L'Homme aux poings de fer : Critique

Tonton BDM | 6 février 2013
Tonton BDM | 6 février 2013

Tourner une bande d'exploitation à la mode Hong-Kongaise, avec des équipes techniques locales, sans ironie outrancière ni clins d'yeux incessants, tel était à l'origine le projet de RZA avec L'homme aux poings de fer. Bercé aux films de la Shaw Brothers depuis sa plus tendre enfance, au point de devenir littéralement obsédé par ce genre cinématographique (avec ses potes rappeurs au sein du Wu-Tang Clan, ils étaient tous fans de films d'arts martiaux Hong-Kongais), RZA est l'amoureux du wuxiapian -et du film d'arts martiaux en général- le plus sincère qui soit.

 

 

En 2003, dix ans après le chef d'œuvre Enter the Wu-Tang (36 Chambers), RZA accepte de composer la musique originale de Kill Bill volume 1. Tarantino saura lui rendre la politesse en « appuyant » de son nom vénéré de tous la mise en chantier de L'homme aux poings de fer, hommage déférent à ce genre référentiel s'il en est. Si Tarantino pronait la réflexion, l'élévation par rapport au genre avec son diptyque Kill Bill, RZA quant à lui est plus terre à terre, et ne cherche pas à anoblir les bandes d'arts martiaux cheapos et pas toujours très bien torchées qu'il dévorait dans sa jeunesse : l'idée est d'avantage d'en retrouver l'essence...

 

 

Ré-écrit avec l'aide de la plume rigolarde d'Eli Roth, le film prend certes en quelques occasions des allures de pastiche, mais réussit globalement son difficile exercice d'équilibriste entre la distance un peu moqueuse et le premier degré pur et dur, et ce malgré quelques fautes de goût ou autres concessions à la « coolitude » chère au clan Tarantino. Qu'à cela ne tienne : en l'état, l'effort de RZA s'avère un film de stomb' old school, frontal, linéaire, spectaculaire, nous proposant un récit enchainant sans temps mort des bastons aux chorégraphies assez sublimes (comme d'habitude, chapeau bas à Corey Yuen). 

 

 

Résumé

En deux mots, cet Homme-là remplit pleinement son contrat de film d'action de série bien burné, ce qui a toujours été, ni plus ni moins, sa raison d'être.

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