The Last Dance : que vaut la série-documentaire Netflix sur Michael Jordan et les Chicago Bulls ?

Arnold Petit | 11 mai 2020 - MAJ : 12/05/2020 20:38
Arnold Petit | 11 mai 2020 - MAJ : 12/05/2020 20:38

Alors que la pandémie de coronavirus a entraîné la suspension ou l'annulation de la plupart des compétitions sportives, y compris la saison de NBA, ESPN s'est retrouvé sans programmes et a décidé d'avancer la sortie de The Last Dance, prévue initiallement pour juin. Avec deux épisodes diffusés chaque dimanche soir depuis le 19 avril (et disponibles le lendemain sur Netflix), la série-documentaire de Jason Hehir revient sur l'histoire de Michael Jordan et la dynastie des Chicago Bulls pendant les années 90. Après avoir vu six épisodes, il est temps de faire le point.

 

photo, The Last Dance, Phil JacksonPhil Jackson avait déjà tout prévu

 

I AM A LEGEND

Michael Jordan est sans doute l'un des plus grands sportifs de l'Histoire. Un basketteur si exceptionnel qu'il est non seulement devenu le meilleur joueur de son époque et le leader d'une équipe qui a dominé toutes les autres, mais aussi une égérie, puis une marque, un modèle et, finalement, une icône culturelle.

À travers des images d'archives et des interviews des plus grandes figures du basket-ball, entraîneurs, joueurs ou journalistes, The Last Dance montre le joueur exceptionnel qu'était Michael Jordan, mais aussi à quel point il a marqué le basket-ball de son empreinte et comment s'est construite sa légende ainsi que celle des Bulls.

 

photo, Michael Jordan, The Last DanceJumpman

 

La série-documentaire démarre au début de la saison de 1997/1998, alors que les Chicago Bulls partent à la conquête de leur sixième titre dans des conditions difficiles. Le general manager Jerry Krause avait décidé qu'il fallait reconstruire la franchise et qu'il était temps de se séparer de Phil Jackson, l'entraîneur arrivé en 1989 qui avait mené les Bulls à leurs cinq titres. Une annonce à laquelle Michael Jordan avait répondu en déclarant qu'il partirait également à la fin de la saison, parce qu'il refusait de jouer pour quelqu'un d'autre.

Pendant qu'elle suit ce feuilleton entre les joueurs, les entraîneurs, la direction et le propriétaire pendant la saison, la série-documentaire effectue aussi des sauts dans le temps et revient en détails sur l'histoire de Michael Jordan et de celle des Bulls dans les années 90, les deux étant indissociables, comme le montrent les épisodes au fur et à mesure.

 

photo, The Last DanceRobin et Batman

 

90'S

Cette construction sous forme de flashbacks manque de clarté et s'avère juste un moyen pour éviter un développement linéaire, mais on ne peut être qu'émerveillé devant l'impressionnant travail effectué sur le montage, avec des reportages, des extraits de matchs et des archives, dont une partie sont inédites et proviennent d'une caméra qui a pu suivre les Bulls tout au long de la saison 1997/1998.

En voyant Michael Jordan enchaîner les paniers, tourner ses pubs avec Spike Lee ou croiser Jerry Seinfeld dans les vestiaires avant un match, une énorme nostalgie des années 90 se dégage de la série-documentaire. Une sensation intensifiée par la bande-son réunissant des morceaux de Nas, A Tribe Called Quest ou encore Outkast.

 

photo, The Last Dance, Michael Jordan, Jerry SeinfeldLa star que voulaient rencontrer les autres stars

 

Pour témoigner un peu plus de la grandeur de ce que Michael Jordan et les Bulls ont accompli à cette période, plusieurs dizaines d'interviews viennent entrecouper ou commenter les images, permettant ainsi d'encore mieux mettre les événements en perspective et de les replacer dans leur contexte. D'anciens grands joueurs comme Larry Bird, Magic Johnson ou Charles Barkley, mais aussi la mère de Jordan, des journalistes spécialisés et même Bill Clinton, en tant qu'ancien gouverneur de l'Arkansas, ou encore Barack Obama, qui a vécu et débuté sa carrière à Chicago et a décerné la médaille présidentielle de la Liberté à Jordan en 2016.

Dans sa volonté d'en montrer le plus possible, The Last Dance s'attarde également sur la famille de Scottie Pippen et les affaires autour de son salaire, les excentricités de Dennis Rodman, le passé hippie de Phil Jackson ou encore les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 et sa Dream Team. La série-documentaire s'intéresse à beaucoup de sujets au cours des six épisodes, mais ne se contente finalement que de les aborder de manière assez superficielle afin de les rattacher à Michael Jordan qui, comme à l'époque, accapare toute l'attention.

 

photo, The Last DanceMagnétique

 

RAGING BULL

De son arrivée lors de la draft 1984 à la rivalité contre les Pistons de Detroit et les New York Knicks en passant par la façon dont il a révolutionné les sneakers, The Last Dance expose la légende de Michael Jordan, ce joueur prodigieux qui avait fait de la victoire le moteur de sa vie, habité par un insatiable esprit de compétition et prêt à tout pour être le meilleur. Mais, dans le même temps, la série-documentaire dresse le portrait d'un autre Michael Jordan, ambitieux, rancunier, tyrannique avec ses coéquipiers, qui supportait de moins en moins la pression médiatique et la couronne sur sa tête.

 

photo, Michael Jordan, The Last DanceMichael Jordan, confiné dans sa chambre d'hôtel

 

Même si les moments les plus difficiles de sa vie comme la mort de son père, qui a mené à sa première retraite sportive, ou sa reconversion dans le baseball n'ont pas encore été abordés au cours des six épisodes déjà diffusés, The Last Dance se penche sur l'homme derrière le mythe et dévoile ses failles, ses vices et ses sombres facettes, comme son addiction au jeu ou son manque d'engagement politique pour ne pas abîmer son image de marque. Des aspects de sa personnalité sur lesquel intervient un Michael Jordan usé, assis dans son fauteuil au milieu d'une maison aussi immense que sa légende, un cigare à la main et un verre de scotch à côté de lui.

Malgré sa structure narrative assez confuse, The Last Dance est un magnifique hommage à Michael Jordan et à ce qu'il a réalisé au sein des Chicago Bulls. À l'aide d'archives saisissantes, d'intervenants plus variés les uns que les autres et d'un montage pointu, Jason Hehir parvient à non seulement capturer l'effervescence qu'il pouvait régner à l'époque autour du joueur et l'état d'esprit dans lequel se trouvait l'équipe, mais réussit à montrer qui est vraiment Michael Jordan.

Deux nouveaux épisodes de The Last Dance chaque lundi sur Netflix depuis le 20 avril.

 

Affiche officielle

commentaires

Bob
13/05/2020 à 21:21

C'est sur MJ n'est pas un ange mais une force de la nature sûrement.

Satan Lateube
13/05/2020 à 12:44

La question demeure: Jordan aurait-il été ce qu'il devenu sans Pippen ?

nash
12/05/2020 à 23:09

Je ne vois pas en quoi la narration est confuse, il y a des Flashbacks qui à chaque fois sont annoncé avec une frise chronologique... Je vois pas en quoi c'est confus. L'intrigue suit la saison 97/98 entrecoupée de flashback des débuts de M.J, jusqu'à la saison 96/97.
Faut vraiment avoir un souci pour trouver ça confus... Y a des séries avec des flashbacks parfois compliqués mais pas là.

Stridy
12/05/2020 à 22:39

C'est vraiment canon.

StarLord
12/05/2020 à 20:35

« il est tant » ça pique les yeux ^^
Plus sérieusement, ce doc est génial! J’aurai vendu un rein pour assister à un match des Bulls

Chris11
12/05/2020 à 19:58

Je n'ai vu que les deux premiers épisodes. Je retiens qu'il a fait une blague dégueulasse à Krause, et que ses critiques sur "la rébellion" de Pippen sont à la fois hypocrites et egoistes. Assurément un autre regard. Ca n'enlèvera jamais le joueur qu'il a été mais l'image que j'avais de l'homme a pris quelques coups.

flow 45
12/05/2020 à 17:32

c'est vrai que les flashback perde un peu le spectateur mais cela fait aussi parti du charme et de la particularité de ce documentaire qui est pour moi un des meilleurs hommage a la légende avec les bons et mauvais cotés de sa personnalité mais chaque lundi est devenu un pur plaisir grace à "the last dance" j'attend avec impatience le documentaire sur Bruce Lee en ésperant qu'il soit de la même trempe !
mais votre analyse @ecranlarge, correspond très bien a la mienne , un vrai kiff pour les initié ou non !

lemon0
12/05/2020 à 15:54

Je suis à fond. Un petit bémol ce we sur tous les termes techniques de baseball, je n'ai rien compris et comme dit dans un autre commentaire, le tapage en règle sur Jerry Krause qui, si il a fait explosé cette équipe au sommet l'a aussi construite.

alulu
11/05/2020 à 20:22

Y a pas un raté avec la dernière l'affiche ?

Nico11
11/05/2020 à 15:53

Vraiment un très bon documentaire, à part deux ou trois partis pris un peu dommage sur certains points, dont le traitement de Krause.
Le véritable âge d'or de la NBA.
@ecran large : ce n'est pas du scotch que MJ boit, mais de la tequila de sa propre marque.

Plus

votre commentaire