Silent Hill : du pire au meilleur, classement des jeux de l'enfer

La Rédaction | 17 novembre 2019 - MAJ : 17/11/2019 15:35
La Rédaction | 17 novembre 2019 - MAJ : 17/11/2019 15:35

Death Stranding de Hideo Kojima est arrivé, et ça donne envie de reparler de Silent Hill.

Le rapport entre Hideo Kojima et Silent Hill ? La superstar du jeu vidéo a failli reprendre la saga culte de Konami. En août 2014, Silent Hills était annoncé, en collaboration avec Guillermo del Toro - soit un fantasme pour bien des amateurs d'horreur. Une bande-annonce-demo est mise en ligne, et excite les esprits. Puis, en 2015, tout est annulé. La rupture entre Kojima et Konami est actée et la douleur des fans, immense.

Alors que Death Stranding est arrivé ce 8 novembre pour se mesurer aux attentes folles des joueurs, l'équipe d'Ecran Large a eu envie de revenir sur les collines silencieuses et hallucinées, pour classer les épisodes principaux de la série.

 

 

8. SILENT HILL : HOMECOMING

IL SE PASSE QUOI : Alex Sheperd est un militaire (ou pas) retournant dans son foyer à Silent Hill Sheperd's Glen. Une fois arrivé dans la ville qui porte son nom (TIENS TIENS TIENS), il retrouve que Lillian, sa mère catatonique. Son père Adam et son petit frère Josh sont absents, le premier étant parti à la recherche du second, véritable chouchou des parents Sheperd qui a disparu.

Alex apprend que la ville a prospéré suite à un pacte passé entre les quatre familles fondatrices (et par ailleurs sécessionnaires de l'Ordre de Silent Hill) et un dieu, qui réclame quatre sacrifices tous les 50 ans : un enfant issu de chaque clan, les Fitch, les Bartlett, les Holloway, et bien évidemment, les Sheperd. Un pacte qui a été scrupuleusement respecté mais qui a mal tourné lors de cette génération.

Alex comprend alors l'horrible vérité : s'il n'a jamais reçu la moindre miette d'amour parental, c'est parce qu'il n'a été conçu que pour satisfaire un sacrifice, tandis que Josh représentait le véritable fruit du couple Sheperd. Une situation d'autant plus intenable que Josh est en réalité mort accidentellement à cause d'Alex hors du cadre du rituel (donc l'arbitre valide pas, y'a hors jeu), et que malgré leurs efforts pour réprimer leur amour naturel pour leur fils Alex, Lillian et Adam n'arrivent plus à se résoudre à tuer leur désormais seul et unique enfant. Pas mal hein ? Dommage, l'Ordre arrive pour foutre le feu et tenter de remettre de l'Ordre, mais ne parvient qu'à transformer le dernier tiers du jeu en massacre nazouille à la Hostel.

 

photoPoint faible ultime de ce jeu : le gameplay

 

POURQUOI C'EST... BAH PAS TRÈS BIEN : S'il est le vilain petit canard de la série avec Book of Memories (dont on ne parlera pas car on se respecte), Silent Hill : Homecoming n'est en aucun cas un nanar videoludique, juste un jeu malade. Premier jeu de la licence sur PS3, il offre des graphismes pourtant assez inégaux en fonction des angles de caméra et des valeurs de plan. Le gameplay est également très poussif : se sentant probablement obligé de répondre à l'offensive Resident Evil 4, ou peut être à cause du changement de l'équipe de développement, Silent Hill se sent obligé de répondre à l'action par l'action et au sang par le sang. Sauf que non seulement personne n'attend ça d'un Silent Hill, mais en plus ça ne marche pas.

Il faut plus que des QTE, du gore, ou la possibilité de pouvoir frapper/tirer en bougeant pour doper un jeu, et surtout il faut beaucoup plus que ça pour lui donner du caractère. Et malheureusement Sheperd's Glen a du mal à faire envie, et avec ses décors globalement pauvres, son intrigue un peu fine et son bestiaire à la ramasse.

Silent Hill : Homecoming lasse voire ennuie rapidement... quand il ne fait pas tout simplement n'importe quoi avec sa mythologie dans son dernier acte. L'ultime segment contre l'Ordre ne manque certes pas de panache, mais avec ses effusions de sang et ses fanatiques allumés, il donne vraiment l'impression de sortir d'un torture porn un peu bête, à l'image de la scène de la perçeuse avec Margaret Holloway.

 

photoAu moins les boss ont une très bonne mise en scène

 

POURQUOI C'EST PAS AFFREUX NON PLUS : Silent Hill reste un univers extrêmement fort, et même un opus raté de la saga livre accidentellement de bons moments. La maison en feu, l'église ou encore (et surtout) la descente aux enfers dans l'esprit du Dr Fitch parviennent miraculeusement à retrouver la vraie âme de la saga, et donnent d'authentiques moments de flippe.

Si l'histoire du jeu est relativement simple à cause d'un manque d'antagonisme fort, les personnages secondaires parviennent sans mal à faire vibrer quelques cordes sensibles (Curtis et Wheeler ne comptent pas). Enfin, meilleure anomalie pour la fin : les boss sont très bien mis en scène et bénéficient de beaux designs (surtout Scarlet). Dommage que les combats soient si nuls.

 

photoMémorable boss

 

7. SILENT HILL : SHATTERED MEMORIES

IL SE PASSE QUOI : Harry Mason se réveille après un accident de voiture. Son véhicule est inutilisable, sa fille Cheryl a disparu, et la tempête de neige qui s’annonce dévoile sous ses pas la petite bourgade de Silent Hill. Sa recherche l’amène bientôt à croiser des figures de son passé, tandis que sa progression s’interrompt à la faveur d’une étrange consultation psychiatrique. Alors que passé et présent s’entremêlent inextricablement, la vérité éclate.

Ce n’est pas Harry qui se perd dans Silent Hill, mais sa fille Cheryl, empêtrée entre ses souvenirs et le deuil impossible de son paternel, dont elle tente de venir à bout à la faveur d’une séance de psychanalyse qui la confronte à ses impensés. Harry est mort, Silent Hill n’est plus, et il nous faut pourtant faire la paix avec cet héritage. Quelque soit la conclusion du jeu, le constat restera identique : le pilier initial de la franchise est mort, et nous devons nous séparer de lui, que cela nous révolte ou nous apaise.

 

photoUn jeu froid comme la mort

 

POURQUOI ÇA NOUS FAIT FROID AU CŒUR : Voilà une expérience follement audacieuse et courageuse thématiquement. Plus qu’un remake, Silent Hill : Shattered Memories est une relecture et en creux, un adieu. Adieu la mythologie, adieu les figures imposées, le jeu réinvente tous les éléments de notre cauchemar préféré, les rejoue puis les déjoue. Au cœur de cette idée, celle que Silent Hill n’est plus, que tout doit s’interrompre un jour.

« Tu as été avec moi depuis si longtemps… » murmure Sheryl à la figure de son père, se figeant en une statue de glace. Pour le connaisseur de la saga, celui qui a éprouvé ses horreurs et arpenté ses profondeurs, cette conclusion est bouleversante.

Côté gameplay, Silent Hill : Shattered Memories ose en finir avec l’action, préférant tout miser sur l’exploration et les énigmes, et surtout sur l’interprétation du joueur. Car loin de n’être qu’un simple gadget, les dialogues avec le thérapeute qui rythment le jeu l’altèrent véritablement en fonction des réponses choisies par le joueur. Des transformations qui vont de la présence d’un accessoire, au style d’un décor, jusqu’à la personnalité des protagonistes.

 

photoTechniquement, c'est un vrai pas en arrière

 

POURQUOI ON N’A PAS DE CŒUR : Malheureusement pour lui, le jeu est arrivé le cul entre deux chaises, sortant sur Wii et PS2, deux formats qui ne l’autorisaient pas à égaler les impressionnantes performances techniques des épisodes précédents. Avouons-le, si la direction artistique et son concept « glaçant » recèle de belles idées… c’est très moche

Quant à s’appuyer essentiellement sur des énigmes et de l’exploration… encore eut-il fallu que les premières soient complexes, et que les limites techniques ne freinent pas violemment la seconde. Pour la première fois dans la saga, les séquences de flippe, basées sur des poursuites tentant d’inoculer urgence et stress à l’ensemble, sont un ratage intégral et sortent systématiquement le joueur de l’intrigue.

 

photoJe suis froid de toi

 

6. SILENT HILL : ORIGINS

IL SE PASSE QUOI : Travis Grady est chauffeur routier, un métier qu'il aime particulièrement car il apprécie la solitude. Alors qu'il est en livraison et emprunte un raccourci qui l'emmène dans les environs de Silent Hill, il manque de percuter un enfant, le forçant à stopper son véhicule. À la recherche de l'enfant, il remarque une maison en feu dans laquelle il parvient à secourir Alessa, une jeune fille gravement brûlée... mais il s'évanouit mystérieusement une fois Alessa tirée d'affaire.

À son réveil, Alessa a disparu. Cherchant à atteindre Silent Hill afin de la retrouver, il sera confronté à l'Ordre, responsable du rituel dans lequel Alessa a été immolée. Mais aussi à ses propres démons : sous ses airs de brave type, Travis cache une histoire mortifère, et des penchants peu recommandables.

 

photoBon là vous voyez qu'une bouillie de pixels, mais les polaroïds de Travis, c'est pas pour les enfants

 

POURQUOI C'EST BIEN : Parce que malgré son allure de prequel dispensable, Silent Hill : Origins dévoile une nouvelle histoire presque à part entière, certes dépendante de Silent Hill ne serait-ce que par ses personnages secondaires, mais qui tient (ou pourrait tenir) d'un seul tenant. Ce n'est certainement pas le seul opus de la saga à nous mettre dans la peau d'un esprit dérangé ou ayant les mains sales, en revanche c'est bien le seul à nous mettre intimement au contact d'un personnage atteint d'un vice pervers qui le rend foncièrement dangereux pour autrui.

Un opus qui brouille tellement les pistes qu'une fois Travis totalement découvert par le joueur, ce dernier se demande s'il n'y pas eu un inversement d'étiquette sur les Good Ending et Bad Ending. Un questionnement particulièrement inquiétant et intéressant en tant que joueur, par nature "ange gardien" du protagoniste... et donc ici d'un type 100% morbide.

Côté gameplay, si on est sûr du classique pour du Silent Hill, l'exploration demeure grisante notamment grâce au système permettant de passer à volonté d'un monde à l'autre via les miroirs du jeu (tout un symbole). La découverte du théâtre Artaud (auteur du "théâtre et son double", TIENS DONC) ainsi que du motel, sont de grands moments de pure horreur psychologique, saupoudrés de beaux boss et monstres (dont la fameuse bête à deux dos).

 

photoIl va falloir un plus gros fusil

 

POURQUOI C'EST PAS PLUS HAUT : Tout simplement parce que l'histoire se prend le mur typique des prequels et s'insère mal dans une mythologie déjà bien installée, répondant à des questions que personne ne se posait. L'histoire personnelle de Travis est très prenante, mais celle qui la lie à Alessa et globalement au premier jeu est complètement artificielle, et assez anecdotique. C'est assez frustrant car il y avait une excellente base pour en faire un opus à part entière, mais Silent Hill : Origins déçoit une péripétie sur deux, puisqu'il recycle mollement une fois sur deux des éléments des autres jeux. Mention spéciale au Boucher : les gars, c'est cramé, tout le monde voit que c'est juste Pyramid Head avec un autre casque.

Côté gameplay, c'est certes pas la mort du fun, mais les innovations sont paresseuses et traduisent un vrai manque d'inspiration, de même que la pauvreté du bestiaire, bien conçu mais beaucoup trop peu diversifié. C'est d'autant plus fatal que le jeu est ringardisé avant même sa sortie, puisque Resident Evil 4 qui a radicalement secoué le gameplay du genre survival horror est sorti deux ans avant. Mais quand on voit que le plus directement inspiré du jeu de Capcom est Silent Hill : Homecoming, on se dit qu'être un peu vieillot, c'est pas toujours si mal.

 

photoLe labyrinthe de la survie d'une saga

 

5. SILENT HILL : DOWNPOUR

IL SE PASSE QUOI : Murphy Pendleton n'a pas vraiment de bol dans la vie. Déjà, il est en prison et ça c'est moyen. En plus, il attend son transfert dans un autre établissement pénitentiaire à la suite d'un "incident" qui a laissé quelqu'un sur le carreau. Et c'est durant le voyage que l'impensable se produit. Le bus est victime d'un accident, tout le monde est tué à part Murphy et la policière Anne Cunningham.

En cavale, il atterrit dans la ville de Silent Hill où des choses étranges commencent à se produire et ce n'est pas uniquement du fait du postier bizarre qu'il croise. Voulant à tout prix s'échapper, Murphy s'enfonce dans les méandres de la bourgade tout autant que dans ceux de son passé et notamment de la mort terrible de son fils Charlie, abusé et noyé.

La fin n'est pas fixée puisqu'il y en a 6 mais on apprend qu'Anne était la fille de Coleridge, tué malencontreusement lorsque Murphy avait eu accès au meurtrier de son fils, Napier, via l'employé corrompu Sewell. Murphy peut être pardonné par Anne (s'il ne l'a pas tuée au début) comme s'enfermer dans ses propres ténèbres. Bref, c'est pas clair.

 

DownpourEn gros, comme point de départ, c'est Le Fugitif

 

POURQUOI C'EST UN BON EPISODE : On ne va pas dire que Silent Hill : Downpour c'est très, très bien, on va juste dire que c'est mieux que Silent Hill : Homecoming. Développé une nouvelle fois par une boite occidentale, les Tchèques de Vatra Games, Downpour tente quelque peu de renouveler la formule, notamment en proposant un monde ouvert, une nouvelle gestion des armes et l'absence de brouillard remplacé par une pluie incessante.

Techniquement, le jeu est abouti et Daniel Licht nous propose une bande-originale envoûtante, même si elle n'arrive pas aux chevilles de celles composées par Akira Yamaoka. Et, gros point fort, cet épisode évite les lieux connus de cet univers et nous propose pleins de nouveaux environnements. La mise en scène est d'ailleurs très efficace, avec une gestion des transitions plus que spectaculaire, et un désir de redynamiser l'exploration et le cauchemar (cette fameuse glissade des enfers au début du jeu).

 

DownpourUn postier un brin étrange

 

POURQUOI C'EST PAS PLUS HAUT : Parce que c'est pas dingue non plus, faut pas se mentir. On a quand même l'impression qu'en dépit d'excellentes idées, Downpour n'arrive pas à se détacher de son modèle, devant scrupuleusement respecter un cahier des charges plus contraignant qu'autre chose. Déjà le côté action présent dans Homecoming est encore plus renforcé et les combats de boss se font en QTE.

Si cet opus nous avait fait rêver en nous promettant des choix multiples qui influenceraient l'histoire, au final, il s'agit plus d'un gadget qu'autre chose puisqu'aucune de nos actions n'a de réel impact sur le déroulement. De plus, si le scénario est intéressant, il ne retrouve jamais la patte et l'esprit propres à Silent Hill. La dimension symbolique du bestiaire est plutôt fade et ne répond plus aux codes inhérents à la saga. Et ce n'est pas le Bogeyman, resucée de Pyramid Head qui va nous convaincre du contraire, malgré son joli design. Bref, un épisode mineur qui a malheureusement tué la saga.

 

DownpourOui, l'eau, ça mouille

 

4. SILENT HILL : THE ROOM

IL SE PASSE QUOI : Henry Townshend a un gros problème. Il ne peut plus sortir de son appartement vu que quelqu'un y a posé des chaines de l'intérieur et qu'il n'a pas la clé. Heureusement, un trou dans le mur lui permet de gagner certaines zones, comme un métro, un orphelinat, une prison, un hôpital... Sauf que tous ceux qu'il croisent se font buter par celui qui semble être le tueur en série Walter Sullivan, pourtant décédé.

Quand en plus, sa voisine Eileen, qu'il espionne par un petit trou dans le mur, devient une cible, Henry se dit qu'il n'a pas le choix et doit résoudre ce mystère qui l'entrainera dans les méandres de l'esprit de Sullivan et, d'une certaine manière, à Silent Hill.

A la fin, pour sauver Eileen, Henry combat Walter Sullivan. La porte de son appartement s'ouvre et il est libre. Sauf si, bien entendu, vous avez la mauvaise fin.

 

Silent Hill 4Privé de sortie

 

POURQUOI C'EST DU TRES BON NIVEAU : Déjà parce que Silent Hill 4 : The Room change considérablement la formule que nous avons eu pendant trois jeux. Ensuite parce qu'il s'inscrit dans la timeline de Silent Hill 2 en reprenant notamment le personnage de Walter Sullivan (qui n'était que mentionné) et en faisant intervenir le père de James Sunderland.

Le changement d'ambiance est radical et violent mais ô combien rafraichissant. Il se dégage de ce Silent Hill une profonde mélancolie qu'aucun des opus précédents n'avait su atteindre. Par la faiblesse de son héros notamment, ses failles, son rapport trouble et frustré aux femmes et sa connexion évidente avec l'esprit originel de la saga.

De plus, le jeu entier est enveloppé dans un malaise poisseux qui touche à des thèmes oedipiens saisissants, tout en gardant une part de mystère évidente. Silent Hill : The Room est un jeu exigeant avec son public, mais envoûtant et tellement bizarre qu'il reste en tête bien longtemps après l'avoir terminé.

 

Silent Hill 4Grosse ambiance

 

POURQUOI C'EST PAS PLUS HAUT : La légende veut que ce jeu ait d'abord été un titre indépendant de la saga, intitulé Room 302, ce qui est faux puisqu'il a toujours été envisagé comme un épisode de Silent Hill. Et c'est peut-être son principal problème : le jeu est aux antipodes de ce que l'on connait et de ce qui a fait le succès de la saga.

On y sent une certaine lassitude de la Team Silent ainsi qu'une réelle envie de passer à autre chose, ce qui explique probablement sa direction artistique et son gameplay très différents du reste. D'ailleurs, c'est bien le gameplay qui pose le plus problème avec d'une part, la faible constitution d'Henry, sa maladresse arme en main, et de l'autre les fantômes increvables qui parcourent l'aventure. Si l'idée est bonne sur le papier, manette en main, elle est plus frustrante qu'autre chose ; d'autant qu'aucun monstre du bestiaire n'arrive à réellement tirer son épingle du jeu (et surtout pas les infirmières roteuses avec leur carrure de gymnaste Est-Allemande). Hormis, bien entendu, ces affreux bébés géants, ultra flippants.

 

photoQui a pu oublier ça ?

 

3. SILENT HILL 3

IL SE PASSE QUOI : Heather, 17 ans, est aspirée malgré elle dans une dimension cauchemardesque, peuplée de monstres. Elle est en réalité la "fille" de Harry Mason, le héros du premier jeu, qui s'était vu offrir un bébé à la fin de son cauchemar. Il a changé son nom pour la cacher de l'Ordre, qui cherche à la ramener à Silent Hill. Lorsque son père est tué, Heather retourne dans la ville des enfers, où elle apprend qu'une part de cette foutue Alessa est en elle. Elle porte donc une part de dieu et de démon.

La folle de service s'appelle Claudia, nouvelle Dahlia qui cherche à ramener le démon, au nom du culte. Elle a grandi avec Alessa, a engagé un détective pour la retrouver, et a fait tuer Harry.

Selon la fin, Heather survit et reprend le nom de Cheryl, est dominée par le démon, ou retrouve son père tandis que la ville est détruite par des aliens dans l'UFO ending.

 

photoLapin de malheur

 

POURQUOI C'EST EXCELLENT : Parce que ce troisième opus clôt intelligemment l'histoire du premier jeu, agrandit et réattaque l'univers pour l'approfondir, et offre un superbe personnage qui incarne à merveille les thématiques riches et troublantes de la saga. Suivre et découvrir Heather, c'est presque comme passer de l'autre côté du miroir de l'univers. D'autant que c'est la seule héroïne de la saga à ce jour, ce qui offre un angle nouveau sur une mythologie articulée autour du masculin perdu dans une matrice quasi utérienne.

Silent Hill 3 est par ailleurs très beau, et offre quelques unes des scènes les plus impressionnantes et sensationnelles de la saga. Que Heather affronte son propre reflet dans un miroir des enfers, évolue dans un métro qui ressemble aux sept wagons de l'enfer, longe des murs qui vibrent de sang et de chair, ou vomisse un dieu-démon, et le degré de cauchemar grimpe en flèche. La maîtrise technique se marie parfaitement avec l'aspect plus baroque de ce troisième opus, qui a une palette de couleurs plus riche et étonnante. Silent Hill 3 tranche ainsi avec les ambiances plus grises, noires et blanches des deux précédents, tout en se posant en dernier volet d'une trilogie belle et folle. La fin d'une ère.

 

photoLa ligne 13 le dimanche matin

 

POURQUOI C'EST PAS PLUS HAUT : Parce que la compétition sur le podium est rude, et la qualité des trois premiers jeux est immense. La rédaction a un peu pleuré en devant les classer.

Mais aussi parce qu'après la force de Silent Hill qui a retourné le genre, et la puissance noire et abyssale de Silent Hill 2, Silent Hill 3 est presque trop limpide, trop clair, comme s'il avait fallu parler à un public plus large. Heather n'a pas la profondeur inquiétante de James, ou d'autres protagonistes à venir, et son aventure n'a donc pas la dimension psychologique et symbolique qui en aurait fait un épisode surpuissant.

Enfin, ce Silent Hill 3 reprend la formule des deux précédents sans véritablement la chambouler, si bien que pour tout amateur de la saga, c'est presque une promenade de santé. Avec les mêmes problémes de caméra qui rendent parfois fou, et une certaine rigidité peu remise en question. Ce n'est pas un hasard si après ce jeu, la série évoluera, remettra en question le gameplay, et se cherchera dans différentes directions.

 

photoHeather et Heather

 

2. SILENT HILL

IL SE PASSE QUOI : Sur une route isolée, Harry Mason manque d'écraser une fille et a un accident de voiture. À son réveil, sa fille Cheryl a disparu. Il part à sa recherche dans Silent Hill, une petite ville déserte plongée dans un étrange brouillard qui cache d'horribles choses. Notamment une dimension parallèle cauchemardesque, qui prend possession des rues et bâtiments, et peuplée de monstres.

Piégée dans Silent Hill, comme la policière Cybil Bennett, il découvre que la fille qu'il a failli écraser est Alessa, et qu'elle est responsable des ténèbres qui se sont abattues sur la ville. Victime d'un culte nommé l'Ordre, et de sa mère Dahlia qui a voulu la sacrifier pour donner vie à un démon, elle est très énervée. Au cours du rituel, l'esprit d'Alessa s'est scindé en deux, une partie créant le cauchemar Silent Hill tandis que l'autre est devenue... Cheryl. Celle-ci a donc été attirée par l'Ordre, pour qu'elle revienne et permettre de terminer le rituel.

Selon la fin, Harry triomphe et Alessa lui offre un bébé, ou reste piégé, détruit par les événements traumatisants. Il y a aussi la fin UFO, où il est enlevé par des aliens.

 

PhotoUne intro terrifiante et inoubliable

 

POURQUOI C'EST GRANDIOSE : C'est la naissance du Mal et un souvenir indélébile pour quiconque a exploré Silent Hill sur sa Playstation, perdu dans un amas de pixels d'une puissance folle. Rien que l'intro est un sommet de la saga, avec ces angles de caméra qui tordent les perspectives, cette obscurité qui gagne l'espace, et accompagne cette descente littérale en enfer. Ce n'est pas un hasard si Christophe Gans l'a quasi reprise plan par plan dans son adaptation Silent Hill.

Silent Hill premier du nom est un classique instantané, un incroyable labyrinthe thématique et horrifique, d'une richesse étourdissante à tous les niveaux. Le joueur tombe dans un puits monstrueux dont il semble impossible de sortir, et c'est l'une des grandes forces du jeu : créer cette sensation étouffante et troublante d'un cauchemar sans fin, sans issue, qui se révèle couche après couche pour toujours devenir de plus en plus perturbant et profond.

Qui n'a pas cru devenir fou en explorant l'école ou les étages de l'hôpital ? Qui n'a pas été hanté par la musique terrifiante et les effets sonores hallucinants d'Akira Yamaoka ? Qui a oublié ce foutu monstre dans le frigo, qu'il faut enfermer avec un anneau ? Comment ne pas verser une larme devant la fin tragique de Lisa ? Dans la brume de Silent Hill se mélangent l'effroi, la mélancolie, le désespoir et la beauté, pour composer une symphonie glaçante, puissante, et unique en son genre, qui a marqué le jeu vidéo.

 

photoUn personnage discrètement inoubliable

 

POURQUOI C'EST PAS LE PREMIER DU CLASSEMENT : Parce qu'il y a Silent Hill 2, mais là encore la rédaction s'est battue pour trancher. Il y a eu des victimes. Le jeu a aussi pris un sacré coup de vieux niveau gameplay, qui pourra rebuter ceux qui auraient envie d'y replonger. Mais qui oserait dire que c'est un vrai argument ?

 

PhotoDerrière l'amas de pixels : la pépite noire

 

1. SILENT HILL 2

IL SE PASSE QUOI : James Sunderland est de retour à Silent Hill, la ville où il rencontra Mary, son épouse, décédée trois ans plus tôt d’une longue maladie. Parce qu’en dépit de toute logique, il vient de recevoir une lettre de la défunte, l’invitant à la retrouver là où ils se sont aimés pour la première fois. Alors qu’il s’avance à la rencontre de ses souvenirs dans la ville de Silent Hill, la réalité de James se fracture un peu plus à chaque pas.

Comme soudainement abandonnée, la cité lacustre révèle au gré de ses métamorphoses quantité de secrets, mais aussi d’énigmes. Camp de prisonnier pendant la Guerre de Sécession, berceau d’un célèbre tueur en série, réceptacle de mille souffrances, Silent Hill a attiré à elle d’autres âmes que James, toutes mues par la douleur, et la nécessité de laisser éclore un secret qui les dévore.

 

photoJames Sunderland

 

Celui de James est un acte qu’il a enterré au plus profond de lui-même. Quand enfin il atteint le lieu qui abrita sa rencontre avec Mary, c’est pour découvrir qu’il a tué sa femme, ne supportant plus sa souffrance, ni la blessure narcissique occasionnée par la perte de son amour, lentement rongé par la maladie. L’âme tourmentée de Mary, scindée en deux, l’attend, incarnée en Maria, compagne d’infortune de James, mais aussi en une créature amère et monstrueuse, dont notre héros devra triompher pour espérer s’échapper.

Aucune résolution souriante à attendre, James quittera la ville avec une Maria promise à un sort funeste, une Laura témoin de son anéantissement moral pour se préparer à un rituel de résurrection, ou (et il s’agit de la conclusion officialisée par Silent Hill 4) résolu à se suicider par noyade.

 

photoPoésie, horreur et énigmes se mêlent dans Silent Hill 2

 

POURQUOI C’EST UN CAUCHEMAR INOUBLIABLE : Silent Hill 2 réussit un exploit : retourner de fond en comble la jeune mythologie de la saga, tout en conservant une singulière cohérence avec son aîné. La folie rougeoyante du Grand Nulle Part laisse place à une putrescence morne, la cité hostile est désormais un écrin abandonné et le complot monstrueux d’une secte laisse place au néant qui a assombri le cœur des protagonistes.

Ce programme ambitieux prolonge les thématiques de Silent Hill avec un concept intelligent, pensant le jeu originel comme un trauma à lui seul. Silent Hill 2 fait de la question de l'après, de ce qui demeure sous les cendres, sa question centrale.

Pour y parvenir le jeu se pare d’une direction artistique fascinante de grâce et de monstruosité, portée par un accomplissement technique qui fit date, et permet aujourd’hui encore d’arpenter le jeu avec aisance. Enfin, le jeu vidéo n’aura que rarement sondé le désespoir, la dépression et la notion de tristesse, surtout pour les considérer comme des fins en soi. Ici, chacun souffre, jusqu’à l’anéantissement, mais c’est la souffrance qui témoigne ultimement de la vie. Je souffre donc je suis, un paradigme terrible et passionnant.

 

photoRedécouvrir les rues embrumées

 

POURQUOI EN FAIT C’EST NUL : Parce que depuis 18 ans, on attend qu’un jeu soit capable de nous porter aussi loin, aussi fort, en vain. Parce qu’un peu de nous erre toujours aux côtés de Maria, spectre et fantasme, dont on rêve encore qu’elle attende quelque part, une vie qui se refuse à elle. Parce que le sort d’Angela, se punissant jusqu’à s’oublier dans son propre purgatoire, nous hante. Parce que Laura détient encore un secret qui nous échappe. Et parce que depuis nous savons que l’homme à tête de pyramide nous guette, attendant son heure. Et franchement c’est pas cool.

 

photoLa pyramide de l'enfer 

 

commentaires

Dioscuros24
19/11/2019 à 09:36

Pour moi le shattared memories sur wii, l ambiance, les parties test psyko. J espère un jour une ressortie.

MARMELIN
18/11/2019 à 10:21

J'aime tellement Silent hill 2, que j'ai encore le dvd du jeu...mais plus aucunes consoles pour y jouer.

J'arrive pas a m'en séparer, certainement un des meilleurs jeux auquel j'ai pu jouer avec The last of us.

Entièrement d'accord avec ce classement , sauf que pour moi homecoming est meilleur que downpur (C'est d’ailler le seul silent hill que je n'ai pas fini)

captp
17/11/2019 à 14:15

sillent hill 1 ... le seul jeu qui m'a obligé à allumer la lumière pour jouer .Aucun film n'a réussi à me faire flipper comme ça.Le manque de moyen sert totalement l'ambiance avec la brume omniprésente nous obligeant à naviguer au son.
Une vraie expérience inoubliable (avec le 2).

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