The Last Man on Earth : et si c'était définitivement l'une des séries les plus drôles du moment ?

Geoffrey Crété | 9 mai 2017
Geoffrey Crété | 9 mai 2017

The Last Man on Earth, la série de et avec Will Forte, est devenue en trois saisons un délicieux rendez-vous comique et ridicule.

C'est l'histoire du dernier homme sur Terre, seul survivant d'une épidémie qui a tué l'humanité. Ou presque. Car après avoir silloné les Etats-Unis pour constater qu'il n'y avait plus personne, transformé une villa en gigantesque man cave et décidé de se suicider, Phil Miller rencontre une femme, qui pensait elle aussi être la dernière. C'est évidemment trop beau pour être vrai : ce sera le début d'un autre cauchemar pour le pauvre homme, qui comprendra vite qu'être seul était peut-être plus facile.

Lancée en mars 2015 sur la Fox, The Last Man on Earth, créée par Will Forte qui en interprète aussi le premier rôle, a vu sa troisième saison se conclure ce week-end. Une conclusion encore une fois étonnante et drôle, qui confirme après 47 épisodes que la série est définitivement l'un des objets les plus décalés et irrésistibles du moment.

 

Photo Will Forte

 

L'ENFER, C'EST UN PEU LES AUTRES

Derrière The Last Man on Earth, il y a Phil Lord et Chris Miller, le duo derrière La Grande Aventure Lego, 21 Jump Street et le spin-off de Star Wars sur Han Solo. Il y a aussi Will Forte, l'un des visages du Saturday Night Live des années 2000, connu notamment pour son rôle de MacGruber, parodie de McGyver adaptée en film.

Désireux de créer une série ensemble, les trois hommes se réunissent pendant plusieurs jours. Dès que l'idée d'un décor post-apocalyptique est lancée, Will Forte, acteur et scénariste, s'emballe : en un week-end, il écrit l'intrigue d'une première saison centrée sur le soit-disant dernier homme sur Terre (Phil Miller : clin d'oeil aux réalisateurs), qui trouve finalement d'autres survivants, pour le meilleur comme pour le pire.

Le trio s'inspire bien sûr de classiques du genre, du Survivant avec Charlton Heston à 28 jours plus tard de Danny Boyle. Mais pour Will Forte, il y a surtout Life After People, une docu-fiction en 20 épisodes diffusée en 2008, qui imagine le monde que l'humanité laisserait derrière elle en cas d'extinction. Convaincus que leur série trouvera une maison sur le câble, ils finissent chez la Fox.

 

Photo Will Forte, Kristen Schaal

 

JE SUIS PRESQUE UNE LÉGENDE

The Last Man on Earth a vite frappé par sa mise en scène, son timing comique impeccable, et une précision irrésistible dans le fond comme dans la forme. De l'apparition du titre qui s'imprime avec un son désespéré sur un plan significatif à l'utilisation récurrente d'un excellent thème musical, la série a su se créer une réelle identité, d'autant plus charmante qu'elle dénote dans le paysage un peu trop consensuel de la comédie sur le petit écran.

 

Photo Will Forte, Cleopatra Coleman

 

Le génie vient aussi du casting formidable. Leader looser de la troupe, Will Forte est simplement fantastique, parvenant à rendre ce pauvre type profondément ridicule et tendre, provoquant tour à tour des sourires complices ou des soupirs d'exaspération. L'acteur, qui a été showrunner sur la première saison, a en plus su s'entourer de talents impeccables, avec un sens du casting génial qui lui a permis de former un groupe aussi absurde qu'enthousiasmant - l'expérience du Saturday Night Live, peut-être.

Il y a bien sûr Kristen Schaal, grandiose idée de contrepoids comique, qui apporte d'emblée une énergie folle avec sa voix et ses grands yeux. Ensuite, January Jones, Mary Steenburger, Cleopatra Coleman, Mel Rodriguez ou encore Kenneth Choi : une bande improbable, profondément attachante et fragile. La série prend en outre un malin plaisir à jouer avec ces acteurs, jonglant consciemment avec les stéréotypes qu'ils représentent. De la blonde qui ressemble à un casting de producteur désireux de séduire le public masculin, January Jones est devenue au fil des saisons une femme torturée, frappadingue psychotique ou inquiétante au minimum. Même chose pour Mary Steenburger, prestigieux nom oscarisé qui s'amuse en alcoolique cynique.

 

Photo Will Forte, Kristen Schaal

 

POURQUOI SONT-ILS AUSSI MÉCHANTS ? 

The Last Man on Earth a beau manier les outils de la sitcom classique, avec l'apprentissage de la vie et la force de l'amour et l'amitié, la série est d'une cruauté folle. C'est simple : en trois saisons, elle aura offert quelques morts mémorables et parfaitement gratuites, avec le plaisir parfois pervers de prendre le spectateur par surprise. L'apparition de Will Ferrell a notamment été un grand moment de drôlerie, tout comme l'explosion dans l'épisode 11 de la saison 3, qui offre des adieux grotesques à un personnage.

Le final de la saison 3, qui deviendrait un insupportable season finale si une quatrième saison n'était pas commandée, démontre encore une volonté de se moquer des codes, de lancer et détruire des dynamiques, de rebattre les cartes sans crier gare.

 

Photo Will Ferrell

 

DE L'ALCOOL ET UN RAPTOR

The Last Man on Earth aura bien entendu dû utiliser de grosses ficelles pour nourrir ses intrigues. Le titre n'a lieu d'être que dans le pilote, suite auquel ce Phil vite surnommé Tandy sera constamment accompagné. La série aura au fil des épisodes lancé de nombreuses surprises et deus ex machina pour renouveler l'univers, créer ou régler des conflits, et maintenir l'intérêt du public. Quitte à décevoir celui qui s'attendait à suivre les pérégrinations solitaires et abstraites d'un homme.

 

Photo Will Forte

 

Mais l'affaire est emballée avec suffisamment d'esprit et d'inventivité pour rester drôle et excitante, voire franchement géniale dans ses meilleurs moments. La série ne se prend pas au sérieux, adoptant même une posture de sale gosse qui a volé les clés du garage de papa lorsque des morceaux de décors sont détruits sans réelle raison, ou qu'un costume en latex de raptor devient un running gag sur une saison entière. De la piscine d'alcool présentée dans le mémorable pilote à l'apparition d'un Yoda mis en scène comme dans un film d'horreur, The Last Man on Earth affiche son amour du régressif avec une simplicité charmante.

 

Photo Kristen Schaal 

MODERN FAMILY

Mais si ce joyeux cirque continue à avancer, c'est parce qu'il y a derrière une vraie tendresse. La série est au fond la simple histoire d'un gamin sociopathe sans aucune notion de la vie, qui devra apprendre à devenir un être humain à peu près convenable dans un paysage apocalyptique où la société n'est plus là pour l'encadrer. The Last Man on Earth est finalement la naissance d'un homme, qui commence comme un môme et s'approche peu à peu de l'âge adulte, dans la gigantesque cour d'école qu'est devenue la Terre.

Will Forte manie humour et tendresse avec un vrai talent d'acteur et narrateur, faisant du combat désespéré et désespérant de ce héros qui court après l'amour (au sens le plus large) un moteur quasi inépuisable. Que la série s'inscrive dans une dynamique absurde, avec un goût pour les dialogues décalés ("Mes parents aimaient beaucoup marcher. C'étaient de grands pédophiles") et une volonté d'exploiter divers décors, la rend plus charmante encore.

Et vu la dernière scène de la saison 3, qui amène un nouveau paramètre dans le groupe, l'aventure réserve encore quelques surprises enthousiasmantes. Ne reste plus qu'à espérer que la Fox commande une saison 4, vite.

 

The Last Man on Earth est diffusée sur la Fox aux Etats-Unis, et sur Canal + en France.

 

Affiche

 

commentaires

stone
24/04/2019 à 14:24

serie au top dommage pour la saison 5

herve
07/06/2018 à 13:33

depuis Malcolm je n avais trouve une serie qui fait rire [beaucoup] et pleurer [toujours beaucoup]

Caribbean_curly
28/07/2017 à 23:44

Cette série touche toutes les émotions d'un être vivant.

bowli
21/06/2017 à 02:35

Série sans prétention qui se regarde.
Ça passe le temps. On rit parfois.
Évidemment, à voir en V.O.

Geoffrey Crété - Rédaction
11/05/2017 à 16:03

@DrNorimaki_84884

On n'écrit pas n'importe quoi à ce point là quand même ;)

DrNorimaki_84884
11/05/2017 à 12:52

Edit: Je me suis trompé, l’épisode 17 & 18 ont été diffusés le même jour, le 07/05.

DrNorimaki_84884
11/05/2017 à 12:39

"The Last Man on Earth, créée par Will Forte qui en interprète aussi le premier rôle, a vu sa troisième saison se conclure ce week-end."

La saison 3 ne se termine pas au 16eme épisodes, il en reste encore deux.

Touk
10/05/2017 à 18:08

@REA

Tu viens commenter et exprimer ton avis sans prendre de pincettes, j'ai simplement fait de même. Et je ne vais pas m'en excuser, ni rappeler l'évidence que ma parole n'est pas d'or ou que je parle au nom de l'humanité au bon goût.

Sinon, pour ton étiquette "bon public", j'ose espérer qu'il n'y a pas mépris camouflé derrière. D'ailleurs, j'ai toujours trouvé Big Bang Theory "nul de chez nul" justement. Jamais rigolé, jamais trouvé ça fin ou malin ou inventif : juste ordinaire et carré, de la manière la plus agaçante et ennuyeuse qui soit pour moi. Je préfère largement les nerds de The IT Crowd. Qui a d'ailleurs un côté absurde qui, par certains aspects, se situe dans le même univers que TLMOE. C'est peut-être ça au fond : l'humour qui vaut le coup à mes yeux, c'est celui qui recherche et s'amuse, avec le fond et la forme, et a un recul certain sur le genre, les ficelles, la formule. Comme duf Futurama, ou du Community dans ses bons moments. J'ai beau aimer Friends (et je ne dirais pas constante de manière si indiscutable : la dernière saison n'est pas la seule à être moyenne, et plein de gens seraient d'accord avec moi, si c'est un argument), c'est pour moi très loin de ce niveau que je respecte et admire.

REA
10/05/2017 à 17:57

@touk
Que tu ne sois pas d'accord, libre à toi. J'exprime MON avis. Je ne détiens pas la vérité, ni toi, ni personne. Sur une fameuse appli, des gens partagent mon sentiment. Comme d'autres partageront le tien.

Les séries humoristiques, c'est selon moi l'exercice le plus difficile. On est pas sensible aux mêmes choses. Après tu fais sans doute partie de la catégorie "bon public"

Par exemple Big Bang Theory a été bonne jusqu'à la 5 (pour moi, et de mémoire), puis elle a décliné, pour remonter un peu, décliner à nouveau, et se stabiliser dans la médiocrité et surtout la facilité.
- 2 Broke Grils, ça doit faire 2 saisons que c'est en roue libre. Plus vraiment de références à l'actualité, plus de vannes assassines.

La comédie est registre difficile, je le répète. La seule qui a su rester constante, c'est FRIENDS jusqu'à la très moyenne dernière saison.

mikegyver
10/05/2017 à 14:55

serie a la limite du regardable..... la 1ere saison est d'une nullité abyssale....c'est chiant, pas drole, voire meme enervant.

j'ai ensuite vu des episodes de-ci de-la sur canal , toujours aussi navrant, mais avec maintenant pleins de personnages, c'est tout.

bref je conseille la 1ere saison, vous allez tout de suite sentir le probleme et ne pas y revenir

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