Westworld saison 3 épisode 4 : la grosse révélation qui change tout

Geoffrey Crété | 6 avril 2020 - MAJ : 06/04/2020 15:23
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photo, Evan Rachel Wood

Notre critique du quatrième épisode de la saison 3 de Westworld.

Retrouvez le résumé des deux premières saisons de Westworld.

Testez tes connaissances dans ce quiz Westworld.

ATTENTION SPOILERS !

 

épisode 2 Ed HarrisPrêt à tirer sur le premier qui n'aura pas lu l'avertissement spoilers

 

RÉUNION DE FAMILLE

Après trois épisodes qui ont installé les nouveaux enjeux, le personnage tout frais d'Aaron Paul et la situation du trio féminin (Dolores, Maeve, Charlotte), Westworld entre dans le vif du sujet : tout ce petit monde est réuni dans cet épisode 4, qui téléscope les sous-intrigues et ramène William, le personnage incarné par le fantastique Ed Harris.

L'homme en noir avait été laissé dans une étrange situation à la fin de la saison 2 : après avoir pris pas mal de balles dans le bide au cours de sa quête, il se réveillait dans un lieu inconnu, face à sa fille Emily, qu'il avait tuée en étant convaincu qu'elle était un hôte conçu par Ford pour le piéger. Une scène qui soulevait bien des questions : William était-il mort et devenu un hôte, testé comme James Delos auparavant, ou n'était-ce qu'une mascarade pour le perdre toujours plus ? A t-il réellement tué sa fille ? Y a t-il un vrai William dans le vrai monde, et un hôte William, à un moment ou un autre, peut-être dans le futur (ce qu'Ed Harris a confirmé, pour ce que ça vaut) ?

 

photo, Ed HarrisMon père, ce anti-héros

 

L'épisode 4 joue avec ça, et s'ouvre sur un William perdu dans sa maison, hanté par ses souvenirs et notamment Emily. Il hurle contre ces fantômes, en répétant qu'il sait qui il est et ce qui est réel. Mais il est temps pour lui de revenir à la réalité, personnifiée par Charlotte, qui a besoin qu'il sorte de sa tannière pour reprendre le contrôle de Delos, face à Serac qui en a racheté des parts.

Pendant que Charlotte motive William, Serac motive Maeve à l'aider (elle pourrait accéder à la Valley Beyond et retrouver sa fille), Dolores avance son plan avec l'aide complice de Caleb, et Bernard s'interpose avec l'aide forcée de Stubbs. Tout le monde ou presque finira par se croiser autour d'une soirée avec des gens à poil (ça faisait longtemps), qui rappelle à quel point les parcs comme Westworld n'étaient qu'un miroir à peine déformé de la réalité grotesque.

Bref, tout se met en place dans cette saison 3, qui arrive au point de bascule où les forces en présence commencent à entrer en collision. Normal : c'est déjà la moitié de la saison.

 

photo, Thandie NewtonQuand tu réalises que tu va mourir pour la 56ème fois à l'écran

 

COPY OF A COPY OF A COPY

Cet épisode 4 répond enfin, en partie, à la grande question qui hante la série depuis la fin de la saison 2, où Dolores était partie de Westworld (sous l'apparence de Charlotte) avec cinq unités centrales d'hôtes dans son sac. Le précédent épisode avait plus que jamais lancé l'habituelle valse des théories autour de Charlotte, et l'esprit qui y avait été placé par Dolores.

En cause : la relation intime entre les deux, qui semblaient se connaître de manière un peu trop spéciale pour qu'il soit question de Clémentine ou Angela, ce qui rendait par exemple l'option de Teddy très crédible. C'était un peu trop simple (quoique diablement tordu d'avoir le cowboy dans la peau d'une mère), et les scénaristes ont bien entendu trouvé plus fou : Dolores se cache derrière tous ces hôtes.

Charlotte, Martin et Musashi, réapparu sans crier gare, sont tous Dolores. "On n'est jamais mieux servi que par soi-même non ?". Définitivement passée du côté obscur de la Force dans sa bataille contre les hommes, l'héroïne campée par Evan Rachel Wood a donc préféré compter sur la seule chose qu'elle connaît et contrôle - elle-même. Le vertige est bien là.

Néanmoins, il reste deux unités centrales. Le mystère n'est donc pas fini, et la détermination de Dolores, toujours plus extrême. Elle a beau affirmer qu'elle se bat pour le futur des siens, elle n'hésite pas à affronter Maeve et la tuer (les hommes de Serac l'empêcheront de récupérer son unité centrale). Serait-elle en train de faire une Daenerys, avec une soif de justice qui va virer à l'horreur totale ?

 

photo, Aaron Paul, Evan Rachel WoodCaleb, clairement pas équipé pour affronter ce qui va arriver

 

EQUILIBRIUM

Westworld renoue ici avec sa tradition du twist qui renverse en partie l'intrigue, et redistribue les cartes. Mais plusieurs limites se confirment ou apparaissent dans cet épisode 4.

Serac déjà, qui est jusque là un antagoniste trop classique. Vincent Cassel n'est pas à blâmer, puisque c'est l'écriture de ce milliardaire ambitieux et mégalo qui semble trop simple pour une série qui a été si riche jusque là. Le Français (qui évoque que Paris a été détruite pour une raison obscure) a conçu Rehoboam pour soi-disant aider l'humanité, qui est et sera toujours responsable de sa propre chute - une idée très banale dans la science-fiction et l'anticipation. Qu'il cherche à mettre la main sur les données des visiteurs de Delos pour parfaire sa machine incomplète a tout d'une manœuvre un peu forcée dans l'intrigue, ou en tout cas de moyennement excitant vu tous les personnages en place.

La menace que ce Serac représente est également très attendue, avec un côté charmeur et faussement doux vu mille fois, comme le rappelle la scène où il abat de sang froid un otage après avoir obtenu une information. Face aux personnages nuancés, ténébreux, mélancoliques de Westworld, ce bad guy ressemble à un personnage de film hollywoodien lambda avec ses beaux costumes et ses longs discours démonstratifs.

 

photoVincent casse-toi

 

Autre souci : cette saison 3 semble avoir du mal à trouver un équilibre entre ses personnages, de plus en plus statiques dans leurs postures, failles et forces. Dolores est une machine de guerre, Maeve est une machine de guerre, Charlotte est une machine de trouble-manipulation, et si cela donne quelques scènes amusantes (le fantôme de Shogun World, le temps d'un affrontement), l'action semble ici écraser tout et tout le monde.

Evan Rachel Wood, Thandie Newton et Tessa Thompson sont plus que talentueuses, mais cet épisode les utilise au profit de l'intrigue pure, entre Blade Runner (Maeve doit retrouver des hôtes dans Los Angeles, et va dans les bas-fonds en passant par un charcutier de corps) et Mr. Robot (usurpation d'identité, compte en banque vidé, opération destruction de multinationale). Et pas toujours avec subtilité.

Que Maeve se retrouve encore une fois menée par la carotte de sa fille à retrouver, encore une fois dotée de pouvoirs extraordinaires, et encore une fois abattue et récupérée, laisse un arrière-goût de boucle infernale.

 

photo, Jeffrey Wright"Dans le prochain épisode, j'ai vraiment un truc intéressant à faire ?"

 

La seule vraie belle touche d'émotion vient de William, victime d'une vengeance ultime, promise par Dolores. Perdu dans le puits de ses obsessions et sa culpabilité dévorante, l'homme en noir finit en blanc, dans une pièce étrange (différente de la scène post-générique de la saison 2), seul face au fantôme (?) de Dolores. "Welcome to the end of the game".

Encore beaucoup de questions sur le rôle de William et sa nature, son identité entre humain et hôte, présent et futur. Mais une tristesse infinie et une violence presque toute aussi folle se dégagent du retour de l'homme en noir, dont la prison mentale devient de plus en plus concrète et définitive. Comme lors la discussion sur la jetée entre Dolores et Caleb dans l'épisode 3, Westworld retrouve alors sa puissance tragique.

 

Pas le temps de vraiment s'ennuyer devant The Mother of Exile, réalisé par Paul Cameron, directeur de la photographie bien installé (Pirates des Caraïbes, Collatéral, et l'intrigant Reminiscence, réalisé par Lisa Joy), qui a travaillé sur deux épisodes de Westworld avant de signer ici sa première réalisation. Action, révélations et suppositions donnent un gros coup d'accélérateur à l'intrigue, tandis que les trajectoires des personnages se retrouvent enfin. Ne manque plus qu'une bonne louche d'émotion ténébreuse et une aventure plus resserrée autour des héros, pour que la série retouche les sommets.

Un nouvel épisode de la saison 3 de Westworld, chaque semaine depuis le 16 mars sur OCS.

 

Affiche

commentaires lecteurs votre commentaire !

Alfred
14/04/2020 à 11:57

Vu, l'épisode 5.
Quelle déception.
Que ce soit au niveau de la mise en scène (l'anecdotique drogue genre) ou de la narration, Dolorès est toute cheaté: elle peut faire ce qu'elle veut (et que je trouve des armes surpuissante, que je piège un bureau ultra surveillé, etc.) et Serac a toujours pas compris qu'elle était surpuissante (ou alors ses hommes de mains sont vraiment débiles) alors qu'elle a démembré Maeve l'épisode d'avant. Y a pas d'adversité et d'enjeu, on a le sentiment qu'elle a toujours 15 coups d'avance sur son adversaire. C'est un bulldozer.
Le pire c'est que j'en serais presque à prendre fait et cause pour Serac et son programme de contrôle social.

BONNET
12/04/2020 à 18:21

Casa del papel et consorts prévisibles peuvent aller se rhabiller...Westworld toujours la meilleure série jamais créée avec Game of Thrones !!!

Marc
08/04/2020 à 14:15

Dans cette épisode pas mal de réponse réponse résolu, les 5 hôtes des copies de Dolores la fin de l'homme en noir William laissé dans une cellule il passe du noir au blanc d'un patient. J'espère que William trouvera le moyen de se libérer. Quand a Maeve elle accepte la proposition de Cerac pour rejoindre sa fille ? Elle est dans une boucle pour retrouver sa fille ...j'espère que Marve fait un double jeux et qu'elle s'allier a D'ombres. Sa boucle de pensée est une impasse elle est dans l'autre monde alors pourquoi elle a accepté le deal avec Cerac ? Vivement la semaine @+

etsi
08/04/2020 à 07:40

Et si la perle de Bernard était en fait un autre perle dolores. C'est elle qui a permis la recréation de Arnorld/bernard dans la saison précédente alors lui prendre son rôle facile. Et son but est justement de chalenger la Dolores zéro..

Dudu
07/04/2020 à 20:26

Franchement, L'ep 4 relance l'intrigue dans cette saison ... qui avait du mal à se lancer , à mon humble avis ...

Par contre V. Cassel est loin de son interprétation de malade psychopathe ( le pacte des loups) qui m'avait bluffée ... ça reste du réchauffé de ce coté là.
Et Evan Rachel Wood tout aussi belle que machiavélique ... ça promet ! ! !.

prometheus
07/04/2020 à 14:25

Je trouve que le scénario abuse beaucoup trop de la question "qui est humain, qui ne l'est pas ?".
Ça commence à me lasser sérieusement.
Et depuis cette nouvelle saison, je pense souvent à Battlestar Galactica avec qui je retrouve de plus en plus de pts communs.

Thierry
07/04/2020 à 08:16

Désincarné. Je m’accroche. 10 minutes à la fois. De bonnes choses mais pour l’instant vraiment pénible. La vibration des émotions et de la vie ne se fait encore sentir. Huh..

Antoine
07/04/2020 à 04:21

Quelle série !
Malheureusement la réalisation de cet épisode n est pas terrible.

Mais est ce que je me trompe ou on connaît le 4 e hôte puisque ç est Bernard recrée par Dolores?

Dolores avait 5 unités dont celle de Bernard non ou me trompe-je ?

1Charlotte
2Bernard
3Le vieux
4Musashi
5Inconnu

Caleb
07/04/2020 à 01:06

Meilleur série du moment et de loin !!!

Piwi
06/04/2020 à 22:20

@Gmb

C'est littéralement écrit dans l'article oui...

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