Taxi : 20 ans après, que reste-t-il de la grosse cylindrée de Luc Besson ?

Mise à jour : 25/04/2018 02:15 - Créé : 15 avril 2018 - Simon Riaux
Photo Samy Naceri, Frédéric Diefenthal
38 réactions

Taxi a 20 ans et vient de dévoiler son 5ème épisode. L’occasion était trop belle de revenir sur ce film à part, au succès fulgurant.

C’est le long-métrage qui aura transformé Luc Besson en producteur à succès, et à bien des égards initié l’aventure Europacorp. Deux décennies après sa première accélération, que reste-t-il de Taxi  ?

 

 

RECETTE BESSON

Parfaitement identifiable, souvent moquée, caricaturée ou détournée, la recette Besson sauce producteur s’incarne ici pour la première fois à l’écran, et rétrospectivement, on constate que tous les ingrédients qui feront sa célébrité et son efficacité sont déjà installés.

Grosses cylindrées, petites pépés, scènes d’action bourrines et découpées n’importe comment (les fusillades sont un festival de grand n’importe quoi), une tripotée de cascades solidement exécutées et une avalanche de vannes bien grasses.

Le résultat est épais, pas franchement digeste, oscillant souvent entre sexisme lourdaud et xénophobie goguenarde, mais lorsqu’il atteint les salles, ce précipité filmique dédié au seul divertissement a des airs de proposition inédite, rafraîchissante, qui rassemblera 6 522 121 spectateurs.

 

Photo Bernard Farcy, Frédéric Diefenthal

Frédéric Diefenthal et Bernard Farcy

 

FUCK YOU ATTITUDE

Le film de Gérard Pirès a parfois des airs de pochade amateure, tant les limites techniques de l’ensemble sont évidentes. On pense notamment à la gestion de l’espace durant les diverses poursuites et carambolages, pour le moins approximative. Les rares effets numériques piquent les yeux, et la photo donne parfois l’impression que quelqu’un a frotté la caméra avec du curry.

Bref, Taxi premier du nom n’est pas loin d’être franchement dégueu. Et pourtant, ce qui se dégage de l’ensemble n’est jamais une impression de raté, ni même d’approximation, mais bien un sentiment de joyeux bordel, d’improvisation, une chaleur humaine et un peu anarchique. Impossible de ne pas esquisser un sourire quand Daniel a droit à la « grande parade », défilé de scooters et autres motos, dans un Marseille qui revêt soudain des airs de cour des miracles arrosée de pastis.

 

Photo Frédéric Diefenthal

Frédéric Diefenthal

 

À travers tout le métrage, c’est une certaine idée de Marseille, goguenarde, rebelle et insoumise, qui se dégage. Elle est rebattue, cette image d’Epinal, mais elle revêt à l’époque une puissance toute particulière. On est en 1998, et la rhétorique, toujours en place, consistant à causer inalassablement insécurité, s’impose progressivement. Et avec sa cité phocéenne populaire, indolente et gorgée de soleil, Taxi  apporte un contrepoint aux airs de doigt d’honneur.

 

UN BEAU CARAMBOLAGE

La grande réussite de Taxi, ce n’est ni ses scènes d’action en carton, ni son scénario écrit avec une prothèse de hanche, mais bien son casting. Samy Naceri aura de lui-même forcé la comparaison avec Belmondo, mais le parallèle est incontestable, et l’euphorie qui s’empare de lui dès qu’il peut laisser libre court à sa gouaille, communicative.

 

Photo Samy Naceri

Samy Nacéri

 

Frédéric Diefenthal s’en tire avec les honneurs, mais celle qui crève littéralement l’écran, c’est bien sûr Marion Cotillard. Non pas que son rôle de copine un peu lassée par les délires motorisés de sa moitié soit franchement sidérant d’originalité, mais l’élégance et l’énergie qu’elle y déploie font mouche. Et que quelques adolescents aient vu leur imaginaire érotique un peu secoué par un furtif plan de nudité n’y est finalement pour rien.

Ce trio trouve du répondant avec la rondeur hystérique de Bernard Farcy , et de jolis ressorts comiques avec la partition athlétique d’Emma Wiklund. Et de cette équation imprévisible nait un vibrato inattendu, peut-être plus évident aujourd’hui encore, 20 ans après la sortie du film. Alors que les carrières des uns les ont propulsés dans l’outre-espace, que d’autres ont disparu où se sont enferrés dans des ténèbres insondables, l’innocence et l’évidence qui se dégage de ce trio de comédiens demeure un petit trésor.

 

Affiche

commentaires

totom 20/04/2018 à 09:41

En gros ce taxi vaut que dalle à l'argus.

Dadahut 16/04/2018 à 19:39

Comparer ce tocard multirécidiviste à Bébel, qu'est-ce qu'il ne faut pas lire.

Billy Sole 16/04/2018 à 18:13

Une purge ce film , un humour à ras des paquerettes

Poncho ramirez 16/04/2018 à 17:52

J'aime mieux la septieme compagnie tiens

Raoul 16/04/2018 à 12:21

Je l'ai revu avec plaisir. Le 1 est une réussite. C'est drôle, léger, et techniquement l'impression de bordel lors de fusillade est à l'évidence voulue, notamment quand les flics arrosent la voiture du ministre, évidemment que c'est voulu.

Les suites sont 2-3-4 niveaux en dessous, dans l'ordre. Celui-ci résiste à l'épreuve du temps.

Satan Lateube 16/04/2018 à 10:14

"Alors le ptits pédés, ça va, on s'prend pour Schumaker, on s'fait des ptits tours de piste ?"
Quelle homophobie dans ce film, j'espère que nos chers ministres vont s'emparer de toutes les copies existantes et détruire ce film !!

Dutch Schaefer 16/04/2018 à 08:41

A sa sortie, j'avais trouvé cela "sympa" (J'avais 20 ans de moins...)
Aujourd'hui, en voyant le film je trouve qu'on dirait que le film n'a gardé que les mauvais aspects des Fantômas, du Gendarme de St Trop et autres crétineries de la période 60/70/80!
Je ne parle même pas des épouvantables suites plus mauvaises les unes que les autres!
Non le seul truc pas mal que je garde de ce truc, c'est... sa BO!

Le Waw 16/04/2018 à 00:36

Très bon texte qui aurait presque réussi à me donner envie de l'aimer. Mais non c'est tellement beauf. Digne d'un épisode de Josephine. Le degré zéro du vine m'a Français. Dommage car la même idée faite dans les 80's à l'époque Subway. Avec Anglade en flic et un Mec genre Isaac De Bancolé, avec un Taxi un peu moins running prolo du nord. Pas a Marseille, mais dans le Paris des 80's dans un esprit "Frères Pétards" ça aurait pu déchirer. Même chose pour "le 5 ème élément".

Chris42 15/04/2018 à 22:46

Beaucoup de plaisir à regarder encore une fois ce film comique

Cooper 15/04/2018 à 20:46

Ça reste un film sympa quand même avec une très bonne BO

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