Pompéi : critique tout feu tout blâme

La Rédaction | 4 août 2020 - MAJ : 06/08/2020 10:22
La Rédaction | 4 août 2020 - MAJ : 06/08/2020 10:22

Peu de spectateurs ont survécu aux projections de Pompéi, dernier film de Paul W.S. Anderson, l'homme derrière Event Horizon et la saga Resident Evil, mené par Kit Harington. À notre grand regret, l'un de nos vaillants rédacteurs, Geoffrey Crété, est de ceux dont la vie s'est consumée devant cette romance volcanique. Avec l'autorisation de ses proches et contre beaucoup d'argent, nous reproduisons ici ses dernières paroles, griffonnées derrière un cornet de glace 0%, retrouvé par miracle dans les cendres du Kinépolis de Saint-Julien Les Metz.

"À l'heure où j'écris ces lignes, une fumée épaisse obscurcit ma vision, tandis que les pleurs hystériques d'adolescentes en fleurs me vrillent les tympans. Je sais que je n'en ai plus pour longtemps, aussi vais-je employer les quelques minutes qui me restent pour vous mettre en garde. Pompéi de Paul W.S. Anderson est un piège, pour qui a achevé sa puberté et veut de l'amour, du vrai.

 

Pourtant cela s'annonçait plutôt pas mal et pour une fois, le réalisateur de Mortal Kombat y allait plutôt mollo côté réalisation. Pas d'effets grotesques, pas de Christophe Lambert, ou de bateaux volants comme dans ses Trois Mousquetaires. Pour une fois, sa mise en scène paraissait sobre, classieuse presque. Les combats n'avaient rien d'extraordinaires, mais maintenaient en haleine le spectateur suffisamment pour qu'un petit frisson lui parcourt l'échine de temps à autre. Quant aux effets spéciaux, il étaient plutôt maîtrisés, voire impressionnants. Je me souviens que mon cœur battait presque la chamade lorsque le Vésuve relâcha sur Pompéi ses hoquets de magma brûlant.  

 

photo, Kit HaringtonL'homme, by Paul W.S.

 

Un jour peut-être, quand ils auront épuisé tous les grands sujets, les historiens du cinéma se demanderont si la romance entre Paul W.S. Anderson et Milla Jovovitch n'a pas détruit chez le réalisateur toute volonté badass. Parce que ce qui tue Pompéi, ce n'est pas comme on pouvait le craindre son avalanche d'images de synthèse (réussies) ou un trop plein de scènes d'actions (divertissantes), mais bien une overdose de sentiments neuneus. Je l'ai réalisé quand les premières adolescentes devant moi ont commencé à pleurer. Un plan sur les abdos de Kit Harrington (Game of thrones), un autre sur son visage enamouré et les voilà toutes humides.

 

photo, Kit Harington, Emily BrowningTornade de niaiserie à l'horizon

 

Quelques minutes et glapissements d'Emily Browning plus tard, j'ai compris que cette excellente actrice serait une nouvelle fois mal exploitée. Je ne pouvais décemment croire à une histoire d'amour stéréotypée, emmenée par cette endive de Jon Snow, au jeu moins sophistiqué que ses deltoïdes. La faute à un récit neuneu, empêtré dans l'absence de charisme de son acteur principal et le rôle d'oisillon neurasthénatique offert à l'une des comédiennes les plus intrigantes de sa génération.

Seigneur, pourquoi tant de premier dégré ? Pourquoi tant de clichés ? Et pourquoi un TSUNAMI ? Est-ce bien normal que les figurants semblent à peine remarquer les secousses sismiques capables d'engendrer une vague de cinquante mètres de haut ?

 

photo, Kiefer Sutherland24 lame chrono

 

Je m'étais fait une raison, j'avais accepté que l'histoire d'amour inepte occupe les trois quarts du récit et me concentrais sur le jeu délirant de Kiefer Sutherland, curieux bad boy suintant le mal en jupettes, quand tout a basculé. Comprenant que le récit prenait une tournure tragique (pour qui n'a jamais entendu parler de Roméo et Juliette), deux jeunes filles avait commis l'irréparable. Elles venaient de s'immoler dans les bras de leurs petits amis, peu désireux de partir en fumée, mais dont les maillots synthétiques aux couleurs du club de foot de Saint-Julien Les Metz ne leur avaient guère laissé le temps de négocier un sursis.

 

 

photoThis is the end

 

Tandis que sur l'écran, l'épilogue lourdement symbolique et niaiseux se profilait, la salle fut prise d'une véritable folie incendiaire, sorte de necknomination pyromane. La sécurité du cinéma fit verrouiller les portes, afin de contenir la foule de jeunes gens qui s'enflammaient pour ce mauvais film. Comprenant que mon destin est de disparaître dans cet Oradour-sur-Glane cinématographique, j'écris ces derniers mots sur un morceau de carton, qui je l'espère, échappera au brasier. Pompéi est fumeux, pas moche, mais trop sirupeux et bêta, faites que mon erreur ne soit pas la vôtre. » 

 

Affiche française

Résumé

Plutôt amusant dès lors qu'il assume son côté spectaculaire et divertissant, le film se perd dans le récit de sa simplette histoire d'amour, d'une niaiserie brillamment incarnée par ses acteurs-endives.

Lecteurs

(1.9)

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commentaires

Flash
05/08/2020 à 15:30

Un bon petit navet à l'ancienne, kit harington confirme son charisme d'endive.

Blrph
05/08/2020 à 14:56

Euh...un Oradour sur Glane ? Vraiment?

Simon Riaux - Rédaction
05/08/2020 à 13:19

@Kelso

Non, d'après la critique, le film est raté, parce que mal écrit, bourré de clichés pas digérés, victime de son rythme mollasson, quant à l'histoire d'amour, elle n'est pas un problème, elle est simplement trop pauvre pour intéresser.

Kelso
05/08/2020 à 13:15

Donc d'après la critique le film est bon mais le critique n'à pas aimé car c'est une histoire d'amour... Moi j'aime bien ce film et oui c'est émouvant à la fin. Un bon Paul W.S. Anderson, c'est rare. 3 étoiles pour ma part.

Lorian
05/08/2020 à 11:23

En même temps l'affiche du film annonçait déjà plus ou moins la couleur avec son en-tête ....

M1pats
04/08/2020 à 21:56

j'ai rarement vu un film aussi bidon depuis longtemps

zetagundam
04/08/2020 à 20:58

D'habitude je trouve le cinéma de Paul Anderson divertissant mais là ce n'est pas possible tellement c'est mauvais sans parler du "talentueux" Kit Harington

Nick Tamer
04/08/2020 à 20:29

Cette critique est tout bonnement excellente et résume bien le film !
Un produit oubliable et jetable dans la poubelle non recyclable, et ça c'est bon pour la Terre ^^ Mention spéciale au jeu d'endive de Kit Harrington qui prouve qu'en dehors de GOT il n'est rien d'autre qu'une arnaque en tant qu'acteur, lol.

jorgio6924
04/08/2020 à 19:15

Pardon pour la pub !
Mais il ne faut pas voir Pompéi mais le génialissime "24 heure chrono avant Jesus Christ" de Mozinor.
Ces 3 min auraient du être au cinéma à la place de ce film.

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