Elfes et Nains : tour d'horizon de la Fantasy papier

Créé : 23 février 2017 - Jean-Luc Hassaique
Elfes et Nains
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Alors que les sagas Elfes et Nains de Soleil prennent de l’ampleur, l’occasion était trop belle de revenir sur le genre Heroic Fantasy en bande-dessinée, ses origines et son paysage actuel.

 

ETAT DES LIEUX

On situe le plus souvent l’origine de la Fantasy dans les arts populaires à l’avènement du Seigneur des Anneaux de Tolkien. Si le monument littéraire de l’auteur fait évidemment figure de création matriciel et parfois d’horizon indépassable, il convient de nuancer ce constat. Tout d’abord parce que Tolkien ne s’étant jamais caché d’avoir beaucoup emprunté au mythe de Siegfrid, il faut également citer ce récit comme une source fondamentale en termes de structure et d’iconographie.

 

Elfes et Nains

 

Mais il faudrait aussi ne pas oublier le rôle majeur des jeux de rôle dans la démocratisation des univers fantasy, la cristalisation d’un public et la stabilisation esthétique du genre. C’est bien dans ces réunions qu’un inconscient collectif en devenir va naître, que des archétypes seront définitivement forgés. Ainsi, une fresque telle que Thorgal, si elle doit beaucoup à l’œuvre de Tolkien paraît également pouvoir être rapproché de cette tendance.

De même on aurait tort de ne voir dans la Fantasy que la résurgence d’une bande-dessinée influencée par les mythes nordiques. Des œuvres telles que La Quête de l’Oiseau du Temps, ou encore Le Grand Pouvoir du Chninkel, si elles ne s’en affranchissent bien sûr pas totalement, s’hybrident encore davantage avec une tradition de l’ordre de la fable, ou du récit d’aventure classique.

 

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Ce dernier récit de Van Hamme puise ainsi avec abondance dans la structure du Nouveau Testament, tout en parsemant l’ensemble de références cinématographiques, notamment à Kubrick. Voilà qui rappelle également la richesse thématique, narrative et plastique des Chroniques de la Lune Noire, merveille d’ores et déjà considérée comme un classique.

Impossible de ne pas évoquer aussi l’ambition dévorante et l’esprit d’intertextualité complètement fou d’un Donjon, saga comico-Fantasy, dont chaque embranchement mythique recèle des pépites d’inventivité, d’humour, le tout sous-tendu par un véritable sens de l’épique, qu’un dessin décalé ne vient jamais diminuer.

 

 Elfes

 

EMPIRE DU GRAND PUBLIC

Pour autant la bande-dessinée de Fantasy jouit globalement d’une triste réputation. Pierre angulaire commerciale, véritable passage imposé pour tout éditeur en la matière, elle est souvent considérée comme une production industrielle, thématiquement abatardie. Bien sûr, l’intensification et la massification des publications pourraient laisser croire que ces productions adressées au grand public sont autant de moissonneuses batteuses conçues pour ramasser des brousoufs à peu de frais.

Sauf que même du côté des publications « grand public » on trouve aussi des créations de belle qualité. Qu’il s’agisse, comme pour Siefried d’Alex Alice (le formidable Troisième Testament) ou Légendes des Contrées Oubliées, ce type de produits offre parfois de remarquables surprises.

 

Elfes

 

C’est dans ce contexte que s’inscrit le très vaste univers d’Elfes et de Nains, deux cycles que l’on doit à Soleil, et qui s’imposent comme d’excellentes mises au point, autour de figures majeures de la Fantasy. Qu’il s’agisse des grandes guerres des Elfes ou des différentes races de Nains, l’univers d’Arran tel que l’a pensé Nicolas Jarry constitue une véritable somem d’influence et de mondes, remarquablement digéré.

On vous recommande donc avec joie ces séries qui, visant avant tout le divertissement, proposent une vision cohérente et épique.

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lemon 24/02/2017 à 10:46

Ah, merci pour ce trop court article. Les BD de mes plus jeunes années (pas si lointaines quand même) qui trônent toutes sur mes étagères.

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