The Evil Within 2 ou l'art de marier les références de l'horreur

Jacques-Henry Poucave | 4 octobre 2017
Jacques-Henry Poucave | 4 octobre 2017

Quand Shinji Mikami a annoncé qu’il se consacrait à une nouvelle saga horrifique intitulée The Evil Within, le cœur de nombreux joueurs n’a fait qu’un tour. Après un premier jeu à l’univers extrêmement dense, voici que The Evil Within 2 se prépare à nous terrifier pour Halloween.

Attendu dès le 13 octobre prochain sur PC, Playstation 4 et Xbox One, The Evil Within 2 s’est déjà dévoilé dans plusieurs trailers, laissant encore l’intrigue dans les ténèbres, mais révélant nombre de phases de gameplay, d’ennemis aux chairs suppliciées, et d’environnements inquiétants. L’effroi s’annonce une nouvelle fois très présent au cœur de ce terrible cauchemar, dont chaque recoin recèle de nouvelles horreurs.

Et pour qui goûte le cinéma de genre ou les survival horrors, l’univers déployé sous nos yeux recèle quantité de familières abominations. L’occasion était trop belle de passer en revue quelques unes des influences de The Evil Within 2.

 

 

J-HORROR FOR THE WIN

C’était déjà une des réussites esthétiques du premier opus, à savoir le mariage entre les putrescences des survival classiques et les incarnations de l’horreur japonaise, telle que les a popularisées Ring de Hideo Nakata. Une nouvelle fois, on retrouve ces silhouettes longilignes, ces cheveux de geai et ses yeux révulsés venus hanter nos nuits et celles de l’inspecteur Castellanos.

 

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Sadako a l'air un peu vénère

 

À noter qu’il n’est pas ici question de reprendre simplement les visions issues de The Grudge ou Ring, mais bien de les hybrider avec les monstruosités auxquelles les classiques du jeu vidéo nous ont habitués. En témoignent ces chairs putrescentes, ces corps mutants, qui ne dépareilleraient pas sur le premier zombie venu et qui permettent de mêler l’effroi typiquement japonais à la nausée initiée il y a bientôt un demi-siècle par George Romero.

 

 

AMERICAN BAD DREAM

Les mouvements précipités des créatures qui hantent Union, les formidables saccades qui agitent leurs improbables anatomies… Ces gestes heurtés, dissonants, reconnaissables entre mille, on les doit au terrible L'Échelle de Jacob d’Adrian Lyne, dans lequel un Tim Robbins de retour du Viêtnam découvrait un monde sur le point de basculer dans une hallucinante horreur.

De même, les tentacules, jambes et bras luisants, distendus, évoquent clairement deux sommets de l’horreur, où les anatomies se tordent, et où des êtres inimaginables prennent soudain vie sous nos yeux.

 

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Une caméra qui fonce à travers les bois vers un châlet... cela ne vous rappelle rien ?

 

En effet, impossible de ne pas penser à Possession de Zulawski ou encore au Festin nu de Cronenberg, qui recèle entre deux paradoxes et shoots énervés des visions de mutations parfaitement inoubliables. Pareillement, le culte aperçu dans les trailers et son leader évoqueront à beaucoup le plus Lovecraftien des films de John Carpenter, L'Antre de la folie, où Sam Neill affrontait une secte démoniaque centrée sur les oeuvres d'un écrivain déchirant le réel.

Enfin, on aura retrouvé avec The Evil Within et prochainement sa suite une mobilité de la caméra très appréciable et souvent virevoltante lors des séquences narratives. Il s’agit d’une influence appréciable et pourvoyeuse de pics d’adrénalines, qui provient directement d’un classique du cinéma américain, directement évoqué au détour d’images forestières dans les derniers trailers de The Evil Within 2. Nous parlons bien sûr d’Evil Dead, dans lequel Sam Raimi faisait de sa caméra un véritable protagoniste précipité à l’assaut du plan.

 

Image Photo Evil Within 2

Il y aurait bien un peu de Prince des Ténèbres dans cette image 

 

BACK IN THE GAME

Shinji Mikami l’annonçait lui-même il y a peu, The Evil Within 2 se rapprochera volontiers du tout premier Resident Evil. Des déclarations évidentes quand on découvre les nouvelles images sur lesquelles les bandes-annonces ont levé le voile. Bâtisses ténébreuses, couloirs interminables, tapisseries vieillies… Il y a du manoir claustrophobe dans l’air.

Mais la force du réseau d’influences et de références tissé The Evil Within 2 tient aussi à sa capacité à retravailler et sublimer les qualités d’autres classiques du genre. Ainsi, Silent Hill est malheureusement de l’histoire ancienne, mais tout indique que The Evil Within 2 sait reprendre ici et là un peu de la matière brute qui fit sa gloire.

Enfin, la grandiloquence baroque de certaines créatures gigantesques, la volupté sanglante de plusieurs concepts dévoilés ici et là, rappellent clairement les ambitions d’un Parasite Eve, dont on craignait de ne jamais retrouver la grâce torturée.

 

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Parasite Eve anyone ? 

 

Bien plus qu’un patchwork, c’est à une réunion horrifique inédite que se propose de nous inviter The Evil Within 2. En effet, avec ses moyens, son esthétique d’une richesse impressionnante, le dernier songe sanglant de Shinji Mikami nous promet un grand huit infernal d’une folle ambition.

 

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