The Mandalorian, le making of : critique all inclusive sur Disney+

Simon Riaux | 18 juillet 2020 - MAJ : 25/07/2020 11:17
Simon Riaux | 18 juillet 2020 - MAJ : 25/07/2020 11:17

Avec la raréfaction de l’édition physique, nombreux sont les spectateurs à redouter la disparition d’une des innovations démocratisées par le succès des DVD : les bonus éditorialisés, notamment les making-of. C’est donc avec curiosité qu’on attendait de poser les yeux sur le making-of en 8 épisodes de The Mandalorian (chaque segment avoisinant la trentaine de minutes). 

QUI VEUT FILMER DES MILLIONS ?

Le premier constat évident concernant ce bonus consacré au principal produit d’appel de la plateforme Disney+ lors de son lancement, c’est le soin apporté à sa confection. Beaucoup plus touffu qu’un module classique accompagnant un blockbuster standard, le making-of jouit de moyens importants, et il est évident qu’il a fait partie intégrante du projet, tant son enveloppe semble luxueuse. Cadres, lumière, montage, structure, tout témoigne de l’investissement conséquent entourant le projet et lui confère un confort de visionnage appréciable.  

Chaque épisode s’articule autour d’une thématique bien précise, évoquant les coulisses à proprement parler, les intervenants à différents niveaux de production, l’état d’esprit des créateurs, le casting, les technologies de pointe utilisées pour offrir à la série son éclatant écrin, ou encore la musique qui l’accompagne. Néanmoins, pour maîtrisé et douillet que soit le dispositif, il échoue souvent à transmettre un quelconque sentiment de vie. Le spectateur est invité à une visite guidée dont strictement rien ne dépasse, et si on n’imaginait pas Disney prenant le moindre risque avec ce making-of, l’illusion ne fonctionne pas totalement, la faute à un enrobage un peu trop lisse et clinquant. 

 

photoBeaucoup de beau monde

 

EN QUÊTE D’ ENQUÊTE 

Quant au contenu à proprement parler, il est inégal. Intéressant quand les épisodes se consacrent à des aspects très spécifiques ou riches de The Mandalorian, la forme élégante ne peut masquer le désir de remplissage, comme de fan service facile, qui préside à d’autres. Les segments traitants des innovations technologiques ont beau manquer un peu de profondeur technique, on se régale de visionner plus avant les possibilités offertes par l’alternative aux fonds verts utilisée pendant le tournage, à base de projections spectaculaires sur des écrans LED.

Les amateurs d'effets old school apprécieront sans doute les focus sur la fabrication de Baby Yoda, des accessoires et autres droïdes, quand bien même là aussi, la proposition manque un peu de chair. De même, la partie dédiée aux différents réalisateurs (Taika Waititi, Deborah Chow ou encore Dave Filoni) engagés pour emballer la série intéresse, tout comme le passage revenant sur la tâche complexe de la composition musicale, sans doute un des aspects les plus originaux de la production. 

 

photoUne marionnette de première classe

 

En revanche, bien d’autres éléments sont traités avec superficialité, ou selon un angle qui se soucie plus de caresser le fan dévot dans le sens des gonades. Écouter longuement Jon Favreau ou ses collaborateurs expliquer pourquoi ils adorent Star Wars depuis l’enfance n’est pas foncièrement désagréable, mais donne le sentiment d’assister à un panel neurasthénique de Comic-Con, tout comme on se moque un peu de voir la question des hommages et influences prendre une place si conséquente.

Cette approche d’exploitation nostalgique sous vide empêche d’ailleurs le making-of d’émouvoir, la faute à un désir de presser le fruit jusqu’au noyau, ne laissant rien ou presque au mystère, à la curiosité du public, comme si le spectateur devait être gavé, plus qu’émerveillé. 

 

affiche US

Résumé

Jamais désagréable et bénéficiant d'un luxueux enrobage, ce making-of s'égare un peu trop dans un fan service redondant et superficiel.

commentaires

Lex777
20/07/2020 à 11:02

@EcranLarge> Par contre celui sur la Reine des Neiges 2 est nettement moins lisse et bcp plus intéressant du coup (en tout cas sur ces 1ers épisodes). Ils n'ont pas peur de montrer les doutes et les frictions qui ont eu lieu en cours de prod sur certains passages du films qui étaient toujours problématiques à qqs mois de la sortie.

Davmey
20/07/2020 à 07:16

Et vivement la critique de la critique du Making-of du Making-of de la série.

Florian
19/07/2020 à 08:46

Vivement le making of du making of.

Deny
19/07/2020 à 02:41

Vous êtes dur! J'ai trouvé ces documentaires excellents et donnent envie de revoir la série sous un autre angle...

Davmey
18/07/2020 à 23:01

Simon critique n'importe quoi, et dans 95% des cas il n'a que trois verdicts : nul, génial ou moyen

brucetheshark
18/07/2020 à 17:57

@M1pats, c'est Disney,tu devrais aimer

M1pats
18/07/2020 à 15:57

critique d un making off ?

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