquelle bien d’autres ont fait référence par la suite ? 

 

photo échelle de jacobUne petite piqûre de rappel ?

 

DU SNOBISME POUR JACOB 

Chaque époque a ses modes, ses schémas de pensées, lesquels peuvent volontiers se transformer en raccourci. Quand sort L’Echelle de Jacob, en 1990, il est de bon ton, au moins au sein de la critique, de regarder avec une certaine défiance les réalisateurs issus du milieu de la publicité et/ou du clip vidéo. Perçus comme des techniciens très aiguisés techniquement, mais proposant un cinéma plus volontiers clinquant que signifiant, ils sont souvent regardés de haut. 

Qu’importe que des entreprises telles que Propaganda Films aient permis d’éclore à des artistes tels que David Fincher, Michael Bay, Michel Gondry, Gore Verbinski, Zack Snyder ou encore Mark Romanek . La publicité incarne le grand Satan et le vilain capital. Quand sort L’Echelle de Jacob en 1990, son réalisateur Adrian Lyne est connu pour être un de ces jeunes loups, devenu célèbre grâce à Flashdance puis 9 Semaines 1/2, succès monstres, appréhendés comme de pures créations commerciales, aussi légères que divertissantes. Incarnation parfaite du grand vilain superficiel, le nouveau métrage de Lyne est l’objet d’un grand malentendu. 

Collant aux basques d’un vétéran traumatisé par le Vietnam, la mort de son fils et en proie à des visions cauchemardesques, le film multiplie les expérimentations plastiques, les effets de montage complexes, tout en tordant en tous sens une somptueuse direction artistique. Des choix qui l’éloignent du tout-venant de la production horrifique grand public (alors particulièrement mollassonne), et vont le faire passer pour un produit chichiteux, un peu creux, à l’esthétique post-moderne et toc. 

 

Photo, Tim RobbinsUn héros bien mal en point

 

Après des années de – grands – films sur le Vietnam, alors que son univers n’est pas foncièrement identifié, que le studio rechigne à vendre une production perçue comme trop sophistiquée pour son public, L’Echelle de Jacob ne peut obtenir les faveurs du public. Rassemblant 26 millions de dollars au box-office, pour un budget de 25 (hors promotion), le film est d’autant plus un échec que son auteur avait été jusque-là couronné de succès commerciaux. Il n’en bénéficiera pas moins auprès de ses rares spectateurs d’un spectaculaire bouche-à-oreille, lequel engendrera un succès souterrain, mais durable en vidéo. 

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commentaires

Cliff booth
16/07/2020 à 16:49

Vu au cinéma en 1991 , un choc ! J’ai mis un moment à retrouvé mes esprit au sortir du cinéma , mais attention, film dépressif , qui peut vous foutre un gros bourdon si vous êtes déjà en mode spleen , ça n’a rien à voir mais « la route » m’a fait le même effet , bref je suis pas spécialement fan d’Adrian Lyne, mais là le bonhomme s’est surpassé pour nous pondre un objet pareil , film horrifique a ambiance mélancolique et dépressive .C’est pour moi la bonne définition de ce long métrage très, très spécial.

Marc
16/07/2020 à 16:21

Birdy de Alan Parker et la Bo de Peter Gabriel sortie en salle en 1985

Marc
16/07/2020 à 16:18

A propos de BIirdy de Alan Parker avec Nicolas Cage et Mattiew Modine un chef-d'oeuvre histoire de deux potes après le Vietnam le personnage de Cage retrouve son pote Birdy dans un asile traumatisé par la guerre, le personnage de Cage relate l'enfance avec Birdy pour lui rappeler leur vie avant la guerre, je vous raconte pas la fin. Un film choc émouvant intense. je le conseil à ce qui l'on pas vu.

Marc
16/07/2020 à 13:35

@Davmey

Échelles de jacob un navet !? Un film qui a marqué à la sortie en salle pas un succès, mais les visions de cauchemar du personnage interprètait par R
Tim Robbins avait fait son effet . Le film nous raconte comme Rambo comme Birdy le retour des soldats de la guerre du Vietnam qui avait traumatisé la jeunesse Américaine. Un film qui a marqué le Cinéma .

Davmey
16/07/2020 à 06:51

Un navet ridicule qui a totalement usurpé sa réputation de film culte

Clams
16/07/2020 à 00:32

Et dire que je l'ai revu y a quelques années et que j'avais l'échelle de Jacobs comme tant d'autres de films en VHS. Le revoir en DVD (et d'autres) durant le confinement m'a fait du bien. Culte

fourtwo
15/07/2020 à 19:08

J'ai vu ce film sur le tard, il y a quelques années alors que le Fossyeur de Films y avait consacré un épisode. Je n'ai pas été déçu du tout.

Marc
15/07/2020 à 19:01

L'échelle de Jacob le retour du Vietnam décidément avait laisser des traces. Le role le plus marquant de Tim Robbins un film choc un cauchemar sur la folie de la guerre est les conséquences sur les soldats une descentes en enfer.

zetagundam
15/07/2020 à 18:18

@Moijedis

Où ai-je indiqué que je n'avais rien compris ?
C'est justement parce que le film est trop explicite qu'il ne tient pas debout car à vouloir brouiller les pistes à tout prix il s'écroule sur lui-même

Moijedis
15/07/2020 à 18:05

A zeta

Qu’est-ce que t’as pas compris ?
Le gars est au purgatoire durant tout le film et c’est tout y’a rien à comprendre .

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