Retro gaming : pourquoi Mass Effect reste un jeu fantastique, fascinant et incontournable

Geoffrey Crété | 24 mars 2017 - MAJ : 01/02/2020 13:18
Geoffrey Crété | 24 mars 2017 - MAJ : 01/02/2020 13:18

Parce qu'il n'y a pas que le cinéma dans la vie, et que le jeu vidéo a toujours été cousin du septième art, Ecran Large revient avec nostalgie et envie sur quelques amours passées sur console. Après Dino Crisis Mass Effect.

Qu'il soit ou non à la hauteur des espoirs, Mass Effect : Andromeda rappelle une chose : la trilogie Mass Effect est un monument dans la galaxie des jeux vidéo. Peu importe qu'elle ait provoqué la colère ou l'indignation des fans lors de sa conclusion controversée. La franchise du studio BioWare a marqué les adaptes de science-fiction en les entraînant dans une aventure follement majestueuse, trépidante et passionnante, qui demeure encore fabuleuse des années plus tard.

Et tout a commencé dès le premier épisode, sorti en 2007.

  

 

DANS UNE GALAXIE LOINTAINE, PAS TRES LOINTAINE

Mars n'a pas ouvert les portes de l'enfer de Doom mais une porte des étoiles à la Stargate. La découverte en 2148 des ruines de la civilisation prothéenne sur Mars a offert à l'humanité une technologie incroyable, qui rend possible le voyage au-delà de la vitesse de la lumière. Dans la foulée, l'identité réelle de Charon, satellite finalement pas très naturel de Pluton, est révélée : c'est un relais cosmodésique, vestige technologique des Prothéens qui permet de se déplacer rapidement vers un autre point de la Voie lactée. L'Homme est entré dans une nouvelle ère.

Réunie sous le nom de l'Alliance, l'humanité rencontre ses lointains voisins extraterrestres, organisés en une gigantesque communauté régie par une station spatiale appelée la Citadelle. Ce puissant centre politique est dirigé par le Conseil, composé d'aliens, qui désigne notamment des agents capables d'agir au-delà des lois pour maintenir l'ordre dans leur monde : les Spectres.

 

Photo Bienvenue dans la Citadelle, centre de la trilogie

 

Mass Effect commence plusieurs décennies après que les yeux de l'humanité se soient ouverts sur l'univers. Malgré sa relative jeunesse et une réputation peu noble, l'Homme a gagné une place au sein de la Citadelle, nourrissant les nombreuses tensions au sein d'une communauté déjà déchirée par le racisme et un passé commun douloureux.

En coopération avec les Turiens, l'une des races les plus puissantes de la communauté, l'Alliance a construit un vaisseau expérimental appelé le Normandy. L'histoire commence à son bord, aux côtés du commandant Jack Shepard, envoyé sur Eden Prime pour enquêter sur un nouvel artefact prothéen découvert par une colonie humaine. C'est le premier pas dans ce qui deviendra une guerre pour la survie de tous les êtres vivants de la galaxie, menacées par une forme de vie inimaginable qui prépare son retour.

 

PhotoBienvenue dans la Citadelle, coeur du chaos galactique

 

LA MENACE FANTÔME

Pourquoi alors ce mix a priori classique entre Star Wars et Babylon 5 est-il si bon ? Parce qu'il est brillamment raconté et installe une mythologie passionnante, à la fois magique et terriblement ancrée dans la réalité humaine. La communauté gangrénée par les luttes de pouvoir et le racisme, l'organisation fragile autour d'un noyau politique, la découverte d'une menace terrible, l'enquête pour démasquer un traître haut placé : l'histoire est palpitante, d'une solidité parfaitement excitante, avec une maîtrise impeccable des codes. Les scènes épiques alternent avec les twists et les confrontations qui remettent en question les convictions des protagonistes, transformant la quête pour la survie de l'univers en quête de soi-même.

 

PhotoLes Geth, victimes ou bourreaux ?

 

Car Mass Effect laisse au joueur le soin de choisir et assumer sa position face aux événements. Des dialogues à l'utilisation des points, il pourra façonner le caractère du héros autour de deux axes : un pragmatisme glacial avec option humour agressif, et une volonté de conciliation absolue et parfois naïve, Shepard et son monde se dessinent au fil des scènes, laissant le joueur parfois désemparé face à des choix difficiles, ou amusé lorsqu'il est question de flirter ou au contraire rembarrer un collègue.

Chacun gardera des souvenirs de ces choix, qui laissent pantois ou poussent parfois à recharger une partie pour tester différentes options. Voire à reprendre la partie une heure plus tôt afin de terminer une quête secondaire et sauver ce foutu Wrex sur Virmine.

Plus légère, la possibilité de construire le Shepard, de son sexe à l'ossature de son visage, en passant par ses capacités naturelles selon son rang, est également présente dès le lancement de la partie. Mass Effect est donc un objet à l'image du joueur, dans lequel il insuflera le meilleur ou le pire de lui-même.

 

PhotoLa roulette des enfers

 

L'AVENTURE EXTÉRIEURE

Du Présidium métallisé avec ses ambassades et ses clubs branchés, aux ruines verdoyantes et inquiétantes d'Ilos, Mass Effect est un voyage fantastique. Alien, Starship Troopers, Dune, Armageddon2001, l'Odyssée de l'espace : l'aventure est remplie de références qui font de la Voie lactée une mine d'or pour l'imaginaire. La possibilité de visiter les recoins de la galaxie selon ses envies, par simple curiosité ou pas désir de mener à bien les nombreuses quêtes secondaires, y est pour beaucoup. Certaines séquences, comme celle où le haut et le bas sont renversés lors du climax, sont même particulièrement excitantes à jouer.

Mais c'est la mythologie qui impressionne le plus. L'organisation des différentes races d'alien, leurs cultures évoquées dans les dialogues, et tout ce que le jeu offre au joueur curieux (notamment dans les dialogues et discussions accessibles) forgent un univers passionnant et parfaitement envoûtant, bien au-delà de l'aventure elle-même. Le synopsis a beau être d'une bête simplicité, l'aventure est d'une richesse étourdissante, tour à tour palpitante et déchirante. 

 

PhotoGarrus, personnage hautement charismatique

  

L'une des grandes forces de Mass Effect est sa galerie de personnages, d'une humanité folle qui va bien au-delà de l'archétype revendiqué. Garrus, Ashley, Tali, Liara, Kaidan, Wrex ou encore le pilote Joker forment avec Shepard une famille disfonctionnelle irrésistible, capable d'être drôle, exaspérante, touchante et étonnante.

Chacun d'eux ayant une vraie couleur unique, l'histoire révèle peu à peu toutes ses dimensions en brassant des thématiques aussi diverses que la magie, le militarisme, les crimes de guerre, les expériences génétiques, la sexualité et surtout des blessures passées mais non pansées. Le joueur curieux et patient aura l'occasion de découvrir le caractère et le passé de ces superbes acolytes, d'autant plus attachants que le jeu testera ce lien avec une poignée de choix cornéliens. 

 

PhotoQuelqu'un peut clairement mourir dans cette image, vous savez qui

 

Mais ces seconds rôles ne sont pas là pour masquer un héros insipide : peu importe son genre, sa tête ou sa nature, Shepard est un protagoniste passionnant dans le sens où il deviendra l'alter ego du joueur. Son humour, son agressivité, son empathie, son sens du devoir, son rapport aux autres (aux médias, aux inconnus, aux aliens, à la religion, à l'argent) et même sa sexualité sont autant de cartes disponibles et jouables, offrant la possibilité de dessiner un héros avec lequel il y aura un lien réel. Shepard pourra ainsi être un cynique raciste qui couche avec sa subalterne et utilise son arme pour régler le moindre problème, ou un idéaliste qui tente de raisonner son ennemi jusqu'au bout.

Hormis quelques moments-clés évidents, l'incidence de ces choix sur les événements est minime, mais l'impact de cette petite liberté est puissant : il permet une immersion folle, durable et saisissante. 

 

PhotoShepard, mon héros

 

LIMITS OF CONTROL 

Bien sûr, Mass Effect n'est pas exempt de défauts. L'exploration de la voie lactée est trop vite limitée, de nombreuses planètes étant inaccessibles et résumées à une fiche historique et scientifique. Les intérieurs et extérieurs ont tendance à devenir des copies conformes après quelques heures d'aventure. Une partie des missions secondaires est d'un ennui profond. Les temps de chargement sont trop longs et curieusement agencés.

L'IA des ennemis et coéquipiers est occasionnellement navrante (la meilleure statégie pour sauver ses collègues étant parfois de leur ordonner d'attendre dans un coin, à l'abri des tirs ennemis). Le Mako, ce véhicule utilisé dans certaines phases, est moyennement convaincant, notamment à cause de sa maniabilité et une absence comique de réalité physique.

 

PhotoUne phase passionnante et magnifique

 

Mais la somme de ces éléments frustrants ou décevants ne saurait abîmer la valeur globale d'un jeu passionnant et spectaculaire, qui surprend à tous les niveaux. Avec son histoire, ses personnages, son univers, ses retournements de situation et sa dimension galactique, moins simplets que prévu. La présence de l'écrivain Drew Karpyshyn, un amoureux de la science-fiction qui a notamment rejoint Bioware pour travailler sur Star Wars : Knights of the Old Republic, n'y est certainement pas étrangère.

La musique original de Jack Wall, là encore bien plus intéressante que la pure partition utilitaire, contribue à donner à l'aventure de superbes couleurs, tour à tour épiques et enchanteresses. Arpenter les couloirs métalliques du Presidium, choisir sa destination sur la carte des étoiles ou découvrir les ruines fascinantes d'Ilos au rythme de superbes morceaux marque la mémoire.

 

 

En dix ans, le jeu vidéo a naturellement conquis de nouveaux territoires technologiques, construit de nouvelles formules et écrasé les modèles d'hier. Mais en dix ans, Mass Effect n'a quasiment pas pris une ride. Ou du moins, aucune ride suffisamment laide pour l'abîmer, au-delà de l'inévitable et charmante patine du temps.

Le premier épisode de la saga culte reste ainsi une formidable odyssée aux dimensions épiques et à la mythologie foisonante, qui peut sans aucun problème être (re)joué des années après. Mass Effect 2 sera considéré par beaucoup comme le meilleur de la trilogie, avec quantité de nouveaux personnages passionnants, et moments épiques absolument renversants. Et bien sûr, Mass Effect 3 reste encore aujourd'hui un lourd sujet de débat à cause de sa conclusion, si controversée et critiquée que BioWare a sorti un complément pour panser les plaies.

Depuis, Mass Effect : Andromeda a enfoncé le clou, avec un succès très timide, et encore plus de colère - même si le jeu, imparfait, a aussi beaucoup de qualités et ne mérite pas tant de haine.

De quoi renforcer l'idée que ce premier Mass Effect est magique, encore aujourd'hui.

 

Affiche

 

commentaires

fox
27/03/2017 à 03:09

Mass effect un jeux riche et intéressant j'ai commencer le 3 explosif super j'aimerais acheter le 1 et 2 mais je les trouve nulle part en neuf mais je les conseils

Pog
25/03/2017 à 01:18

@Toothpick

Le moins bon de la saga... affaire de point de vue ;)

Toothpick
25/03/2017 à 01:14

Super article. Saga que je recommande chaudement surtout quant on sait que le premier est le moins bon de la trilogie !

K2000
24/03/2017 à 14:27

Je joue peu à la console...le jour où on m'a parlé de Mass Effect, j'y ai jeté un coup d'oeil. J'ai été littéralement ASPIRE par le jeux. J'ai joué 3 fois à la trilogie complète, j'ai lu tous les bouquins (je vous conseille fortement celui qui traite de l'histoire de Paul Grayson!!). Un jeu incontournable et qui a eu un réel impact positif sur moi.

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