Transformers : grosse saga débile ou grand spectacle génial et incompris ?

La Rédaction | 16 avril 2020
La Rédaction | 16 avril 2020

Transformers 3 : La face cachée de la Lune, à 21h05 sur W9

Saga à succès qui refuse de déposer les armes et veut continuer, Transformers mérite t-elle de l'amour complice ou du mépris catégorique ?

En 2007 sortait Transformers, film de Michael Bay avec Shia LaBeouf et Megan Fox, adapté de la série animée des années 80 et donc des jouets japonais, avec les fameux robots transformables en véhicules. L'idée était peut-être drôle sur le papier, mais le résultat a été plus que sérieux : une production DreamWorks (avec donc Steven Spielberg au générique), un budget de 150 millions pour un box-office de près de 710 millions au box-office.

La suite, intitulée La Revanche en 2009, a engrangé plus de 836 millions. Le troisième épisode, La face cachée de la Lune en 2011, a franchi largement le cap du milliard, tout comme L'âge de l'extinction avec Mark Wahlberg qui fera à peine moins en 2014.

Mais le cinquième opus, The Last Knight, a marqué une étape dans la franchise, avec un box-office bien en deçà des précédents films. Plus modeste, Bumblebee a confirmé cette tendance descendante en 2018. De quoi remettre en question l'avenir de la franchise, ou du moins la forme qu'elle prendra, puisque de nouveaux films sont développés.

 

photoMourir ? Jamais

 

Détestée ou adorée, preuve du génie du réalisateur ou démonstration de sa connerie affolante, monument du cinéma hollywoodien ou escroquerie mainstream, la saga a en tout cas marqué les esprits, et provoqué de vives réactions.

Retour sur quelques unes des raisons d'être conquis ou exaspéré par la chose.

 

photo, Shia LaBeoufShia LaBeouf fuit définitivement la saga après trois films

 

C'EST SUPER FUN

OUI. Bien sûr que c’est fun. Comment un film avec des robots géants, un scénario demeuré, des effets spéciaux numériques et physiques à la pointe et de grands acteurs humiliés par un metteur en scène pétris de cynisme, pourrait-il ne pas être fun ?
 

Parce qu’il fait s’entrechoquer à une vitesse supra-luminique des éléments qui n’ont a priori aucun rapport, avec une énergie disproportionnée et un sens de la mesure qui brille par son absence, Bay offre un spectacle qu’on aurait tort de considérer comme relevant des blockbusters lambda. On l’a souvent décrit comme incapable de respecter les règles élémentaires de la gestion de l’espace, mais un rapide retour sur sa filmographie permet de voir combien il a choisi de la violenter pour générer un espace de divertissement à nul autre pareil. Une sorte d’orgie roborative de fun. 

 

photo, Megan Fox"Megan, là tu joues l'émerveillement, lêve la tête et... ouais voilà ça ira"

 
NON. En fait, sur le papier, il y a clairement un potentiel énorme pour réaliser quelque chose de fun, plaisant à regarder et surtout hyper-divertissant : une planète à sauver, une humanité à protéger, des robots extraterrestres, des affrontements dantesques... Mais au final, le scénario est tellement merdique que tout le potentiel fun disparaît.
 
On se retrouve avec un truc sans queue ni tête, hyper manichéen, et des personnages totalement inutiles. Tout ça est traité avec un premier degré et un haut sens de la niaiserie qui donne régulièrement envie de vomir entre deux migraines ou siestes. Même les autobots ne sont pas cools et manquent de personnalité. Entre une mythologie aussi simplette que faussement enrichie et complexifiée à chaque épisode, et des relations superficielles et pas attendrissantes entre les humains et les robots (ce qui était tout de même le pari du premier film), la saga a tourné en rond, se répétant sans cesse, et créant de nouveaux personnages en boucle pour assurer les mêmes missions de potiches-soldats-héros-copain ou copine de.
 
La seule chose sympa dans les Transformers, c'est le thème original composé par Steve Jablonsky.

 

photo, Shia LaBeouf, John TurturroJohn Turturro Transformers : une image étonnante

 

C'EST SUPER SPECTACULAIRE

OUI, PARCE QUE MICHAEL BAY MAÎTRISE. Bay a fait du spectaculaire, de l’explosion à outrance et de l’orgie pyrotechnique son credo. L’histoire n’est qu’un prétexte afin de laisser libre cours à une folie dévastatrice sans précédent. Jamais un réalisateur (auteur ?) n’avait poussé la jouissance de la destruction à un tel degré d’excitation.
 
D’un point de vue technique, sa folie est totalement maitrisée de bout en bout. Le public sait à quoi s’attendre en embarquant sur Bay Compagnie. Que l’on déteste ou non ce qu'il incarne, force est de constater que son travail est d’une efficacité remarquable. Il n’y a qu’à voir les making of de ses Transformers pour voir à quel point tout y est réglé au millimètre et à la seconde près. Le travail fourni y est énorme, que l’on y soit sensible ou non. Le chaos représenté à l’écran est à la hauteur de l’investissement et de l’application du cinéaste. Un travail d’orfèvre à grande échelle : Michael Bay est un chef d’orchestre de l’apocalypse au cinéma.
 
 

Photo Mark Wahlberg, Transformers 4Michael Bay et Mark Wahlberg : deux mâles et des carrosseries

 
 
OUI, MAIS NON EN FAIT. Certes, Michael Bay maîtrise l'exercice pyrotechnique. Il articule ses scènes d'action avec efficacité, évitant en grande partie les pires tendances du genre pour emballer des séquences solides, grâce à un découpage et un montage précis. Manque néanmoins un sens de la mesure et de l'équilibre : grands films de la saturation à tous les étages, les Transformers étirent les courses poursuites, les fusillades et les cascades à un rythme effréné, comme si l'objectif était de tester les limites de la persistance rétinienne et de l'humidification des yeux.
 
Mais comme le spectaculaire ne repose pas uniquement sur la dimension et l'avalanche des effets, les films se heurtent systématiquement à un mur - qu'on pourra appeler scénario, personnage, ou plus simplement cinéma. La saga ressemble alors à une gigantesque réaction en chaîne, où l'action entraîne l'action, encore et encore. Difficile de reprendre sa respiration pour savourer la destruction d'un immeuble quand le héros enchaîne avec un combat contre des militaires, eux-mêmes attaqués par des robots géants, eux-même attaqués par des robots géants. Entre l'orgasme ultime et le mauvais coup perprété par un ado surexcité, il n'y a qu'un pas.
 
 

PhotoTransformers : une thérapie comportementale pour Michael Bay

 

C'EST SUPER WTF

OUI ET TANT MIEUX. Libre à tout un chacun de s’arrêter devant le mauvais goût affiché des Transformers, de se détourner de ce monument de néant frénétique. Toujours est-il qu’entre un robot aspirateur aux testicules géantes, des jumeaux blacks bien racistes sur les bords, des robots fumeurs de cigares robots (sic), des dino-bots, des chevaliers bots et des dragons-bots, la saga s’est petit à petit muée en un gloubi-boulga tellement absurde qu’il en devient fascinant.
 
 
photo

Allégorie de Michael Bay qui chevauche le public avec son glaive phallique

 
 
OUI ET J'EN PEUX PLUS. A l'origine on a rien contre les films débiles, au contraire : on aime ça, ça nous fait marrer et on en regarde régulièrement. Mais quand c'est la base d'une saga entière qui n'arrive même pas à respecter son postulat de départ, on n'est plus d'accord. Cinq films WTF dont la durée n'est jamais en-dessous des 2h20, c'est plus du WTF, c'est de la torture pour nos neurones.
 
Si l'on cherche à dégager une ligne claire de la saga, on risque d'avoir sacrément du mal (oh des dinosaures, ah des nazis, hey des chevaliers) alors qu'au fond, chaque film nous raconte la même chose que le précédent. On en ressort épuisé, avec la désagréable impression d'avoir été pris pour un imbécile à qui l'on donne juste ce qu'il veut voir (ou ce qu'on lui vend comme tel), sans aucun souci de cohérence globale, et c'est un peu fort de café. En fait, Transformers, c'est comme un (mauvais) porno, mais avec des robots.

 

photo, Megan FoxLe rôle de la vie de Megan Fox

 

C'EST SUPER PRO-AMERICAIN

OUI, MAIS EST-CE UN PROBLÈME ? Plus que patriote, le cinéma de Bay est un fantasme fasciste enduit d’huile de pop corn. Valorisation sans limite d’une virilité à l’ancienne, pornographie militaire de chaque instant, glorification du soldat (quand bien même il ne sert jamais à rien dans la mécanique narrative), mise en avant des symboles nationaux : tout cela concourt à un discours d’autant plus puant que Bay affiche régulièrement son mépris pour ses personnages cultivés ou intelligents, ou tout simplement sophistiqués. Sauf que comme toujours, les défauts du cinéma de Bay sont poussés si loin qu’ils finissent par se court-circuiter, jusqu’à devenir une pièce-montée dénuée de sens et potentiellement hilarante. 

 

photo, Nicola Peltz, Mark WahlbergL'homme, la famille, l'Amérique : by Michael Bay

 
EVIDEMMENT. Difficile de reprocher aux Transformers d'être des films américains pro-US. Après tout, ce ne sont pas les seuls films hollywoodiens dans ce cas-là. Non, en fait le vrai problème c'est ce que tout est dirigé par Michael Bay et forcément l'ensemble déborde de Bay-attitude. C'est machiste, sexiste, moraliste...
 
Comme le mec est égocentrique, il s'auto-cite dans toute la saga : le gamin qui crie qu'Armageddon est génial dans le 1, le poster de Bad Boys II dans la suite. Bay se permet même d'intégrer des plans de ses précédents films pour certaines séquences d'action. A vomir quoi.
 
 

photo, Nicola PeltzBlonde #6 de Transformers 

 

C'EST SUPER LONG 

OUI ET C'EST EXASPÉRANT. Premier Transformers : 2h24. La Revanche : 2h31. La face cachée de la Lune : 2h35. L'âge de l'extinction : 2h46. The Last Knight : 2h29. Bumblebee : moins de deux heures, merci.
 
Qu'est-ce que peuvent bien raconter Michael Bay et son armée de scénaristes, qui exige à chaque fois dans les 150 minutes ?
 
La réponse est une énigme tant chaque film s'étire de manière absurde, au-delà de tout bon sens. Certes, celui qui adore sera comblé, et consommera ce morceau gras avec un enthousiasme non dissimulé. Les autres, en revanche, souffriront : même l'amateur de blockbuster, prêt à encaisser le choc, pourra vite être plongé dans un état de léthargie face à une odyssée qui balaye la plupart des outils du cinéma (personnages, cohérence psychologique, narration, enjeux dramatiques) pour se concentrer sur l'ACTION. Peu importe si l'action est bien plus belle, grandiose et folle lorsqu'elle raconte véritablement quelque chose.
 
OUI ET TANT MIEUX. Plus c’est long, plus c’est bon.
 
 

Photo Rosie Huntington-WhiteleyQuand Megan Fox se transforme en Rosie Huntington-Whiteley : la magie Michael Bay 

 

C'EST TOUJOURS PAREIL 

OUI, ET C'EST AUSSI POUR ÇA QUE ÇA FONCTIONNE. Tous les goûts sont dans la nature. Peu importe le réalisateur, qu’il soit acclamé ou obscur, le spectateur pourra toujours avoir à redire. Tarantino ? Rien de nouveau, que du réchauffé, du pompage du cinéma italien des années 70 en passant par les westerns-spaghettis ou directement copié sur Scorsese. Woody Allen ? De l’enculage de mouches emballé dans de la comédie de mœurs pour bobo. Terrence Malick ? D'une prétention foireuse pour intello-snobinard. Même les plus grands ont leurs détracteurs et ne peuvent faire l’unanimité.
 
 

Photo Rosie Huntington-Whiteley, Shia LaBeoufCe mystère, épisode 3

 
Concernant Michael Bay, un engagement aussi extrême dans la surenchère d’effets spéciaux peut sembler redondant, surtout à l’heure où le blockbuster monopolise le marché. Ce qui est reproché à Bay : sa mise en scène est aussi impressionnante que son scénario est vide. Réponse de ses fans : "La ferme, on n’est pas venu pour ça !"

C'est ce qui fait la force des Transformers. C’est comme le McDo : on connait exactement le goût, la texture, ce qui nous sera servi sur le plateau, mais une visite de temps en temps chez Ronald fait du bien. Attention à ne pas trop s’y rendre, de peur de frôler l’indigestion. Chaque réalisateur a sa propre marque de fabrique, son style qui peut séduire certains comme rebuter d’autres. Pourquoi changer ? Le public était jusque là toujours fidèle aux rendez-vous ! Michael Bay ne fait pas des Transformers pour la critique, il le fait pour les gens qui viennent payer leur place de cinéma avec des attentes précises. Et si le cinquième épisode existe, c'est bien parce que le public a donné de son temps et son argent pour s'en assurer.
 
 

photoAlors qu'on veut juste du gros dino

 
 
OUI, ET C'EST POUR ÇA QUE C'EST DEVENU DÉSAGRÉABLE. Est-ce un hasard ? Après un démarrage tiède aux box-office américain (44 millions : le pire de la saga, inférieur au premier épisode), The Last Knight semble destiné à être un petit flop comparé au milliard de recettes attendu. Michael Bay pourra blamer la critique, la concurrence, le calendrier solaire ou les OGM : le public a le dernier mot et prouve chaque année sa capacité à agir en toute liberté.
 
La relative indifférence dans laquelle le cinquième film est sorti est donc un message de lassitude. Après cinq films en dix ans, la saga a certainement perdu de sa valeur, devenant non plus un événement en matière de blockbuster mais un rendez-vous attendu et incontournable. Mark Wahlberg a beau avoir pris la relève de Shia LaBeouf, les budgets ont beau augmenter à chaque film (217 millions pour The Last Knight, 210 pour L'Age de l'extinction, 195 pour La Face cachée de la Lune, 150 pour le premier), l'excitation du public s'est déplacée. Le fait que la série ne cesse de rejouer les mêmes scènes, avec de simples variations à chaque fois, n'aide pas.
 
 

Photo Mark WahlbergPose sérieuse #17

 

C'EST DES CASTINGS IMPROBABLES 

Il sera possible de remercier ou maudire Michael Bay pour avoir révélé Megan Fox et participé au craquage cosmique de Shia LaBeouf, dont une partie de l'âme a péri avec la saga. Impossible néanmoins de ne pas remarquer l'attrait de la franchise sur un certain nombre d'acteurs prestigieux : Jon Voight et John Turturro dans le premier, Frances McDormand et John Malkovich dans le troisième, Stanley Tucci dans le quatrième, Anthony Hopkins dans le cinquième. Lors de sa tournée promo pour les Oscars, Isabelle Huppert a même récemment déclaré qu'elle ne serait pas contre participer à l'aventure.
 
Le syndrôme n'est pas inédit : Marvel a su attirer des acteurs improbables, de Robert Redford à Glenn Close en passant par Michael Douglas et Natalie Portman. En ça, Transformers occupe une place phénoménale sur le marché. C'est suffisamment clair, comique et effrayant pour être remarquable.
 
 

Photo Anthony HopkinsLe visage du désespoir éclairé par Michael Bay

 

C'EST JUSTE DE LA PUB DE MERDE

C'est un fait à Hollywood : si on veut monter un gros film, il faut des partenaires financiers. Et c'est pour cela que le placement de produits existe, comme un échange de bon procédé. De la pub déguisée certes mais qui ne nous gêne pas quand elle permet de boucler un budget et qu'elle ne prend pas le pas sur le reste.
 
C'est évidemment l'inverse qui se produit dans la saga Transformers puisque, outre ses films, Michael Bay est aussi un gros pubard qui doit honorer ses nombreux contrats. Du coup, ses films deviennent de grosses pages de pub honteuses, le pompon revenant évidemment au quatrième épisode qui s'arrête le temps d'une réclame pour la Budweiser ou Bose et truffe son combat final de marques qui parasitent l'ensemble déjà bien fouilli. Bref, une horreur. 
 
 

Photo BumblebeeFlagrant délit de te prendre vous un veau

 

C'EST LA PREUVE QUE MICHAEL BAY EST UN GRAND

Sans doute les Transformers ne sont-ils pas les meilleurs films de leur auteur, qui a signé quelques films plus intenses et intéressants, avec Rock, Armageddon, Bad Boys II ou No Pain No Gain. Mais pour parvenir à tenir le haut du pavé hollywoodien cinq films d’affilée, sans jamais s’inquiéter du scénario, ni des personnages, il faut être plus qu’un artisan du divertissement de masse.

Il faut être un puissant cinéaste, capable de composer des images et orchestrer des montages à la puissance cinétique sans pareil. On peut considérer les Transformers comme un immense gâchis du phénoménal talent pyrotechnique du réalisateur, mais ils témoignent en creux de la force des images qu’il compose.

 

PhotoOups, I did it again sans scénario

commentaires

Aragorn59
19/04/2020 à 19:09

Oups.. Dsl pas mon niveau mais mon avis
Pour mon niveau je fais de mon mieux !

Aragorn59
19/04/2020 à 19:01

Le premier est franchement sympa
A partir du 2 on rentre dans du n importe quoi a la limite de la pornographie numérique
Seul le 3 relève ( un peu ) le niveau
Quant aux 4 et 5 ... vous aurez compris mon niveau.
J ai en revanche adoré bumbelbee... ah oui zut c est pas bay qui réalise...
.

D@rk
19/04/2020 à 18:57

L'industrie hollywoodienne le considére comme une pompe à fric. Il est payé 45 millions de dollars par film. Il a une fortune estimée à 430 millions de dollars. Il pourrait réaliser des films radicalement différent "et il en a les moyens", mais il ne le fait pas ? Pourquoi ?
Pour moi, ce "réalisateur | producteur" reste une énigme.

Rudy Mako
19/04/2020 à 03:19

Saga incomprise.

ComprendsPas
18/04/2020 à 09:44

L'un des grands mystéres des trois premiers films, voire même l'élément le plus irréaliste de la série : comment un nabot tel que Shia Laboeuf réussi à se taper des bombasses tels que Megan Fox puis Rose Huntington-Whiteley ?

Marvelleux
17/04/2020 à 14:30

Le premier est bien. Saga incomprise.

Luigi
17/04/2020 à 11:57

En cette période, arriver à se taper toute la saga, c'est être immunisé contre l'épilepsie !

Galt
17/04/2020 à 09:30

Y'en a eu 5 ???

Flash
17/04/2020 à 08:02

J'ai vu que les deux premiers, ça m'a pas donné envie d'aller plus loin. J'ai juste le souvenir d'un petit robot qui se frotte sur la jambe de Meggan Fox. Donc, je vote : saga débile.

amds films
17/04/2020 à 03:24

entre les deux

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