La Famille Willoughby : critique qui dit vorce

Simon Riaux | 28 avril 2020 - MAJ : 28/04/2020 18:56
Simon Riaux | 28 avril 2020 - MAJ : 28/04/2020 18:56

Si Disney+ est le maître incontesté des programmes familiaux, Netflix est très loin d’avoir lâché le domaine de l’animation. Du catalogue Ghibli aux anime japonais, en passant par le récent Klaus, la firme s’efforce d’accueillir un éventail de productions de plus en plus variées, au sein duquel La Famille Willoughby compte bien se tailler la part belle.

LES ENFANTS SONT FORMIDABLES

Plutôt que d’affronter frontalement Tonton Mickey, le long-métrage qui nous intéresse se veut résolument une proposition alternative, destinée aussi bien aux enfants qu’à leurs aînés, accessible, mais non dénuée de mordant. Une note d’intention évidente dès l’ouverture, au cours de laquelle un Ricky Gervais transformé en chat narrateur annonce la couleur. Et si on se méfie de prime abord un peu de cette intro qui professe malice et provocation, on sera progressivement rassuré.

Avec cette chronique d’une famille faisant tout son possible pour se décomposer, alors que les parents s’efforcent de ne pas cohabiter avec leur progéniture, laquelle fantasme de les faire périr au cours d’un voyage organisé, les réalisateurs Kris Pearn et Rob Lodermeier s’en donnent à cœur joie. Bien sûr, on n’est pas dans South Park, mais La Famille Willoughby prend un malin plaisir à taper sur les idées reçues que charrient ses thèmes. L’amour filial y a des conséquences terribles, les bébés sont des machines à gags qu’il faut abandonner au plus vite et les orphelins une engeance problématique synonyme de catastrophe.

 

photoUn père aussi indigne que sa moustache

 

Ces thématiques sont abordées avec une efficacité remarquable par le scénario, qui file comme l’éclair. Sitôt l’intrigue embarquée sur des rails familiers, la narration tangue et surprend. Ainsi, en moins de quarante minutes, le film d’animation modifie successivement ses équilibres, ses lignes de force et déjoue la plupart des situations attendues qui se présentent. Ce constat vaut aussi pour les gags, qui jouent sur des registres très différents, mêlant un sens du contretemps souvent remarquable, avec un comique de situation à l’ancienne lui aussi très maîtrisé. L’écriture des jumeaux Barnaby est à ce titre exemplaires, les deux têtes rousses dopant littéralement l’action de chaque séquence, sans se départir d’une véritable personnalité.

 

photoComment tuer ses parents, mode d'emploi

 

VERY OLD SCHOOL

Esthétiquement, on serait d’abord tenté de saluer le travail du studio Bron, même si leur expérimentation souffre de limites évidentes. Long-métrage réalisé par ordinateur, visant à reproduire les textures, volumes et particularités de l’animation en stop motion, La Famille Willoughby est initialement un ravissement plastique. Les modèles 3D qui remplacent ici les modèles réduits en latex utilisés traditionnellement les contrefont souvent admirablement, et s’accordent bien avec la très riche direction artistique, et un agencement de textures et de couleurs qui flattent constamment l’œil.

Néanmoins, le bémol viendra lui de la mise en scène, curieusement déférente à l’égard des techniques de jadis. Reproduire le rendu de l’animation traditionnelle était une opportunité passionnante, en cela qu’elle permettait d’en libérer grandement la caméra. Mais à l’exception de quelques séquences du climax, ou d’un très beau plan lors de l’intervention inopportune des services sociaux, découpage et mouvements d’appareils singent les méthodes du passé plus qu’ils n’essaient de les renouveler. C’est là le principal grief qu’on pourra adresser à ce film, qui demeure toujours plaisant et impertinent.

 

photo

Résumé

Faux film animé image par image et vrai voyage numérique, La Famille Willoughby est un rêve remuant aussi joli que divertissant, en dépit du classicisme de sa mise en scène.

Lecteurs

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commentaires

Nbbbbvbbbbnbbvnbjnvnlbn bnvvd faire
04/05/2020 à 16:31

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Daddy Rich
29/04/2020 à 13:48

Découvert hier avec les enfants!
Perso, je ne suis pas vraiment dessins animés!
Mais j'avoue que depuis quelques visionnages, j'apprécie beaucoup les films animés Netflix.
"Gare aux Gnomes" "Artic Justice" et le non moins merveilleux "Klaus"!
Mes deux Gremlins ont adoré cette Famille Willoughby!
Une alternative solide, face aux Disney!
Et je reconnais me prêter aux aventures des héros Netflix... sans rechigner et avec un certain plaisir!

M1pats
29/04/2020 à 00:55

Hum hum, très intéressant ce que Netflix fait avec l animation, vivement les prochains films

Mishima
29/04/2020 à 00:50

Belle critique. En revanche, le film est, à mon sens, esthétiquement laid et pas drôle.

Grift
28/04/2020 à 21:53

Ba didon Simon Riaux, elle est super bien écrite cette critique !

Jojo
28/04/2020 à 20:22

Un peu trop mais vraiment trop farfelu pour moi, je n'ai pas pû arriver jusqu'à la fin.

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