Normal People, The Great, Little Fires Everywhere... 12 séries à rattraper cet été

La Rédaction | 3 août 2020 - MAJ : 03/08/2020 13:59
La Rédaction | 3 août 2020 - MAJ : 03/08/2020 13:59

Même si les sorties cinéma de Tenet et Mulan ont été repoussées (encore), il y a de quoi faire en salles cet été. Cependant, on s'est dit que c'était aussi l'occasion parfaite pour rattraper plusieurs séries.

Malgré notre bonne volonté quotidienne pour regarder le maximum de séries, en sortir une critique et offrir ainsi un large éventail de choix et d'avis du petit écran sur Ecran Large, nombre d'entre elles nous sont passées sous le nez. Rassurez-vous, aucune n'est passée sous les radars de la rédaction, les séries citées en dessous n'ont tout simplement pas trouvé la place dans notre agenda d'écriture, de publication et potentiellement de visionnage, notamment durant la longue période troublée du confinement et du chômage partiel.

Pour essayer de nous faire pardonner et surtout mettre en valeur quelques petites perles dont on n'a pas eu le temps de causer sur le site, on vous a concocté une liste de séries sorties en 2020 à rattraper cet été. Et on vous dit pourquoi, maintenant que ce sont les vacances, il faut vite les rattraper !

PS : On aurait également pu rajouter d'autres titres comme Trying et Little America sur Apple TV+ ou Feel Good sur Netflix, mais cette liste n'est pas exhaustive et n'a pas pour but de lister toutes les séries que nous n'avons pas critiquées depuis le début de l'année 2020.

 

Photo Jessica HechtLittle America

 

PLOT AGAINST AMERICA 

1940. Le célèbre aviateur Charles Lindbergh bat le président Roosevelt aux élections présidentielles. Aussitôt élu, il signe un pacte de non-agression avec Hitler, et la peur s'empare des Juifs américains.

Célébré pour ses chroniques de la psyché américaine, Philip Roth ne s’est pas contenté de questionner les névroses de ses contemporains, s’aventurant ici et là dans des genres littéraires complexes et ambitieux, notamment avec l’uchronie The Plot Against America. Il y imaginait les conséquences, désastreuses, de l’élection à la présidence du célèbre aviateur Charles Lindberg face à Roosevelt, en 1941. Héros national aux accointances nazies prononcées, Lindberg va précipiter les USA dans une spirale de violence et d’antisémitisme, vécue à travers les yeux d’une famille juive, assistant au délitement du corps social. 

Voir les brillants Ed Burns et David Simon se lancer pareil défi d’adaptation était des plus stimulants, et l’architecte de Sur écoute ou encore Treme n’a pas fait défaut à sa légende. Si on sent évidemment qu’il s’empare de ce récit pour commenter l’Amérique contemporaine, et celle de Trump en particulier, le showrunner passe outre les écueils du récit allégorique ou à message, pour décortiquer puissamment la mort d’une démocratie. 

Quand un pays se perd-il ? Comment les uns acceptent-ils de collaborer avec l'impensable et pourquoi d'autres ne comprennent-ils pas les mécanismes qu'ils contribuent à installer ? Où s'arrête la peur, où commencent la collaboration et la révolte ? Plutôt que de pointer des coupables ou de faire la leçon à son spectateur, la création de Simon Burns se plaît à nous immerger auprès de personnages crédibles, à la psychologie fouillée, forcés de prendre position dans un univers chancelant.

Au-delà de l’acuité de la série, on est également impressionné par le travail effectué côté mise en scène, où le luxe de la reconstitution se combine à un découpage racé d’une rare élégance. Le tout offre à des artistes en pleine maîtrise de leur art, de Winona Ryder à John Turturro, un terrain de jeu vaste, aux airs d’écrin éclatant.  

Disponible sur OCS depuis le 16 mars, 6 épisodes 

 

Photo John TurturroJohn Turturro, au coeur d'un système prêt à broyer ses concitoyens

 

TIGER KING / AU ROYAUME DES FAUVES

Un documentaire qui suit une flopée de protagonistes tous plus dérangés les uns que les autres dans l'univers interlope de l'élevage de fauves aux États-Unis.

Avez-vous déjà vu une quelconque série dont le protagoniste est un péquenaud américain, tueur raté, propriétaire de zoo homosexuel et polygame, chanteur de musique country à ses heures perdues, portant un mulet décoloré et un fusil à la ceinture ? Sûrement pas. À elle toute seule, cette description devrait vous convaincre de jeter un œil à Tiger King.

Une énième plongée au cœur de l'Amérique trumpiste (au pays des légendaires rednecks, de vrais animaux eux-mêmes), il s'agit d'une série documentaire qui s'intéresse aux "réserves à gros chats" des États-Unis - comprendre des zoos bourrés de fauves où l'Américain moyen vient se faire photographier moyennant quelques centaines de dollars. La série est extrêmement bien construite dans la mesure où les protagonistes se révèlent un peu plus à chaque épisode, prenant souvent une trajectoire inattendue. Chaque partie du documentaire rajoute une couche de scandale, de querelles débiles et de détails sordides à l'intrigue. L'histoire est véridique : c'est vraiment au moins aussi choquant que passionnant.

La vie de Joe Exotic est absolument exceptionnelle et ce n'était qu'une question de temps avant que son parcours ne soit de nouveau porté à l'écran, dans une œuvre de fiction. Nicolas Cage aurait déjà été choisi pour jouer le rôle du propriétaire de zoo mégalo dans une série CBS.

Disponible sur Netflix depuis le 20 mars, 7 épisodes + 1 épisode spécial

 

photoCe ne sont pas des peluches

 

PARLEMENT

L'histoire de Samy, un tout jeune assistant parlementaire débarquant à Bruxelles le lendemain même du Brexit.

C’est peu dire qu’affirmer que le travail du parlement européen est aussi ignoré que moqué. Il faut dire qu’après des années de crise démocratique, de légitimité en berne et d’échecs économiques patents, les institutions européennes sont à peu près aussi populaires que le choléraLe sujet se prête donc logiquement à la parodie et à la satire, tout en posant un challenge de taille, puisqu’intéresser le public au fonctionnement du parlement européen, à la faveur d’une comédie, n’a rien d’une sinécure. 

On y suit ici Samy, jeune attaché parlementaire qui se voit confier la tâche faussement simple d’amener un amendement sur la pêche à bon port. Désillusions, cauchemars administratifs, régulations kafkaïennes et collègues ubuesques, rien ne lui sera épargné, pour le plus grand plaisir du spectateur. Et pour celui de la créatrice de l’ensemble, Noé Debré, dont on sent avec quelle jubilation il capture les vicissitudes d’un système toujours au bord de la folie douce. 

Si la série n’a pas le génie de ses évidents mentors, à savoir Parks and Recreation ou The Office, force est de constater que leur influence a été intelligemment digérée. Et cette réussite est d’autant plus appréciable que cette co-production germano-belgo-française parvient à transcender son budget modeste, préférant s’appuyer sur son sens du rythme, le tempo de ses dialogues et l’excellente interprétation de ses comédiens.  

Enfin, le choix d’opter pour un portrait non dénué de vitriol, mais porté par une certaine tendresse évite à l’écriture de verser dans la pure acidité. Préférant donner à voir combien les petites mains de Bruxelles font parfois face à des tâches insensées ou ingérables, jusqu’à souligner que derrière les blocages, les ratages et les catastrophes, Parlement permet d’entrevoir derrière le chaos apparent, autant de passion que d’enthousiasme. 

Disponible sur France.tv.net depuis le 9 avril, 10 épisodes. 

 

photoUn élu... différent

 

MRS. AMERICA 

Une chronique de la lutte féministe dans l'Amérique des années 70, qui se transforme en guerre de camps : d'un côté, la conservatrice Phyllis Schlafly, fière femme au foyer qui rêve d'une carrière politique ; de l'autre, Glorian Steneim, figure de proue de la libération des corps et des esprits.

Cate Blanchett a été vendue en première ligne de la mini-série de Dahvi Waller, mais Mrs. America est bien une série chorale, qui doit autant à l'actrice oscarisée qu'à Rose Byrne, Margo Martindale, Uzo Aduba, Sarah Paulson, Tracey Ullman, Elizabeth Banks, ou encore Melanie Lynskey. Drôle, édifiante, palpitante, émouvante, cette chronique d'une guerre sans fin, qui a fait des ravages dans les deux camps, est passionnante.

L'idée de centrer le récit sur Phylis Schlafly, ennemie du féminisme et donc quasiment antagoniste de l'histoire, témoigne bien du désir d'aller au-delà des blocs manichéens, pour dresser le portrait d'un pays fracturé - sujet toujours présent, 50 ans après. En resserrant les épisodes sur plusieurs de ces femmes ambitieuses qui ont joué un rôle dans cette décennie, Mrs. America prend soin d'aborder le sujet par divers angles, traitant aussi bien le sexisme que le racisme, et plus globalement les illusions et les cages dorées. Inutile de craindre la leçon de méchants moralisateurs donc : Mrs. America veut au contraire poser des questions, et entraîner le spectateur dans ces réflexions passionnantes, sans jamais être simplet ou fade.

Disponible depuis le 16 avril sur MyCanal, 8 épisodes

 

photo, Cate BlanchettCate Blanchett, encore une fois parfaite

 

THE MIDNIGHT GOSPEL

Un extraterrestre utilise une machine de seconde main pour voyager à travers des réalités alternatives. Son objectif : interviewer des personnalités pour son spacecast, un podcast de l'espace.

C'est la caution expérimentale de cette liste, et on la doit à un duo d'artistes très appréciés. D'un côté, Pendleton Ward (le créateur d'Adventure Time), de l'autre, Duncan Trussell, connu pour son podcast The Duncan Trussel Family Hour. La fusion entre leurs univers promettait d'être particulière, et elle ne déçoit pas. The Midnight Gospel allie discussions authentiques avec des personnalités atypiques et trips hallucinogènes hystériques, pour un voyage renouvelé à chaque épisode, un voyage qui décontenance forcément dans un premier temps.

Difficile en effet de se concentrer sur le dialogue en cours, alors que l'environnement qui se déploie autour des deux personnages ne fait que raconter sa propre histoire surréaliste. Cette complexité d'appréhension fait en réalité le sel de la série, puisque, pour peu qu'ils fassent un petit effort de persévérance, nos cerveaux finissent par créer des parallèles entre l'audio et le visuel, pourtant tous les deux très perchés. L'expérience qui en découle questionne non seulement notre rapport à la fiction et à l'audiovisuel en général, mais également notre place dans l'univers, dans une perspective métaphysique rendue bien plus excitante par les digressions qui s'agitent de partout.

Il fallait bien ça pour créer un contrepoint à des thèmes un peu dépressifs, morbides, voire profondément mélancoliques, qui se brisent en permanence sur ce vernis graphique délirant. Certaines discussions sont aussi passionnantes que déroutantes (le dernier épisode marque forcément ses spectateurs), et leurs résonnances avec les remarques du voyageur cynique interdimensionel reflètent une vision du monde complètement décalée et donc étrangement indispensable. Que demander de plus à une telle oeuvre ?

Disponible sur Netflix depuis le 20 avril, 8 épisodes impossibles à binge-watcher

 

photoClancy Gilroy, spacecaster de l'extrême

 

BETTY

À New York, la vie d'un groupe de "Bettys" new-yorkaises, des jeunes femmes évoluant dans l'univers, à prédominance masculine, du skateboard.

La réalisatrice Crystal Moselle retrouve le groupe de skateuses attachantes qu'elle avait filmé pour Skate Kitchen. Sorti en 2018 aux États-Unis, le film avait été adoubé par la critique, mais il était globalement passé inaperçu. Il avait été en partie éclipsé par 90's le premier film réalisé par Jonah Hill sorti un an plus tard.

On retrouve donc ici les personnalités chaleureuses et hautes en couleur du film, dont le traitement est beaucoup plus approfondi (le personnage d'Honeybear, présence discrète tout au long des 6 épisodes est particulièrement touchant). La série est drôle, engagée (mais jamais agressive) et superbement mise en scène. On ne peut que saluer la très jolie photographie et la manière brute, quasi-documentaire dont Moselle et Lesley Arfin font vivre leurs skateuses grâce à leur démarche, à leur visage. La complicité entre les actrices semble évidente et il y a quelque chose de très simple, de très organique dans la manière dont elles sont filmées. Sans trop expliciter leur parcours de vie et avec une économie de mots pas banale, elles parviennent quand même à donner une épaisseur à chaque personnage et c'est assez remarquable.

Parmi la critique, Betty a fait un véritable triomphe. La série a déjà été renouvelée pour une seconde saison même si elle a le mérite de se suffire à elle-même. Il n'est pas obligatoire de voir le film avant d'y jeter un œil. Et puis, ça donne vraiment envie de se (re)mettre au skate, alors n'hésitez pas à ressortir votre planche à roulettes !

Disponible sur OCS depuis le 1er mai, 6 épisodes

 

photo, Ardelia Lovelace, Kabrina Adams, Ajani RussellSororité + Skate Park = combo gagnant pour Crystal Moselle

 

I KNOW THIS MUCH IS TRUE

L'histoire dramatique de deux frères jumeaux, Dominick et Thomas, dont ce dernier est atteint de troubles mentaux, durant la seconde moitié du 20e siècle aux États-Unis.

Décidément, Derek Cianfrance a dû vivre de sacrés malheurs et traumatismes personnels pour persévérer à écrire et raconter des récits familiaux aussi tragiques. Après les excellents Blue valentine et The Place Beyond the Pines (et le petit passage à vide avec le romantique Une vie entre deux océans), le réalisateur continue à explorer une relation compliquée et déchirante avec celle des frères Birdsey. Dès son ouverture d'une gravité et brutalité rare, la série donne le ton : ce sera sombre, sévère, triste, déprimant, voire sinistre. Rien d'étonnant donc à ce que I Know This Much is True ait été laissé de côté par de nombreux spectateurs en pleine période de confinement (déjà bien assez démoralisante).

Pourtant, la série HBO est sans doute une des plus belles de cette année 2020 sur le petit écran. Loin de tomber dans le misérabilisme (avec lequel il flirte pourtant en permanence), Derek Cianfrance réussit à conter avec élégance le déchirement de chacun de ses personnages en mêlant habilement leurs quotidiens à leurs souvenirs bouleversants. Il en résulte une oeuvre terriblement dure et parfois asphyxiante, mais immanquable, notamment pour la double performance de Mark Ruffalo, assurément un des meilleurs acteurs actuels lorsqu'il est loin de Marvel.

Disponible sur OCS depuis le 11 mai, 6 épisodes

 

Photo Mark RuffaloMark Ruffalo absolument dément

 

LITTLE FIRES EVERYWHERE

Dans une banlieue très chic et très blanche, l'arrivée d'une mère célibataire bohème et noire va provoquer quelques remous.

Little Fires Everywhere ne rappelle pas Big Little Lies uniquement à cause de Reese Witherspoon, qui reprend le rôle d'une mère de famille bourgeoise et a priori propre sur elle. Dans les deux cas, il y a une mini-série (du moins à l'origine) prestige, féminine, sur ce qui se cache derrière les pelouses vertes de l'american dream, et qui utilise le décor des zones résidentielles chics pour sonder les angoisses et névroses des familles.

Ici, la question raciale est au premier plan, avec la rencontre entre Reese Witherspoon et Kerry Washington : le face-à-face entre les deux actrices vaut le détour, surtout lorsque le scénario traite avec intelligence l'hypocrisie du progressisme, qui pousse la bourgeoise blanche à abuser des sourires et efforts face à une Afro-Américaine.

Toutefois, cette adaptation du livre de Celeste Ng flirte trop avec le drama de bas étage, et glisse peu à peu vers une histoire de bébé à récupérer, d'adolescents en crise et de sales coups, dignes d'un bon gros téléfilm du dimanche. L'écriture n'est pas des plus fines, et malgré le talent des acteurs, le feu de Little Fires Everywhere est vite étouffé devant tant de grosses ficelles.

Disponible sur Amazon Prime depuis le 22 mai, 8 épisodes

 

photo, Kerry Washington, Reese WitherspoonBig Little Fires

 

THE GREAT 

L'ascension de la déterminée et idéaliste Catherine II de Russie au pouvoir après son mariage arrangé avec l'Empereur Pierre III.

Acclamé pour son travail de scénariste sur La FavoriteTony McNamara propose avec la série The Great un traitement similaire, cette fois de Catherine II de Russie. Devenu showrunner, il peut s’en donner à cœur joie, poussant les curseurs d’autant plus loin qu’il est ici seul maître à bord. Et c’est en maître du chaos qu’il s’impose, tant il prend un plaisir contagieux à dézinguer l’univers qu’il dépeint. 

Plus qu’une description fidèle de la cour impériale de Russie, The Great s’amuse à décortiquer les rapports de pouvoir au sein d’un petit monde obsédé par les apparences et le pouvoir, au cœur d’un système de valeur fonctionnant en cercle fermé. Bien plus qu’une dénonciation des errements de l’aristocratie, le récit utilise ses protagonistes comme le miroir grossissant de notre propre société, de ses élans narcissiques, mais aussi de ses aveuglements. À coups de sorties absurdes, de pures trouvailles anachroniques, chaque épisode s’impose un peu plus comme un régal de malice impitoyable. 

Cette folie douce s’avère aussi le terrain d’expérimentation idéale pour Elle Fanning, créature hollywoodienne qui a déjà fasciné plusieurs cinéastes, elle dévoile avec les années un talent de plus en plus singulier. C’est évident ici, alors qu’elle campe une future impératrice qui réalise progressivement combien son époux est dépravé, inconstant, et dont les vices pourraient bien se transformer en tremplin vers le trône. Comme si la comédienne usait de son rôle pour commenter sa propre carrière, et comment de quasi-effet spécial, elle est parvenue à sublimer les espoirs placés en elle, Fanning joue sans cesse avec les niveaux de lecture. 

Ces ingrédients, perpétuellement démultipliés par la maîtrise visuelle de l’ensemble, font de The Great une des nouveautés les plus prometteuses de l’année, débordante de panache. Envisageant un arc narratif étalé sur six saisons, Tony McNamara pourrait bien là tenir l’occasion de marquer durablement les esprits. 

Disponible sur StarzPlay et Hulu depuis le 18 juin, 10 épisodes. 

 

photo, Elle Fanning, Nicholas HoultImpériale impératrice ?

 

SEARCH PARTY SAISON 3

Les aventures d'une bande de hipsters new-yorkais qui s'enfonce dans le crime et les mensonges, après avoir accidentellement tué un détective privé en s'amusant à enquêter sur la disparition d'une ancienne camarade de classe.

C'était la belle petite surprise de 2016 : une série policière farfelue et décalée, inspirée par Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen, avec une bande de hipsters plus ou moins ridicules qui se lance dans une enquête, comme pour combler le vide de leurs existences. Passé l'effet de surprise et la conclusion de la première saison, la série de Sarah-Violet BlissCharles Rogers et Michael Showalter a un peu perdu de sa dynamique, mais la fin de la saison 2 laissait imaginer une saison 3 différente. Et elle a presque été à la hauteur.

Définitivement passée de l'autre côté, avec un procès pour meurtre et une équipe qui implose dans l'affaire, Search Party a gardé cet équilibre entre le burlesque (le procès avec les avocats dingues, et notamment une scène hilarante autour de l'écoute d'un enregistrement) et surtout le portrait de plus en plus noir de l'héroïne Dory, incarnée par la fantastique Alia Shawkat. C'est elle qui garde Search Party sur les rails, malgré les errances, et alors qu'une saison 4 déjà commandée s'annonce étonnante.

Disponible depuis le 26 juin sur OCS, 10 épisodes par saison

 

photoFini de rigoler

 

NORMAL PEOPLE

L'histoire d'amour compliquée, contrariée et torturée entre un garçon et une fille, qui se rencontrent au lycée, et gravitent l'un autour de l'autre pendant des années.

Un garçon, une fille, une histoire d'amour compliquée. Sur le papier, c'est chiant comme la pluie, ce qui est d'autant plus effrayant que c'est raconté sur 12 épisodes. Et la surprise vient en partie de là : Normal People a beau raconter une histoire simple, ça parle de beaucoup plus que ça. Adaptée du livre de Sally Rooney, la série est une petite merveille qui autopsie la solitude, le mal-être, la détresse silencieuse, et les pulsions autodestructrices, avec une finesse remarquable. Car pour aimer l'autre, il faut s'aimer soi-même, et c'est là tout l'enjeu de cette difficile histoire d'amour.

C'est en grande partie grâce au talent des deux acteurs, Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal. Rien à dire de plus simple : ils sont prodigieux, capables d'amour et de violence avec une justesse déchirante, qui rend leur présence captivante. Le duo est filmé par Lenny Abrahamson (connu pour Room qui a offert un Oscar à Brie Larson, mais qui avait aussi marqué avec What Richard did), et Hettie Macdonald (les mini-séries Hit & miss, et Howards End). Là aussi, c'est une totale réussite, avec une mise en scène délicate, belle et saisissante, comme lors de la première fois des deux personnages.

Portée par une critique dithyrambique, Normal People est vite sortie de l'anonymat pour devenir le petit phénomène britannique de 2020. Le seul risque est donc de la découvrir avec ça en tête, et le risque de gâcher un peu la surprise.

Disponible sur StarzPlay depuis le 16 juillet, 12 épisodes

 

photo, Daisy Edgar-JonesImpossible de ne pas tomber amoureux de l'un, l'autre, ou les deux en même temps 

 

DISPATCHES FROM ELSEWHERE

Quatre personnes ordinaires, dont la vie manque de quelque chose, vont vivre une aventure dingue à travers un immense puzzle qui va les mener dans un monde plein de possibilités et ouvrir les perspectives de leur quotidien.

C'est tout simplement l'OSNI (Objet Seriel Non Identifié) de l'année et c'est déjà une raison suffisante pour s'y plonger pleinement. Créée par Jason Segel, le bon vieux Marshall de How I Met Your Mother, Dispatches From Elsewhere est très clairement une série unique, sans pareil dont la bizarrerie n'a que d'égal son étrangeté. Tout au mieux pourrait-on décrire la série comme un hybride entre Under the Silver Lake et la série Maniac. Et encore, il est sacrément risqué de raccourcir la création originale AMC à ce simple mélange.

Dès son ouverture avec ce regard caméra silencieux puis ce brisage du quatrième mur par Richard E. Grant, la série décide de modifier les codes, de dépasser les attentes, contourner les conventions quitte à s'immiscer sur des terrains vierges et à innover pour décontenancer. Pour autant, la série ne se contente pas d'être dingue, loufoque et d'assumer son côté WTF. Au contraire, elle porte en son sein des réflexions philosophiques, psychologiques et métaphysiques à travers le questionnement existentiel de ses personnages principaux et délivre surtout de magnifiques moments poétiques, oniriques et émouvants (l'épisode 3 est déchirant avec la superbe Sally Field).

Évidemment, la série va diviser et avant d'avoir lancé le premier épisode, vous avez autant de chances d'être séduits que rebutés. Mais vous n'avez rien à perdre à vous y jeter, car si vous êtes conquis, c'est peut-être la plus belle expérience sérielle de l'année qui sera au bout du chemin

Disponible sur Amazon Prime depuis le 24 juillet, 10 épisodes

 

Photo Jason Segel, Eve LindleyUne certaine magie

commentaires

Mwaiman
04/08/2020 à 11:56

@tiger non mais ça m'occupe en attendant qu'écran trouve une solution au chômage de masse.

Tiger Cool
04/08/2020 à 03:09

Le mec qui fait des pavés croit qu'il est lu, chut ne lui en parez pas. Sinon tiger king est très sympa.

Stivostine
03/08/2020 à 15:33

The great : vraiment great
Ya M le maudit qui s'en sort bien aussi, Brassic du guy ritchie en tv, La Méthode Kominsky solide

Mwaiman
03/08/2020 à 13:41

Tiger king me hype pas, ça me rappelle le pb viriliste des sympathisants d'extrême droite riches, qui achètent des prédateurs pour faire genre et les maltraitent ... Et sans parler de la fois où des dizaines de lions et de tigres se sont fait abattre dans l'ohio après que leur propriétaire les aient relachés dans la nature ...

Parlement est sympa et gratuit sur francetv, je pense que c'est un point important à souligner, j'aime beaucoup les dialogues en différentes langues. Pour ce qui est de l'intérêt du public pour l'ue, je dirais plus que les médias cultivent ce désintérêt en n'en parlant presque jamais, d'après le csa, le taux de temps de couverture est presque aussi identique que celui des dom-tom, c'est dire. Et ça souligne pas mal le pb de l'envoi de politiciens/techniciens français incompétents, surtout du côté des extrêmes qui ne font même pas l'effort de suivre des demandes du gouvernement et mènent leur propre agenda enfin quand ils font l'effort de bosser, tandis que dans d'autres pays qui ont compris qu'ils pouvaient faire des choses en envoi de meilleurs qui ont tendance à obéir à leur gouvernement. Quant à l'échec économique il n'est pas aussi patent que ça, il 'est surtout en france, du côté de la pologne ils vont bientôt devenir un pays riche qui va fournir une contribution nette et ne plus être un pays subventionné, mais s'il n'y avait pas eu l'ue ont aurait eu la grande dépression du 19e et sans colonies pour rattraper le coup plus vite. Les colonies ont tj été la seule chose qui a atténué les 2 grandes crises économique, vu que l'économie tournait à 50% vers elle en moyenne. Donc je vous laisse imaginer ce qui serait arriver sans l'ue et sans colonies et sachant que la france n'est plus une grande puissance depuis 1940.
Il faut aussi prendre en compte par exemple que la majorité des pays en ue ne veulent pas de social à la française, ce qui créé des rejets et du côté de la pologne eux veulent plus de catholicisme alors qu'en france ont est laique et athée. Donc en regardant cette série il faut bien prendre en compte les positions divergentes des autres pays, qui ne pensent pas du tout comme des français, sinon il y'a un risque de rater les fondements de certaines situation dans la série.

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