Vampires, Mortel, Marianne... : Netflix, sauveur ou fossoyeur des séries de genre françaises ?

Mathieu Jaborska | 4 avril 2020
Mathieu Jaborska | 4 avril 2020

Le fantastique et l'horreur fleurissent sur Netflix. Et la plateforme a donné une belle  place aux séries françaises de genre. Pour le meilleur ? Pour le pire ? Et avec quel avenir ?

La création française charrie son lot de stéréotypes et avis arrêtés. A en croire les âmes chagrines, le cinéma hexagonal ne se composerait que d'atroces comédies produites pour le prime time, les séries en seraient encore à Joséphine, ange gardien et les propositions de genre seraient bien incapables de faire jeu égal avec leurs concurrents espagnols, britanniques ou encore américains. Autant d'affirmations qui reposent sur pas mal d'années de traumatismes, mais qui sont loin de s'avérer exactes et ont tendance à regarder dans le rétroviseur, plutôt que vers les écrans d'aujourd'hui.

On le voit avec Netflix, qui compte désormais parmi les principaux diffuseurs de productions françaises au niveau international, et qui a initié plusieurs séries dites de genre, la réception, l'exploitation et la production de ce type d'oeuvres est un défi, dont l'issue n'est jamais certaines. Après MarianneMortel et Vampires, la plateforme est-elle en passe de sauver l'horreur à la française, ou d'entériner sa malédiction ?

 

photoPentacle : 0,5/20

 

ORIGINALITÉ MADE IN NETFLIX

Alors que le chemin de croix hallucinant et précaire d’auteurs indépendants tels que Quarxx (Tous les dieux du ciel), Run (Mutafukaz) ou le duo Seth Ickerman (Blood Machines) ne choque plus que les amateurs, dépités de voir les quelques approches originales du genre disparaître dans les limbes de la distribution anecdotique, l’arrivée de l’empafé Netflix a de quoi susciter la méfiance. Autrement dit, la plateforme a intérêt à ne pas se contenter de perpétuer des tropes éculés depuis belle lurette. Le fan de fantastique moderne exige d’un producteur aussi influent un certain équilibre entre intrigues populaires et approches innovantes. Les produits en question étant destinés à être vus du grand nombre, il s’agit de ne pas dégouter un public pas franchement habitué à entendre des vampires parler français.

Difficile de jeter la pierre à Netflix sur ce point là. Certes, personne ne verra dans ce panel de trois séries des expérimentations visuelles et thématiques particulièrement radicales, mais il faut remettre les choses dans leur contexte. Le fait de proposer à des auteurs de mettre en scène un univers fantastique sans s’encombrer de pincettes constitue déjà une forme de prise de risque. Les trois œuvres s’adressent avant tout à des novices méfiants envers ce type d’essais. Mieux vaut ne pas s’attarder la dessus et souligner tout de même que Marianne se veut métaphore du processus d’écriture, Vampires s’attaque sans peur ni reproche au mythe surinterprété éponyme, et Mortel met en scène un imaginaire souvent mal perçu.

 

photoMagic people, voodoo people

 

Des dizaines d’années après le chef d'oeuvre de Jacques Tourneur et L'Emprise des ténèbres de Wes Craven, les auteurs de genre français s’imposent comme les principaux dépoussiéreurs du vaudou, culture dont est issu le fameux zombie. Les amoureux du cinéma de Bonello nous maudiront peut-être pour avoir osé formuler la question, mais comment ne pas voir dans Mortel une continuation des thèmes développés par l’atypique Zombi Child ? Du film d’auteur à la série populaire, il n’y a qu’un pas allégrement franchi par Frédéric Garcia, liant les peines de cœur d’adolescents à l’attrait d’un surnaturel plus sournois qu’il n’en a l’air. Moins subtil, le parallèle n’en demeure pas moins intéressant et témoigne d’une volonté de trouver le point de balance entre fantastique référencé et mise en scène réaliste imposée par des budgets loin d’être faramineux.

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commentaires

Blow
04/04/2020 à 19:19

C es tellement nul les séries françaises rien d étonnant

Mad
04/04/2020 à 13:58

Marianne c'était quand même vraiment pas mal ! Dommage de l'avoir annulé. Ca avait la qualité d'acting de Zone Blanche (avec la géniale Tiphaine Daviot), on comprenait bien les acteurs français dans leur diction (chose tellement rare...) et l'univers était soigné et très plaisant. Une sorte de Alan Wake revisité avec pas mal de folklore. Une saison 2 aurait été bienvenue.

Les deux autres j'ai pas vu mais avec les trailers ça a l'air de puer le caca.

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