Jessica Jones : on fait un bilan rapide sur la deuxième saison à mi-parcours

Créé : 13 mars 2018 - Florian Descamps
Illustration Jessica Jones 2
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En 2015, on vous disait déjà tout le bien que l'on pensait de Jessica Jones, alors premier jalon de l'univers étendu de Netflix après l'essai Daredevil. Trois ans et un certain nombre de déceptions plus tard (Iron Fist, The Defenders), la détective misantrope nous revient avec une saison 2 attendue. Pour un retour réussi ? A mi-saison, on fait un premier bilan.

ATTENTION QUELQUES SPOILERS !

 

 

APRÈS LA BRUME...

Dire que les dernières productions Marvel-Netflix ont déçu serait un euphémisme. Après le teen drama Iron Fist qui venait ternir un projet maitrisé (critique complète ici), The Defenders enterinait en effet une baisse qualitative de l'ensemble, réunissant ses héros autour d'une oeuvre en mal d'inspiration et d'une mise en scène timide, voire expediée. À l'heure de retrouver Krysten Ritter loin du glaçant Kilgrave (excellent David Tennant), les craintes étaient donc de mise.

N'entrenons pas le suspense : il n'en est rien. Après The Punisher, Jessica Jones confirme le réveil du Marvel Universe de Netflix.

 

Photo Krysten Ritter, Jessica JonesVous en doutiez ?

 

C'est que dès ses premières heures, la série s'est construite autour d'une base suffisament solide pour s'y reposer : ses personnages. Loin des tracas soap d'un Dany Rand ou la noirceur de Matt Murdock, cette seconde mouture réemprunte donc la même formule et les met en lumière.

Outre Jessica, dont l'intrigue interroge ici l'origine des super-pouvoirs, on retrouve un panel de personnages secondaires à l'intérêt savamment épaissi. Déjà très présents il y a trois ans, Trish, Malcom et Harper s'émancipent aujourd'hui de Jessica pour mieux l'enrichir dans les moments forts et c'est là l'intelligence de la saison. En apparence esseulée face à une révélation qui va changer sa vie, l'héroïne va plus que jamais s'appuyer sur son entourage pour s'en sortir. Un melting-pot de sous-intrigues convaincantes et que l'on aimerait voir plus souvent chez Marvel.

 

Photo Eka DarvilleEt il se pourrait même que certains prennent du galon...

 

Le seul point noir pourrait en fait venir de la mise en scène, qui, à l'instar de celle de la première saison, manque un peu de caractère. Si l'ensemble reste convaincant, du découpage à cette photographie qui magnifie le quartier de Hell's Kitchen, l'absence de la menace Killgrave et ses teintes violacées se fait ici ressentir. Chose d'autant plus dommageable que les acteurs, eux, répondent à nouveau présents et nous offrent des partitions parfois remarquables.

En chef de file, Krysten Ritter est plus que jamais Jessica Jones et, à l'image de cette scène de flashback sur la jeunesse de Jessica où elle compose un personnage perdu et à la naïveté presque touchante, l'engagement semble total. Après Veronica Mars, Breaking Bad et plus récemment sa DeeAnn de Big Eyes, voilà une nouvelle prestation qui confirme plus que jamais tout le talent de l'actrice.

 

Photo Krysten Ritter"Allô le monde ? Est-ce que tout va bien ?"

 

... LE RETOUR AUX SOURCES

Les origines de Jessica Jones sont largement connues : autrefois surnommée Jewel, la super-héroïne a été brièvement membre des Avengers et amie de Captain Marvel (qui devait à l'origine être présente dans la première saison avant que Marvel ne décide de lui dédier un film) avant de rencontrer Killgrave et devenir celle que l'on connait aujourd'hui. Un passé qu'on a pu retrouver sous forme de clins d'oeil dans la première saison et qui a permis à la série de s'inscrire avec cohérence dans le Marvel Universe.

Là où Netflix diffère aujourd'hui, c'est au sujet des super-pouvoirs : acquis dans l'accident qui a coûté la vie à sa famille (et asperga Jessica Jones de liquide radioactif) dans les comics, leur origine est ici remise en cause. Au départ un simple organisme obscur nommé « IGH » , l'antagoniste de la saison se mue d'ailleurs à mesure que se dévoile l'intrigue et pourrait bien en détenir les principaux secrets. L'arrivée, en outre, d'un personnage puissant et complexe que l'on ne pensait plus voir arriver dans la série redistribue les cartes et remet en cause la toute puissance héroïque de Jessica. Et si l'héroïne s'en retrouvait fortement ébranlée ?

Photo Krysten RitterNon Jessica, pas par là


C'est en fait là tout le challenge de Netflix. Si Jessica Jones opte aujourd'hui pour le bouleversement des origines de son héroïne, l'impact que cela pourrait avoir sur le personnage reste encore à définir. Derrière Killgrave, le flou entourant ce « jour où tout a basculé » fait partie des névroses de Jessica et lui apporter des réponses dès la seconde saison pourrait être un peu précipité. Gageons qu'avec la multiplicité de ses thématiques, l'envie de se renouveler et la facture globale de sa production, la série ait un tour d'avance sur nous. 

Après sept épisodes, c'est donc avec une solide seconde saison que semble revenir Jessica Jones. Débarassée de Killgrave, la série a réussi à se renouveler et combler l'absence du super-vilain grâce à des choix qui pourrait redéfinir le personnage. On ne saura donc que vous conseiller d'y jeter un oeil.

La saison 2 de Jessica Jones est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 8 mars.

 

Photo , Jessica Jones

commentaires

Roukesh 13/03/2018 à 14:07

@Pifpafboum, continue au moins jusqu’à l'épisode 4, où l'intrigue principale fait un bon en avant.
Une très bonne deuxième saison, un peu sceptique au début, du fait de l'absence de killgrave, j'ai finalement beaucoup aimé. La saison est plus dense, malgré un démarrage assez longuet. On fera toujours le même reproche aux séries netflix, l'incapacité à condenser. 10 épisodes suffiraient, mais là, il faut le dire, c'est de qualité. Jessica Jones est clairement le personnage le plus intéressant et complexe du Marvel-Netflix. Une série super-héroïque oui, mais une aventure humaine surtout.

Steph2dijon 13/03/2018 à 14:00

J'ai l'impression de regarder un épisode de Super Jaimie sous prosac.

C'est long, insipide et même le personnage de Jessica commence à m'ennuyer avec sa moue désabusée et ses répliques peu inspirées.

Alors je ne vous parle pas du papa latino ancien taulard repenti, du meilleur pote ex-junkie, de la presque soeur blonde ex-junkie multipliant les love story sans intérêt sous ventoline concentrée ou de l'avocate lesbienne sans profondeur ... Je trouve qu'on racle tous les clichés et désolé, mais certains comédiens jouent plutôt mal, comme Trish ou celle incarnant un proche de Jessica super forte.

Rajoutez à cela une BO de film noir des années 50, complètement hors-sujet, et vous aurez une série monotone, une saison raccourcie, mais encore bien trop longue.

pifpafboum 13/03/2018 à 13:24

mouais pas convaincu du tout, j'ai maté 3 épisodes et c'est mou, c'est ultra dans son air du temps( weinstein, les hommes sont des porcs, les femmes ne deviennent qu'accomplies qu'a travers leurs carrières et ça c'est juste dans le premier épisode), on trouve aussi des prostituées lesbiennes a tous les coins de rue, c'est quand même bien pratique pour le perso de carrie ann moss qui n'apporte rien au récit si ce n'est d'inclure de la représentation. les personnages secondaires sont bien lisses( bien plus intéressants, réels et donc humains dans la 1ère saison). Tout y est un concentré de cliché de ce que l'on est censé dire ou faire à l'heure d'une pseudo révolution des consciences... comme vous l'avez dit, une mise en scène vraiment pas inspiré. A la limite la BO est pas mal, elle pose bien une ambiance "detective" mais ne colle pas au style ici adopté.

c'est dommage, j'avais bien aimé la 1ère saison, un antagoniste vraiment bien, un acteur impeccable mais pour ma part ça n'a pas suivi pour cette saison 2, j'espère que le showrunner de daredevil ne partira pas lui aussi dans cette direction pour la saison 3

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