Top séries 2019 : les meilleures séries de l'année pour la rédaction

La Rédaction | 25 décembre 2019
La Rédaction | 25 décembre 2019

Game of Thrones ? Euphoria ? Watchmen ? Chernobyl ? Fleabag ? Succession ? La rédaction partage ses coups de cœur série 2019.

2019 a été une riche année côté série, avec des nouveautés, des retours et des conclusions très attendus. Parmi ces séries majeures de 2019, chaque membre de l'équipe a ouvert son petit cœur sensible pour partager ses trois plus belles surprises.

Le choix n'a pas été simple, certains ont pleuré de rage en voulant inclure une quatrième série et ont reçu des baffes pour rentrer dans les rangs. Mais en fin de compte, tout le monde est heureux, et voici nos raisons de l'être.

 

PhotoCérémonie de remise des tops, chez Ecran Large

 

ALEXANDRE JANOWIAK

1. EUPHORIA

Le jeune réalisateur Sam Levinson avait frappé un grand coup avec son Assassination Nation en fin d'année dernière, auscultant admirablement les troubles de la société américaine à travers le prisme de la jeunesse. Avec sa série Euphoria pour HBO, le talentueux fils de Barry Levinson, s'épanche un peu plus sur cette génération malade et offre un prolongement idéal (et proprement fascinant) à son étude de l'Amérique moderne.

Grâce à son système narratif malin et pertinent, jonglant parfaitement entre les différents personnages gravitant autour de celui incarné par la prodigieuse ZendayaEuphoria déroule un récit d'une richesse infinie. Le moyen de développer, en exploitant des thématiques vues et revues (sexe, drogue, alcool), des sujets puissants et actuels sans filtre à l'image du sexisme, de la toxicité masculine, de la recherche identitaire, du consentement ou de la notion d'intimité à l'ère des réseaux sociaux.

Alors quand, en plus, la série bénéficie d'une mise en scène envoûtante, associant séquences démentes, délire méta, scènes immersives ou variations des genres, et une bande originale fantastique, difficile de ne pas tomber instantanément sous le charme d'Euphoria.

Notre critique de la série

 

Photo Hunter Schafer, ZendayaUn des plus beaux duos de l'année

 

2. DARK CRYSTAL : LE TEMPS DE LA RÉSISTANCE

La grosse déception de l'année 2019 sur le petit écran est sûrement, pour une grande partie des spectateurs, venue de la saison 8 de Game of Thrones, dont les dernières heures sur les antennes n'ont pas réussi à faire l'unanimité (bien au contraire). Et au final, la guerre de pouvoir télévisée la plus passionnante s'est trouvée dans la série prequel du film Dark Crystal estampillée Netflix : Dark Crystal : le Temps de la résistance.

Non seulement, la série est une réussite esthétique époustouflante qui embrasse entièrement les techniques utilisées par Jim Henson et Frank Oz dans l'oeuvre originale, tout en les magnifiant grâce à quelques technologies modernes discrètes fluidifiant l'ensemble. Au-delà, la série se révèle d'une richesse dingue, enjolivant l'univers originel avec finesse et l'explorant avec une grande intelligence.

La plus grande réussite, en plus de la mise en scène de Louis Leterrier et de la bande originale du show, se trouve finalement au coeur de l'intrigue. Si Dark Crystal : le Temps de la résistance est sans aucun doute une heroïc fantasy sombre, horrifique, émouvante, complexe et épique terriblement passionnante, c'est surtout une sublime ode à la nature. Un pamphlet engagé sur l'environnement donnant à réfléchir sur l'état de notre monde et la couardise de nos gouvernements. Immanquable.

Notre critique de la série

 

photoLes Skekses, les meilleurs méchants de l'année

 

3. WATCHMEN

Damon Lindelof a livré entre 2014 et 2017 l'une des plus grandes séries de la décennie (et tout simplement du petit écran selon l'auteur de ces lignes) avec The Leftovers. Le voir s'emparer de l'univers fascinant du Watchmen de Alan Moore et Dave Gibbons ne pouvait qu'interpeller. Et Damon Lindelof réussit à nous livrer un résultat impressionnant en seulement neuf épisodes.

En jouant une nouvelle fois d'un scénario à tiroirs multiples, de séquences mystérieuses non explicitées et de petits détails qui prennent tout leur sens au fil de l'avancée du récit, Damon Lindelof offre une série captivante, envoûtante et fascinante avec Watchmen. À l'image de The Leftovers, il s'attarde à plusieurs reprises sur certains personnages pour leur donner une ampleur démesurée, décupler les émotions du spectateur et également construire le coeur de l'intrigue.

Au fur et à mesure, chaque instant s'imbrique pour former un ensemble d'une cohérence implacable honorant le produit originel et l'enrichissant indubitablement. Ainsi, avec plusieurs niveaux de lecture sur la foi, l'identité ou la société américaine, Watchmen se révèle une série d'une puissance inestimable actuellement, jouissant d'un casting fabuleux (Regina KingJean Smart, Jeremy Irons), débordant d'idées de mise en scène (l'épisode 6) et exploitant à merveille la bande originale du duo Reznor-Ross. Prodigieux.

Notre critique de la série

 

photo, WatchmenL'univers de Watchmen n'aurait pas pu être mieux magnifié 

 

GEOFFREY CRÉTÉ

1. EUPHORIA

L'excellent film Assassination Nation n'était qu'une répétition pour Sam Levinson. Avec sa série, le réalisateur reprend les mêmes ingrédients, passe un cap et frappe un très grand coup. C'est une déflagration émotionnelle et visuelle d'une beauté, d'une sensibilité et d'une finesse étourdissantes. Dans le fond comme dans la forme, Euphoria est une réussite éclatante, d'une intelligence désarmante derrière ses allures de teen série un peu provoc.

C'est un spectacle de tous les instants. La scène du couloir à la Inception bien sûr, mais pas que, puisque le travail sur la photo, le montage, la musique, est simplement éblouissant. Il y a plus de cinéma dans un épisode d'Euphoria, que dans quantité de films vus en salles.

Mais ce n'est pas qu'une démonstration, car tout ça est au service des personnages. Et quels personnages ! Complexes, ambigus, effrayants, tragiques, minables, magnifiques, obscurs, ils sont passionnants et finement écrits, jusque dans le seconds rôles qui existent en quelques scènes, et parfois en silence. Avec en plus des acteurs sensationnels, et pas que Zendaya, il y a un choc total.

Notre critique de la série

 

photo, ZendayaUne scène déchirante

 

2. DARK CRYSTAL : LE TEMPS DE LA RÉSISTANCE

Il y avait beaucoup de peur en lançant la série prequel du génial film de Jim Henson et Frank Oz. Après 10 épisodes, il n'y a plus que l'émotion et la magie, qui dure longtemps. Dark Crystal : Le Temps de la Résistance est une merveille, et une bulle de résistance justement face à une technologie qui fige et tue la fantaisie dans des marées d'effets visuels. La série est une parenthèse magique et unique dans le paysage actuel, fruit d'un travail méticuleux absolument dingue vu la somme de détail à l'écran.

Et sans renouveler en profondeur le genre de l'heroïc fantasy, la série Dark Crystal y puise tout le nécessaire pour créer une aventure épique, intense, thématiquement riche, avec une foule de personnages forts et solides. Notamment Deet, dont la trajectoire est aussi belle que terrible.

Une réussite spectaculaire, qui donne à elle seule l'envie d'aimer Netflix.

Notre critique de la série

 

photo Dark Crystal, Dark Crystal : le Temps de la résistance saison 1Deet : un magnifique personnage tragique

 

3. YEARS AND YEARS

Une tornade : il n'y a pas d'autre mot pour décrire la mini-série de Russell T. Davies, qui raconte plus en six épisodes que beaucoup de séries en six saisons. Étalée sur deux décennies, l'histoire suit une famille, avec ses peines, ses joies, ses drames et ses problèmes, tandis qu'en arrière-plan le monde change, tremble, s'écroule presque. La politique, l'écologie, la technologie, l'économie... Years and Years balaye tout, et crée un vertige émotionnel inattendu et décapant en mettant en perspective les petites comme les grandes tragédies, où se télescopent l'histoire personnelle et l'Histoire avec un grand H.

C'est une ambition folle pour le créateur de Queer as Folk, qui était aussi derrière la renaissance de Doctor Who. Et la réussite est presque aussi totale. Le pic est atteint à la fin de l'épisode 4, d'une puissance dévastatrice. La fin trébuche un peu, et ne se remettra pas de ces événements. Mais Years and Years n'en demeure pas moins excellente.

Notre critique de la série

 

photo, Russell Tovey, T'Nia Miller, Anne ReidPortrait de famille

 

SIMON RIAUX

1. YEARS AND YEARS

Sur le papier, Years and Years représente un des défis les plus casse-gueules de l'année : parvenir à créer une trame cohérente et générer de l'empathie pour des personnages aux destins sans cesse bouleversés par des ellipses brutales, tandis que la toile de fond, de plus en plus dystopique, se doit de demeurer crédible. Contre toute attente, Russell T. Davies y parvient, et livre un récit de SF sociale d'une ampleur quasi-inédite dans la fiction contemporaine, mais fait également preuve d'une humanité souvent bouleversante.

Les Lions sont une famille nombreuse, multiple, composée de neuneus, de gens brillants, de résistants ou de salauds ordinaires, au fur et à mesure des décennies, les rôles se nuancent, s'inversent, alors que chacun doit faire face à un futur de plus en plus ombragé. Tous confrontés aux limites de leurs croyances et de leur morale individuelle, les personnages entament un ballet qui se meut progressivement en opéra, sous les yeux d'un spectateur sidéré aussi bien par le sens du tempo de la narration que la force des situations qu'elle fait se succéder.

Et enfin, si on sent bien de quel bord politique penche le coeur de Davies, et si on regrette qu'il sacrifie en partie le final à ses opinions, cherchant envers et contre tout à faire triompher les valeurs qui lui sont chères, Years and Years offre un portrait nuancé de l'Occident en ce début de XXIe siècle. Ainsi, le mal ne se niche pas toujours où on l'attend, et ceux qui en semblent initialement le vecteur (comme l'effarante Emma Thompson), se révèlent toujours plus fin, plus humains, que les prémices du show ne le laissaient penser.

Et la critique complète se trouve par ici !

 

photo, Russell Tovey,  Maxim BaldryLe traitement le plus fin et émotionnellement ravageur de la question des migrants

 

2. POUPÉE RUSSE

À première vue, on redoute grandement de faire face à une énième relecture post-post-post-moderne d'Un jour sans fin, mâtiné de branchouillardise New-Yorkaises, faussement subversive et bien-pensante sur les bords. Mais la série portée par Natasha Lyonne a beaucoup plus à offrir. Débutant comme le calvaire d'une jeune femme branchouille forcée à revivre sans cesse une soirée d'anniversaire catastrophique, se concluant systématiquement par une mort improbable, le récit bifurque plusieurs fois dans des directions inattendues.

Alors que nous nous attendons à jouer avec un système que la protagoniste devra dompter, dans le but de renouer avec des valeurs perdues de vue (soit la mécanique classique de ce type de récit), Poupée russe choisit de changer d'ADN et d'opter pour un récit progressivement de plus en plus mélancolique et angoissant. La narration fait le choix d'une histoire de crise à deux, d'errance terrible, car probablement insoluble.

Et si l'oeuvre demeure toujours drôle, maline et bourrée de punchlines, ce n'est pas tant pour amuser le spectateur que l'amener sur les rivages de Samuel Beckett, d'un récit inquiet, qui constate combien le monde est devenu invivable. La caméra s'empare de cette équation et transcende régulièrement l'esthétique de la blagounette New-Yorkaises pour trentenaire woke, et surprend par son utilisation des espaces, sa capacité à générer angoisse ou tendresse au coeur d'une même scène, comme pour mieux transformer cette curiosité en un trip de Woody Allen enduit de cyanure.

Et pour la critique complète, c'est dans cette direction !

 

photo, Natasha Lyonne, Charlie BarnettDeux personnages dans un très sale état

 

3. DARK CRYSTAL

Avait-on besoin d'un prequel au chef-d'oeuvre de Jim Henson et Frank Oz, sous forme de série, produit et hébergé par Netflix ? Probablement pas. Mais il faudrait avoir un coeur bien sec pour ne pas admettre que Dark Crystal : le Temps de la résistance est une formidable réussite, et ce, à tous les niveaux. Tout d'abord, on constate avec ravissement que la plateforme n'a pas cédé au tout numérique, usant seulement d'images de synthèse pour travailler ses arrière-plans, donner un peu de souffle à une poignée de séquences et pimper quelques effets "magiques".

Le show ose ainsi un pari plutôt fou : enchaîner les affrontements et autres scènes homériques en usant presque exclusivement de ses sublimes marionnettes. Pour déroutant que soit le procédé pour un spectateur qui ne serait pas familier de l'oeuvre originale, l'illusion fait bientôt son office, grâce au formidable boulot abattu par Louis Leterrier. Le Français se colle dans les pas de ses glorieux ainés, traite sans hésiter la noirceur intrinsèque de l'oeuvre originale, et parvient même à emballer un scénario qui laisse souvent éclore l'émotion. 

Enfin, cette nouvelle tournée de Dark Crystal réussit l'exploit de s'imposer comme la plus belle proposition de 2019 en matière de divertissement épique et de fantasy, ce qui n'était pas gagné, quand la concurrence aligne des productions aussi ambitieuses que Carnival Row ou His Dark Materials : À la croisée des mondes. Comme quoi, un peu d'artisanat, beaucoup d'huile de coude et du temps font parfois l'affaire.

Et la critique complète est juste !

 

photo, Dark Crystal : le Temps de la résistance saison 1Et ça, c'est de l'épée

 

ARNOLD PETIT

1. THE BOYS

Arrivé cet été sur Amazon Prime Video, The Boys est l'adaptation d’une série de comics du grand Garth Ennis. À l’image de la série Preacher, qu’il a créé avec ses vieux potes Seth Rogen et Sam Catlin et qui rendait hommage à la folie de l’œuvre originale avec tout son amour tout en choisissant de tracer sa propre route, Evan Goldberg revient pour déconstruire le mythe du super-héros et transformer le divertissement grand public en satire ensanglantée.

Aussi irrévérencieuse et insolente que sa cousine Preacher, la série marque non seulement par la violence décomplexée de ses personnages, mais aussi de son propos, qui s’avère être une critique radicale et cinglante de l’Amérique et de ses valeurs, politiques, économiques ou sociales. Si l’ensemble du casting est à saluer, Antony Starr se démarque du lot en Homelander psychotique, capable de nous faire passer du rire à l’effroi en quelques secondes, accompagné d’un Karl Urban survolté. Une série aussi efficace et cathartique qu’une partie de GTA avec cinq étoiles et munitions illimitée.

Notre critique de la série

 

photoL'homme le plus rapide et suffisant du monde

 

2. WATCHMEN

Déjà connu pour Lost, les disparus ou The Leftovers, restées gravées à jamais dans les mémoires de leurs spectateurs, Damon Lindelof s’empare du chef-d’œuvre d’Alan Moore et continue ce qu’elle avait commencé avec sa série.

Comme ses précédentes séries, Watchmen met notre foi à l’épreuve. Sans que l'on comprenne ce qui se trame, le créateur s’amuse à disséminer les pièces de son immense et fascinant puzzle, que l’on tente de reconstruire épisode après épisode. Un chemin tortueux que l’on emprunte sans savoir où il débouche, mais en étant confortablement installé.

La réalisation, combinée à la musique grisante de Trent Reznor et Atticus Ross, est à la hauteur des ambitions du scénario. À travers des thématiques contemporaines, la série embrasse la dimension politique du roman graphique et se veut aussi profonde et complexe. Au milieu d’un excellent casting, Regina King brille dans son rôle de Sister Night, que l’on suit aveuglément dans sa quête de réponses.

Notre critique de la série

 

photo, Yahya Abdul-Mateen IITic, tac, tic, tac, tic, tac

 

3. THE MANDALORIAN

Alors que Disney s’apprête à boucler une saga vieille de plusieurs décennies avec Star Wars : L'Ascension de Skywalker, Jon Favreau frappe un grand coup avec sa série pleine de promesses.

Impossible de juger complètement la série avec sept épisodes diffusés sur huit, mais impossible de nier, dans le même temps, que The Mandalorian a offert un spectacle aussi exaltant que Rogue One : A Star Wars Story. Les ambitions esthétiques et visuelles de la série montrent tout l’amour porté à l’univers de Star Wars et son personnage principal, à qui Pedro Pascal arrive à donner de la profondeur même derrière son casque, s’avère aussi mystérieux que l’intrigue.

Avec un format court qui intensifie forcément son rythme et en empruntant au western et au cinéma d’action, la série nous emmène à bord d’une aventure à la fois intéressante, drôle et touchante. Si The Mandalorian n’est pas parfait sous tous les aspects, c’est au moins un bel espoir pour l’avenir et ce que peut devenir Star Wars.

 

photo, The Mandalorian Saison 1Et puis, franchement... comment ne pas craquer ?

 

CAMILLE VIGNES

1. POUPÉE RUSSE

Derrière un générique entraînant, un humour irrévérencieux et une héroïne new-yorkaise auto-centrée branchouille, Poupée russe cache des interrogations profondes et existentialistes. Elle fait bien plus que reprendre le concept éculé de la boucle temporelle. Elle le tord pour construire autour de ses personnages un purgatoire sordide et inquiétant. L'environnement familier se dépeuple progressivement. Reflet du temps, il devient fou, angoissant et expose progressivement l’absurdité du monde.  

Après sa féroce critique de la société individualiste son final poétique et méta-mindfuck prouve que la série fait bien plus que citer des oeuvres ou pasticher un concept. Elle le transcende et lui donne une saveur nouvelle.   

Et à nouveau, notre critique est disponible ! 

 

photo, Natasha LyonneEt à la fin, on sera plein 

 

2. DANS LEUR REGARD

Dans leur regard est certainement l’une des séries les plus bouleversantes de l’année. Loin u format rigide exigé par le documentaire, en usant (voir abusant) des effets de pathos, Ava DuVernay se penche sur l’histoire tristement connue des "Cinq de Central Park" et romance l’arrestation de ces cinq jeunes de Harlem, accusés à tort du viol d’une joggeuse, jugés coupables et incarcérés. 

Divisée en quatre longs épisodes, la série est extrêmement bien construite. Elle remet en question différents aspects du système judiciaire américain et dénonce sans vergogne ses plus grandes failles. Les sentiments de révolte et d'injustice montent progressivement avant d’exploser dans le dernier épisode grâce, entre autres, à l’interprétation remarquable que Jharrel Jerome fait de Korey Wise. 

C’est une série à charge qui froisse et imprègne forcément le spectateur. Et notre critique est disponible par ICI

 

photo, Jharrel JeromeJharrel Jerome, une très belle révélation

 

3. UMBRELLA ACADEMY 

Commençons par le commencement : c’est l’apocalypse qui se dessine au bout du chemin dans Umbrella Academy. Mais malgré ses faux airs de X-Men, c’est bien plus qu’une série de super-héros que propose Netflix. 

On passera les pouvoirs pas bien originaux de ses protagonistes, car son intérêt se situe autre part. Outre son ambiance rock et barrée, l’intrigue se mue progressivement en un drame familial intimiste. En concentrant chacun de ses épisodes sur un des protagonistes, la série met leur histoire et leur fêlure à nues, ne laissant plus derrière elle qu'une bande d’êtres humains faillibles. Bien plus que de savoir si et comment les personnages contre-carreront la fin inéluctable du monde, ce sont les interactions entre les frères et soeurs qui forme le récit. 

Faire d’une famille dysfonctionnelle son coeur ne contre-balance pas les problèmes de la série, elle qui peine à donner une importance égale à chacun de ses personnages et qui s’enlise parfois dans une fausse lenteur. Non. Mais ça fait d'Umbrella Academy une série véritablement attachante. Et pour ne rien gâcher, ses scènes d’actions apportent tout le peps et la fougue qui peuvent lui faire défaut. 

D'ailleurs, notre critique complète est

 

photoFin du monde pour retrouvailles

 

MATHIEU JABORSKA

1. CHERNOBYL

Beaucoup d'encre a coulé à propos du traitement historique concret de la série, et d'ailleurs, l'auteur de ces lignes est persuadé que c'est loin d'être le bon angle pour la traiter. Car à force de se focaliser sur cet aspect, on en oublie la qualité première de ce nouveau tour de force produit par HBO. Chernobyl est sans conteste une des oeuvres les plus terrifiantes qui ont été conçues ces dernières années, tous médiums confondus.

Le cauchemar anxiogène de la fin de l'épisode 2, l'horreur lente et cruelle qui se terre dans l'épisode 3, la violence sourde et sous-jacente qui émane du premier épisode sont des chocs traumatiques assez inédits, se construisant justement à travers un regard historique. Traduisez : Craig Mazin et Johan Renck utilisent l'impact actuel d'une catastrophe encore dans tous les esprits pour rendre authentique une peur viscérale, justifiée et légitime. L'idée est plus d'atteindre le spectateur grâce à une émotion forte que de vraiment lui exposer les faits dans leur vérité nue. Car ce qui compte au fond, c'est ce qu'on ressent.

En ça, dans le genre, Chernobyl pourrait bien devenir un cas d'école. Du moins, on l'espère.

Notre critique est disponible ici.

 

PhotoUne autre scène spectaculaire

 

2. LOVE, DEATH & ROBOTS

La critique fournie ci-bas descend en bonne et due forme et avec des arguments solides l'anthologie de David Fincher et Tim Miller. Mais la rédaction d'Ecran Large se distingue par l'anarchie culturelle qui y règne. Il s'agit donc de défendre Love, Death & Robots, essai certes pas toujours régulier, comme toutes les anthologies, mais assurément ambitieux dans sa proposition.

18 épisodes techniquement plus renversants les uns que les autres se succèdent, pour un melting-pot honnête et surtout très libre d'un paquet d'obsessions science-fictionnelles modernes. L'imperfection devient une qualité : la série dans sa globalité mise tout sur la générosité, thématique ou visuelle, de ses épisodes. Du SFX porn le plus sale à la réflexion métaphysique vertigineuse, le catalogue est tout de même bien fourni et se consomme comme un énorme buffet à volonté.

Et si on commence à traiter au cas par cas, certains épisodes, comme l'hallucinant L'Oeuvre de Zima, sont des courts-métrages absolument renversants de qualité, des oeuvres indispensables pour tout amateur d'animation qui se respecte.

Notre critique est disponible ici.

 

photoLe truc le plus fou techniquement jamais vu cette année

 

3. PRIMAL

Cinq épisodes de 20 minutes, ça suffit parfois. La série auteuriste de Genndy Tartakovsky est à l'image de son titre : primale. Il est question ici de la survie originelle, de la violence première, le tout en 100 minutes dépourvues du moindre dialogue.

Et la violence, elle, est bien présente : le trait anguleux du dessin exacerbe des jets de sang impitoyables éclaboussant chaque centimètre de cet univers. Mais alors qu'on pourrait s'attendre à un trip viscéral et bourrin, on se retrouve avec une oeuvre qui pense sa propre violence tout en la mettant en scène. Ainsi, la véritable brutalité primale devient psychologique. C'est une brutalité subie (le premier épisode est sans répit), mais aussi commise, puisqu'il s'agit de donner un sens au massacre perpétuel de la vie.

Culminant dans un final dont le surréalisme va appuyer encore plus cette remise en question, la proposition est quand même d'une audace assez impressionnante. 5 épisodes de 20 minutes, ça suffit parfois.

Notre critique est disponible ici.

 

image trailerDu sang, des dinosaures. Qu'attendez-vous ?

commentaires

Omegaton
25/01/2020 à 20:54

watchmen, the boys et la dernière saison de got...le reste je dirais juste...osef

sylvinception
14/01/2020 à 18:14

Et la saison 2 de Killing Eve, bordel à queue ??

Stivostine
13/01/2020 à 14:23

The Righteous Gemstones meilleure tv serie comique 2019

Madolic
06/01/2020 à 09:37

Merci la rédac, j'ai regardé Years & Years du coup, je suis TRAUMATISÉ !! ^^

Kyle Reese
31/12/2019 à 14:38

Pas vu encore Mr Robot 4, série folle dingue dont la saison ultime aurai pu être dans mon top si je l'avais vu plus tôt. Pas vu Euphoria qui me tente bien.
2019 a été un très bon cru, merci aussi aux nouvelles plateforme de diffusion et à leur compétition commercial.
La meilleur chose qui soient arrivé pour les fans de fictions en tout genre, le niveau de qualité monte.

ah et vive le retour de Westworld pour 2020.

Ps: The Witcher ne me tente pas plus que ça finalement, ayant pourtant été fan de GOT.

kyle reese
31/12/2019 à 14:28

1- Ex-equo: Watchmen et The boys. Ou comment déconstruire le mythe du superhéros tout en enrichissant le thème de façon maligne et jubilatoire.

2- Ex-equo: Tchenobyl et When they see us.
Fini de rire avec les hommes et femmes en collant spandex retour à la vrai vie.
L'horreur invisible et sournoise enfin palpable d'une catastrophe terrible à la fois si lointaine et si proche. On comprend enfin ce qui s'est réellement passé et ce à quoi on a échappé. Ca fait froid dans le dos et on ne peut que s'incliner devant tant de vie sacrifiée pour éviter que l’Europe ne devienne plus qu'une terre morte avec des millions de victimes.
On aurai pu y passer.
Et un drame sur l'injustice absolument bouleversant en tout point.
L'histoire est édifiante, les acteurs sont renversant. Du très haut niveau.

3-The Mandolorian. Une friandise surprise. C'est beau, c'est mystérieux, c'est fun, ça tire partout, c'est du Star Wars 80's style façon pulp. Du neuf avec du vieux mais avec derrière qqun qui a tout compris de l'univers et qui a décidé de bien s'amuser avec, ca fait du bien.

Ca fait 5 séries pour mon top 3, ah oui j'ai triché ... oups ! :)

greg67
30/12/2019 à 11:34

Dark Crystal restera pour longtemps la série la plus marquante de 2019.
Toutes les autres citées sont super mais je n'ai pas vu Euphoria.
J'ai l'impression que le niveau était super haut cette année. Comment va t'on faire pour suivre en 2020???

Trio
29/12/2019 à 16:16

Chernobyl, The Boyz, The Witcher.

TheDom
29/12/2019 à 15:38

Tchernobyl #1 sans aucune hésitation pour moi
Puis Dark et égalité entre The Morning Show, For All Mankind et Euphoria.

Vivement Better Call Saul et Westworld en 2020 !

Vinny
29/12/2019 à 01:07

Darkk crystal, Mandolorian et Chernobyl.
Dark crystal ❤️❤️❤️❤️

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